Newsletter du Lundi
11/01/21

Paru dans la newsletter du

Le feuilleton du confinement : le cas Google

Qui ? 
Sundar Pichai, le Pdg de Google (en photo), mais aussi David Heinemeier Hansson , CTO et co fondateur de Basecamp, Brian Warner, CEO de Celeb Networth ,les deux seuls dirigeants d'entreprise qui ont eu le courage de témoigner à visage découvert.

Quoi ?
Une synthèse de la partie du rapport du Congrès (synthèse globale ici) consacrée au géant de la distribution et du cloud. Les jugements de cet article sont ceux de cette commission bi-partisane américaine, pas les nôtres. Avec Amazon (voir ici), Apple (ici) , Facebook () la dernière de notre série consacrée à chacun des GAFA.

Comment ?
Google a été lancée en 1998 comme un outil de recherche généraliste. Créé par Larry Page et Sergey Brin, la société a commencé en fournissant des réponses aux demandes des utilisateurs. Son innovation clé, le Page Rank estimait la pertinence de la page en fonction du nombre de liens pointant sur elle. A cette époque, la concurrence était très importante, mais en l'espace de deux ans seulement, Google était devenu le principal moteur de recherche mondial. En 2000 également,  Google lance Adwords, qui permet aux annonceurs d’acheter des mots clés pour apparaitre sur les résultats de recherche, une évolution qui allait devenir le cœur du business model.

Aujourd’hui, "Googler" est devenu synonyme de "faire des recherches sur internet". La société est devenu le plus grand fournisseur de publicités, le plus grand navigateur, l’OS dominant et un fournisseur majeur de cartes en ligne, e mail, et cloud assistant vocal. Neuf des produits de Google, Android, Chrome, G mail, Google search, Google Drive, Google Maps, Google Photos, Google Play Store et Youtube ont plus d’1 Mds d’utilisateurs chacun. Chaque service fournit à Google des datas d’utilisateurs.

En 20 ans, Google a racheté 260 entreprises, un chiffre sous-estimé : bien  des acquisitions du groupe n’ont pas été rendues publiques. Techcrunch rapporte que Google a dépensé 2Mds$ pour 79 acquisitions en 2011.

En 2019, Google annonce des revenus de 160,7bn$ en croissance de 45 % par rapport à 2017 et 33 bn$ de revenus nets. La publicité digitale rerpésente 83 % des revenus de Google en 2019. Le search ,  61 % de ses ventes.

Pendant la pandémie, les pertes de revenus publicitaires ont presque été compensées par le cloud, Google Play et Youtube. Les analystes financiers estiment que Google est bien placé pour maintenir sa dominance.

En 2015, Google a créé Alphabet comme société mère. Alphabet héberge aussi Calico, une société de biotech, qui travaille sur la longévité humaine, et Waymo, pour les voitures autonomes. En 2019, Page et Brin ont démissionné de leurs foncions managériales mais restent au board et contrôlent 51,3 % des votes. Sundar Pichai est président de Google et d’Alphabet.

De 2011 à 2013, la FTC a investigué Google et son rôle dans le search et la pub en ligne  et reommandé des poursuites. Mais en dernier recours, la commission a décidé de ne rien faire. Les Etats du Missouri, du Mississipi et le Texas ont investigué la société et en septembre 2019, 50 juges de différents états ont annoncé ouvrir une enquête. Le Département de Justice enquête sur Google depuis l’été 2019 et a ouvert une lawsuit le 20 octobre 2020 (voir cet article) .Google a été condamné par des amendes par la commission européenne, la France, l’Inde et la Russie.

92% du search dans le monde

La firme couvre 87 % du search aux USA et 92 % dans le monde. En dépit du switch des utilisateurs de l'ordinateur vers mobile, Google a maintenu sa dominance. En dix ans, le groupe  a bénéficié des économies d’échelle et des avantages cumulatifs de la big data et de tactiques pour éteindre la concurrence.

Crawler le web et l’indexer suppose de très importants investissements. Les avantages  de la recherche et du clic se cumulent pour améliorer les résultats en permanence. Google est le navigateur par défaut de 87% des ordinateurs et de la majorité des mobiles dans le monde.

Google a promu Chrome qui impose Google pour le search et demande aux fabricants qui utilisent Android de préinstaller Chrome et Google search.

  12 mds$ par an à Apple pour être le moteur de recherche des iPhone  

Google paierait 12 mds$ par an à Apple pour être l’opérateur de search par défaut sur ses devices (Fortune, septembre 2018). Google paie aussi Safari et Mozzila pour être l’opérateur de search par défaut. L’utilisateur reste avec l’outil qui lui est présenté.
Réponse de Google au comité : « Nous évoluons dans un monde très concurrentiel, incluant Bing, Duck Duck Go, Yahoo, E Bay, Amazon, Kayak ou Yelp." Sans arriver à le démontrer. Interrogé sur sa part de marché par la commission, Google répond : «Nous ne conservons  pas cette information des parts de marché de nos produits » (meeting du 10 février 20)

Google s’est pourtant considéré leader du search dès 2007. En 2009, un dirigeant estimait que Google représentait 71,5% du search aux USA Yahoo étant à 17 % et Bing, 7,5%.Cette même année, Microsoft et Yahoo se sont alliés pour contrer Google. Dix ans plus tard, leur part de marché combinée est plus faible qu’avant leur deal.

En 2016, Bing a décru de 30 % en volume de recherche et son revenu par million d’impression (RPM) était 70 % moins élevé que celui de Google.

"Google est notre sang"
Le CMA anglais a démontré que l’index de Google était 3 à 5 fois supérieur à celui de Bing, partout dans le monde. J&J Smith, une boutique de réparation d’imprimante de Rhode Island explique que " Google est notre sang."

Les concurrents cités par Google confient que leur business repose massivement sur la plateforme. Google est devenu le gatekeeper pour les opérateurs de search vertical . L’un d’entre eux estime que Google représente 97,6% de son trafic.

David Heinemeier Hansson , CTO et co fondateur de Basecamp qualifie Google de "devanture d’Internet. La plupart des gens ne s’encombrent pas la tête avec l’adresse directe d’un site. Si Yahoo, Bing et uick Duck Go nous déréférencent on ne le remarquera même pas !"

Google sous-estime publiquement l’importance du placement par défaut, disant que la concurrence est à un clic. Mais en 2005, Google était très soucieuse d’obtenir cette place par défaut pour contrer Microsoft. Sans compter les milliards dépensés pour figurer par défaut sur les devices Apple. Duck Duck Go a ainsi confié t à la sous-commission que cela l’a poussé à investir dans un browser. Mais sur ce marché aussi, il y a la problématique du placement par défaut.

Google accentue sa dominance par datamining et l’auto-préférence

En 2005 , le groupe de Brin et Page considère le search vertical comme une menace. Le risque ? Devenir le lieu de recherche que pour les requêtes sans valeur. Dès cette époque, Google construit donc  ses propres verticales.

2010 : Yelp expérimente le "tout ou rien" avec Google

Après avoir défini le search local comme particulièrement stratégique, Google construit Google Local, qui diffuse des contenus d’opérateurs locaux, comme Yelp. En 2010, Google sort un produit concurrent de Yelp. Le CEO de Yelp a alors exigé que Google retire le contenu de Yelp de son propre service.A cette époque, Google Local a du mal à s’imposer. Google a dit à Yelp que la seule manière de retirer Yelp de Google Local était de retirer Yelp de tous les résultats de search de Google. Officiellement, parce queGoogle  Local est approvisionné par le même index que le search. Yelp ne pouvait pas prendre le risque de voir déréférencer de Google et a cédé.
Brian Warner avait construit la base de données Celeb Net Worth est s’est vu siphonner par Google. Flashback : en 2012, Brian Warner avait une telle demande pour sa base qu’il a quitté sa société et embauché 12 personnes.

Celeb Net Worth se fait siphonner son contenu et licencie la moitié de ses équipes

En 2014, Google a demandé à Warner de lui fournir une API pour que ses informations figurent dans les réponses aux requêtes sur Google. Warner a refusé, devant la menace de perte de trafic que cela représenterait. Suite à son refus,  Google a utilisé ces contenus dans ses requetes et relégué Celeb Net Worth  en page 2 de ses résultats. Résultat : le trafic du site a diminué de moitié du jour au lendemain.

"Ainsi Google gardait l’utilisateur dans son jardin clos, ce qui était bien plus rentable que de prendre une petite part de nos revenus Adsense."Aujourd’hui, le trafic de celebrity net worth est 80 % moins élevé qu’en 2014 et Warner a licencié la moitié de ses équipes.

Le site Genius raconte une histoire similaire. Il a investi des millions de dollars pour recenser les paroles des chansons, en se fondant sur du contenu UGC et des partenariats avec les auteurs de chanson.

Google a recopié ces paroles et les a diffusées en haut des réponses aux requeêes. Genius en a fourni des preuves, mais Google a continué pendant deux ans.

Après un article du Wall Street Journal, Google a dissimulé les preuves qu’il avait copié les paroles mais les a laissées à la même place. Google a ensuite déclaré qu’ils attribueraient ces paroles à leur source. Mais sans beaucoup d'efficacité : « Ce serait encourageant. Mais toutes les paroles qui avaient notre watermarking sont actuellement attribuées à une autre société.« Une violation majeure est intervenue quand Google a utilisé ses crawler pour créer son propre contenu. »

Interrogé par le sous-comité sur le sujet, Sundar Pichai a répondu que c'était un litige de droits d’auteurs entre différentes sources.Google fournit maintenant la possibilité aux éditeurs d’exclure certains contenus des pages de résultat. Mais c’est peu efficace : car Google continue de faire apparaitre le contenu des concurrents. «C’est une offre vide ».

L’auto-préférence

En 2007, Google a créé le search universel qui propose à l’utilisateur de son navigateur Google Images, Google Local et Google News. Pour améliorer l’expérience utilisateur, peut être, mais surtout offrir un public à ses propres produits, même s’ils étaient de qualité inférieure.

Un opérateur de search vertical décrit les effets pratiques de ce traitement discriminatoire

Quand la box locale est apparue, nos résultats ont été relégués avec le search naturel en bas de page. Sur le mobile, le lien vers nos services sort de la première page. Nous avons demandé à Google de faire apparaitre nos résultats dans la partie Google Local Search mais Google a refusé. » Un autre opérateur de search vertical raconte que quand Google a promu ses propres produits, le trafic organique de sa société a chuté de 20 %. Le service de Google n’est pas le meilleur pour les utilisateurs avec des prix plus élevés et moins de choix. Mais Google continue de lui fournir 100 % de l’espace sur le search mobile et 25 % de l’espace sur le search sur ordinateur.
Google empêche aussi ses concurrents de fournir les prix en temps réel, ce qui ne permet pas à l’utilisateur de les comparer !

Nouveau : la pénalité algorithmique

En 2007 et 2011, Google a lancé un algo qui pénalise des sites de mauvaise qualité. .Parmi les sites les plus impactés, les sites de comparaison de prix, comme Kelkoo. L'un des intervenants interrogés par la commission parle d’une baisse de 85 % de ses revenus. Kelkoo parle d’un "effet de réseau inversé".

Google a expliqué ce nouvel algo par la volonté des utlisateurs d’avoir moins de sites de mauvaise qualité. Mais ne l’a pas appliqué à ses propres sites : ses sites de comparaison copiaient eux aussi du contenu, comme les sites tierce partie punis.Un employé a ainsi estimé que Froogle ne "serait pas crawlé sans traitement spécial, ou plutôt , il faut beaucoup de traitement spécifique pour bien l'indexer. »Un opérateur de search vertical a confié au sous comité que Google n’a pas seulement pénalisé ses pages , mais les a carrément déréférencées, après avoir racheté une société concurrente.

Ces pénailités algorithmiques surviennent souvent après des articles de presse qui vantent le mérite de sites concurrents à ceux de Google.

Un site explique au comité : "Un article soulignait que nous étions le résultat numéro 1 pour une requête. Le lendemain, Google nous a déréférencé sur cet item de requête."

Google a aussi favorisé Youtube dans les requêtes sur les vidéos. (WSJ, 14 juillet 2020) , même si les vidéos concurrentes avaient de meilleurs taux d’engagement. Une manière d'apporter du trafic à Youtube, et aussi de renforcer la puissance de Youtube dans les négociations avec les producteurs de contenus qui veulent du trafic pour leurs vidéos.

Google est en désaccord avec la méthode du Wall Street Journal mais ne fournit pas d’éléments pour la contredire. Autre effet induit intéressant pour le groupe : une fois désavantagé en référencement naturel, la société doit payer de la publicité pour le SEA.

La meilleure data ? Celle des concurrents 

Les concurrents qui achètent de la pub sur Google lui donnent aussi de précieuses informations. Google demande à ses concurrents de lui fournir leur inventaire pour y placer des publicités, ce qui lui fournit des informations sur la valeur de la data de leur inventaire.

Brian Warner, de Celebrity Net Worth note :"Les investisseurs ne veulent pas financer des sociétés qui reposent sur du trafic fourni par Google". La politique arbitraire de Google ne favorise pas un contenu de qualité. Un éditeur ajoute : "Si nous étions certains que Google ne fasse plus de pratiques injustes, nous produirions un autre type de contenus, plus durables. "

Sa conduite anticoncurrentielle  n'incite pas à améliorer la qualité de ses services. Sur 150 M de revues conso soumis à Yelp depuis 2005, yelp en a diffusé 75, 2% En revanche, Google n’investit pas pour surveiller ses revues consommateurs. 25 % de ses avis consommateurs sont ainsi  des étoiles sans commentaires, qui ne garantissent pas que la personne a acheté le bien ou le service.

"Fuyez le net, fuyez Google, faite du dog-sitting !"

Brian Warner ajoute : « Google a enlevé tout oxygène de l’écosystème de l’open internet. Il n’y a plus d’incitation à l’innovation. Si quelqu’un venait avec une idée de web site aujourd’hui, je lui dirais de passer son tour. De fuir le plus loin possible du web. Lancez un business de baby sitting de chien, quelque chose que Google ne peut faire une fois que cela a du succès."

Google a évolué en walled garden. Quand Google a fait son introduction en Bourse, Larry Page a ainsi défini sa mission : Nous voulons que vous veniez à Google et que vous trouviez vite ce que vous recherchez » Mais ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, Google veut que vous restiez chez Google. Ces dernières années, la moitié des requètes sur Google se terminent sur Google ou l’une de ses activités. En juillet 2020, The Markup a révélé que Google consacre 41 % de la première page de ses résultats à ses propres produits.

Un dialogue de sourd

Adam Cohen directeur de la politique économique de Google, confie pourtant au comité que le « but de Google était de fournir l’information à l’utilisateur le plus vite et le plus facilement possible ». Ajoutant qu’il n’avait pas connaissance de ces études montrant que les requêtes aboutissaient sur les services Google.Est-il vrai que moins de 50 % des résultats renvoyaient vers des sites autres ? Google répond qu’il renvoie depuis longtemps beaucoup de trafic à des sites extérieurs. Mais sans fournir de données. En 2017, la Commission européenne a établi que l’autopréférence sur les services de shopping étaient un abus de position dominante et a ordonné un traitement égal.

Hausse des prix et  baisse de qualité

En 2000, Google lance Adwords qui propose aux annonceurs de payer pour des publicités keyword apparaissant à droite des résultats de recherche. Depuis quelques années, Google a augmenté le nombre de publicités placées au dessus des résultats organiques et flouté la distinction entre résultats organiques et payants. En 2013, Google a abandonné l’ombre qui signalait les publicités payantes et a inséré un petit carré jaune « ad »Et la mention pub disparait quand il s’agit de produits maison, comme des listes d’hôtels sur map. Résultat : 59 % des consommateurs ne sont pas au courant de la différence entre les résultats organiques et la publicité payante. Heureusement pour Google :  un tiers de ceux qui reconnaissent les liens payants disent qu’ils évitent de cliquer dessus.La FTC a établi que cela relevait de la tromperie du consommateur (section 5 du FTC act). Ca affaiblit la concurrence, induit en erreur le visiteur et dégrade la qualité des réponses aux recherches.Google capte 73 % du marché du search advertisingGoogle a augmenté le prix de sa publicité de 5 % alors que l’inflation était de 0,6% . Les dépenses publicitaires ont augmenté parce que Google a rendu plus compliqué le référencement organique.

Avant 2016, Google proposait un maximum de 8 publicités dans la colonne de droite, à côté des résultats organiques et 3 publicités au dessus des résultats organiques. En 2011, Google remarque que les utilisateurs ne regardent plus la colonne de droite

2016 : Google ne privilégie plus l'utilisateur final, mais Google

En 2016 , c’est le Project Manhattan (voir cet article): la page redesignée a éliminé les résultats payants à droite et ajouté une 4° publicité payante au dessus des résultats organiques Selon Bloomberg, des employés ont souligné que la 4° publicité serait de moins bonne qualité que le premier lien organique. Google choisit alors de privilégier Google, plutôt que ses utilisateurs. Devenue dominante, elle pouvait se le permettre. .Les clics sur les résultats organiques ont chuté de deux tiers depuis 3 ans. Le premier résultat organique sur mobile apparait en 3° page ce qui force à acheter de la publicité. En mobile, le CTR a chuté de 30 % pour les liens organiques entre janvier 2016 et juin 2019, mais le CTR payant a triplé. Au lieu de concourir pour le trafic en proposant des pages de haute qualité, la compétition se fait en enchères pour la publicité payante. Google est devenu un gatekeeper qui fait de l’extorsion pour accéder à sa distribution.

La décision de Google de commercialiser de la publicité sur le nom des marques est une autre manière d’extraire des revenus de sociétés toutes dépendantes de Google."Si nous n’achetons pas notre marques, il la vendent à des concurrents" explique une société.

Le 4 septembre 2019, Basecamp achète une annonce sur Google qui fait grand bruit (voir cet article).

Traductionn : "Nous ne voulons pas faire cette publicité" .Nous sommes le résultat #1, mais ce site autorise des entreprises à faire de la publicité contre nous en achetant notre marque. Alors nous sommes ici. Une petite société indépendante, forcée de payer une rançon à une société géante de la tech"

« Si le marché du search était équitable, il y aurait quatre fois plus de contenu en ligne, améliorant le web por le consommateur. Le consommateur est pénalisé non par le manque de contenu, mais le manque de contenu de qualité. Selon Hannssen, de Basecamp ; « Si Google avait des concurrents, il ne montrerait pas une page entière de publicité pour autre chose que ce que vous cherchez. Ils ne seraient jamais arrivés au monopole avec un tel design. C’est le gâchis lié à une domination totale. »

 "Google ne serait jamais arrivé au monopole avec le design actuel de ses résultats de recherche"

Google fait la majorité de ses revenus en placant des publicité au travers d’Internet. Soit 83,3 % de ses revenus en 2019. A la fois en search et en display. Google exploite l’ad exchange dominant et des DSP et SSP En juillet 2020, le CMA britannique a établi que la dominance de google lui a permis de fixer des prix 30 à 40 % plus élevés que Bing (Microsoft). Sa dominance sur le march lui permet de dicter ses termes.

La plateforme n’est plus seulement vendeur et courtier de publicité mais il contrôle aussi les web browser , OS et plateformes sur lesquelles ces publicités sont diffusées. Ils peuvent tout seul changer toute la direction du marché. Ils peuvent exiger une part plus grande des revenus publicitaires, simplement de par leur dominance. Il  peut maintenir sa dominance grâce au conflit d’intérêt. Il a une part importante du marché des ad exchange, du marché des intermédiaires publicitaires, et il fournit de l’espace. Le groupe agit pour le compte des éditeurs et des annonceurs, et trade aussi pour lui-même. Ce qui crée une asymétrie d’information dont il profite. Le congressman Jayapa a questionné Sundai Pichai   :« Vous agissez coté vendeur et acheteur ce qui est un conflit d’intérêt majeur. Vous pouvez acheter à des prix très bon marché de l’espace sur les sites média les privant de leurs revenus publicitaires et vendre un prix élevé aux acteurs de la longue traine qui sont dépendants de la publicité sur votre plateforme. Sur votre "stock market" il ‘n'y a aucune régulation »

Sundar Pichai a donné les sommes payées aux éditeurs «Un business de faible marge , de 20 % en moyenne sur 10 ans, que nous continuons parce que nous voulons les aider."

2007, le tournant Doublecllick 

Google a acquis Doubleclick en 2007 pour 3,1 bn$. Le NYT le décrit comme une sorte de "Nasdaq pour la pub en ligne".Ce rachat permet au groupe d'entrer sur le marché sur le marché display estimé alors à 4,4 bn€.

La FTC note qu’avant de racheter Doubleclick, Google avait envisagé de le concurrencer directement. La FTC a conclu que le marché du display était très compétitif, et ne compromettrait pas le respect de la vie privée.En 2010, Google acquiert Admob,  l’ad network leader de la publicité mobile. La FTC autorise le deal, jugeant que l’entre d’Apple sur le marché des ad network établit une forme d'équilibre concurrentiel. Mais six ans plus tard , Apple ferme son réseau IAd Appnetwork.

Quand Google a acquis Doubleclick, il a annoncé qu’il ne combinerait pas la data sur les utilisateurs collectée par Doubleclick avec la data de l’écosystème Google. En 2016, Google fusionne pourtant ces deux data.Interrogé par Val Demings, Sundar Pichai déclare : « nous combinons ces données mais nous permettons très facilement aux utilisateurs de contrôler leurs data. »Google devait se soucier du respect de la vie privée en 2007. Mais en 2016 avec son énorme pouvoir de marché, il pouvait ne plus s’en préoccuper.En 2011, Google acquiert Admeld; un SSP leader (supply side platform) . Le département de la justice donne sa bénédiction.Ainsi qu'au récent rachat de Fitbit.

D’autres sujets de préoccupation

-Priver les annonceur et les éditeurs d’informations clés sur le marché ou la politique de prix et maintenir l’opacité du marché

-Utiliser sa dominance dans le search pour obliger les annonceurs à acheter on display

-Utiliser Youtube pour amoindrir la concurrence dans l’ad serving vidéo, en excluant des ad server rivaux de l’accès à Youtube, empêchant l’interopérabilité entre la plateforme publicitaire de Google et les autres

- Imposer des standards comme AMP qui privent les éditeur de l’information sur les visiteurs et bénéficie au business publlciaire de Google.

Des menaces, toujours des menaces...

Android est un OS dominant installé sur 75 % des mobiles. Android est installé sur 47 % des smartphone et Apple, sur 52%. Google a acquis Android en juillet 2005  pour 50 M$. depuis Google a racheté Motorola Mobility en 2011 pour 12,5 bn$, la plus importante acquisition dans l’histoire de Google.

Google décrit Android comme un OS libre et open source pour mobile qui peut être modifié gratuitement. Google ne rentabilise par Android en vendant des logiciels propriétaires ou en exigeant le paiement de licence. Mais les fabriquants de téléphone doivent signer une licence, sinon  Google les prive  de G Mail, Youtube, Chrome, Google Maps et Google Play Store. Google exige que certaines apps soient pré installées, et de ne pas customiser Android pour le faire fonctionner sur un device incompatible avec l’écosystème Android.

Google a aussi proposé aux constructeurs une partie des revenus publicitaires provenant des apps de Google installées sur leurs mobiles.En échange, les fabricants ne devaient promouvoir que les apps choisies par Google et s’assurer que Google était l’outil de recherche par défaut et le seul.

Cette stratégie de pré installation a permis à Google de boxer ses concurrents hors du marché. Entre 2009 et 2014, Google a passé le nombre d’apps pré installées de 12 à 30.

Les fabricants qui veulent contrôler les installations ultérieures sont poussés dans les cordes  Un fabriquant a demandé de réduire le nombre d’apps « pour ne pas encombrer d’apps qui ne sont pas nécessaires à tout le monde et faire face aux plaintes des gouvernements, de ONG et des clients »

 

 Acer et Alibaba plient devant Google

En 2012, Acer et Alibaba avaient prévu de lancer une variante d’Android, Aliyun OS.Google a menacé de mettre fin à son partenariat avec Acer, et Acer a cédé .  Google se justifie auprès de la sous commission : " ces pré installations sont une manière de rentabiliser son investissement sur Android". Un argument qui ne convainc pas le sous comité : « Google a des des milliards de dollars de revenus avec le Google Play Store il collecte de la data qui a une valeur pour le search et la publicité et il aurait bénéficié d’une part de revenu suffisante sans ces restrictions ».

La surveillance des utilisateurs est permise par la technologie de Google. Google a demandé aux fabriquants de téléphones de structurer leurs appareils pour faciliter la collection de datas par Google. Il exige que le fabriquant configure un « client ID » avec un code alphanumérique unique qui permet de combiner les datas du téléphone avec les autres données de Google. En exigeant que ce soit un compte Google.

Les utilisateurs de Google Play store ne peuvent télécharger une app s’ils n’ont pas de compte Google. Combiné à la data de localisation, Google construit des profils qui enregistrent  les données démographiques de la personne, l’endroit ou elle vit, où elle va quelles apps elle utilise à quel moment et pour combien de temps. Ces données intimes sur des milliards de personnes sont un avantage pour le business publicitaire. Les données de localisation d’Android accentuent la domination publicitaire de Google. Lockbox de Google fournit des données sur les applications concurrentes émergentes. Et permettent par exemple à Google de comprendre comment l’installation de l’appli Amazon correspond à une tendance dans les requêtes de shopping d’Amazon, ou les tendances sur Candy Crush ou Angry birds.

 

Avec LockBox, Youtube suit l'usage de TikTok en Inde

En 2013, un document interne demande à Lock box plus de signaux sur les desinstallations et les maps et une information de long terme sur l’usage des apps ; Pas seulement quelle app un utilisateur a installé mais la fréquence de son utilisation et la durée.A partir de 2015, Google a été capable de comparer ses propres applis aux applis tierces sur ces bases.

The Information a révélé comment des employés de Youtube ont utilisé Lockbox pour suivre l’usage de TikTok en Inde alors que Google lançait son concurrent à l’appli de Karaoke.

Le Comité a confronté Pichai à ces sujets. Réponse du dirigeant : « Nous essayons de comprendre ce qui se passe sur le marché et nous sommes conscients de la popularité des apps. Mais l’usage principal de cette data est d’améliorer la santé d’Android ».Le comité a demandé quelles acquisitions avaient été informées par Android Lockbox. Sans. obtenir de réponse.

 

Amazon, Spotify, Netflix, Epic et Tinder se plaignent 

Amazon, Spotify, Netflix, Epic Games et Tinder ont exprimé leurs préoccupations concernant les commissions prélevées par Google sur son store. Epic games a poursuivi Google en justice sur le sujet. Si un utilisateur installe un app store concurrent, Google bloque les fonctions basiques, comme l’actualisation des apps .Google requiert aussi de se servir de son système de paiement, in app, devenant ainsi un intermédiaire entre les développeurs d’apps et leurs consommateurs. Depuis 2014, Google a requis des jeux mobiles d’utiliser Google Pay. Et récemment Google a demandé à une plus large catégorie d’apps ne plus fonctionner que sur son système de paiement.La politique d’utilisation de Google Play Store est un système opaque qui empêche les développeurs d’apps de se faire compétition pour avoir des consommateurs qui devraient être seuls à déterminer quelles apps ils utilisent.

 

Banni de Google Play juste avant le lancement d'un produit concurrent...

« Quand une app viole les conditions d’utilisation, Google n’explique pas en quoi autrement qu’en citant ses conditions d’usage et en attachant une image de ce qui la violerait. Les développeurs doivent deviner comment obéir aux standards ! «

Callsome, une appli mobile qui faisait de la réponse aux appels ou SMS a poursuivi Google en disant qu’il a été banni de Google Play Store pour « ad policy  violations », avant d’apprendre qu’un produit identique était en mesure de figurer dans le store. Callsome pense qu’il a été banni à cause de son partenariat avec StartApp, un concurrent naissant mais menacant pour Google en Russie.

Un autre professionnel a raconté au Comité comment il a été banni du Store après avoir cessé d’utilisé AdMob, un outil de monétisation de la publicité sur mobile. Google a alors envoyé des notifications sur des contenus que l’app diffusait depuis des années.

Google répond qu’un développeur peut facilement appeler la Policy Support Team pour clarifier les infractions commises.Les développeurs disent au contraire que contester ces décisions, c’est "comme de naviguer dans une boite noire". Un développeur a essayé de résoudre une situation pendant un mois au travers de diverses façons. Google a répondu par le silence et en évitant les appels ».

"Pour éviter cela, les développeurs devraient pouvoir négocier avec les fabricants pour préinstaller leur app sur les appareils. Mais ce n’est pas possible."

 

Chrome ,  leader en quatre ans

Google a lancé Chrome en 2008. Chrome rend son code source accessible au travers de Chromium Project, utilisé pour construire Microsoft Edge ou Opera. En 2010, Google lance le Chrome Web Store, qui permet d’accéder et d’installer des extensions à Chrome comme Easy ad blocker, Grammarly ou Netflix Party.

Avant le lancement, Internet Explorer, Firefox et Safari dominaient. Firefox reposait sur un partenariat avec Google search, ce qui a permis à Google de suivre sa progression. Google a utilisé les données de Firefox dès 2004 pour suivre la croissance de Firefox et le déclin d’Internet Explorer. En 2009, un membre de l’équipe Chrome expliquait : « « Dans le cas de G Mail, c’est facile de voir quels browser sont les plus rapides. D’autres google apps ont ces chiffres. On peut les rassembler pour produire un score ».

Chrome a proposé une barre d’adresse qui fonctionnait aussi comme barre de recherche , et un outil de sign in permettant aux utilisateurs de naviguer plus rapidement.

En adoptant Chrome, l’utilisateur avait aussi G Mail, Youtube, et l’utilisateur était conduit à synchroniser les bookmark, le mot de passe et des règlements de browser. Le sign in permettait de lier les donneés de navigation au profil de la personne.

En 2019, Google a expliqué au Miniistère de la Justice qu’il avait lancé Chrome comme outil défensif pour protéger l’accès des utilisateurs aux produits Google. Mais à l’interne, Chrome était un outil pour la croissance du groupe. Eric Schmidt a expliqué au groupe que le succès du cloud et le browser (porte d’accès principal au cloud) serait critique pour le succès de Google.

Chrome est devenu leader en quatre ans, en 2012. Aux USA, il représente 59 % des usages de browser sur ordinateur et 37 % du mobile. Dans le monde, il capture 66 % de l’usage des browsers (Statcounter)Google a établi Chrome comme navigateur par défaut sur tous les téléphones android : 75 % des smartphone dans le monde.L’utilisateur change rarement son browser installé par défaut.

Le navigateur bénéficie des effets de réseau : les designers construisent pour Chrome parce qu’il est dominant et les utilisateurs utilisent Chrome parce qu’il fonctionne mieux sur ces pages.

Google peut se servir de la popularité de ses applications pour favoriser Chrome. Google a designé des fonctions de chrome pour avoir une meilleure expérience sur Youtube et le search. Les autres navigateurs n’ont pas cet avantage.

Au lancement de Chrome en 2008, Google était déjà l’outil de recherche dominant dans le monde. Google a promu  dans le coin à droite en haut :« a faster way to browse the web »

A l’époque certains employés de Google se sont inquiétés que cette promotion utilisait la dominance de Google dans le search pour booster Chrome, de manière injuste. En 2009, un employé a écrit « Je trouve la promotion très très élevée de Google Chrome, très franchement, saisissante ».

En 2009 , Brian Rakowski écrivait que cette promotion marchait très bien et provoquait des téléchargements "en masse".Google a répondu que ces promotions ont été menées pendant 10 ans.

Si l'utilisateur s'en va pour un autre navigateur, ,Chrome demande à l’utilisateur de « restore settings » un bouton mis en valeur. "Nous avons perdu des millions d’utilisateurs à cause de cela" estime un concurrent.

Des changements dans Chrome créent des standards de facto au risque que les sociétés ne soient plus compatibles avec la plupart des sites web.

Google implémente ses nouvelles fonctions rapidement, sans donner le temps à des plus petits navigateurs d’implémenter ces fonctions. S’ils n’y arrivent pas, les utilisateurs des petits browsers sont submergés d’avis « browser not supported » venant de pages qui   se sont déjà adaptés aux nouvelles spécifications de Chrome.

Google est sur-représenté dans le W3C
Le W3C est l’une des organisations qui régulent le marché des browser. Sa mission est d’etre ouvert et de renforcer le pouvoir de chacun.

Mais Google est sur-représenté dans le W3C web platform  WICG, avec 106 membres, soit  8 fois le nombre d’employés de Microsoft, le membre le plus représenté après Google. La plupart des sociétés n’ont qu’un seul représentant.

« La position de monopole de Google réduit le W3C a ratifier les décisions de Google. En janvier 2020, Google annoncait son intention de supprimer les cookies tiers de Chrome d’ici à deux ans. Les autres browser n’ont pas de capacité de suivi cross site.  Cette decision var enforcer Google et affaiblir ses concurrents . Car Google continue de se servir des données collectées au travers de son écosystème.

Kelly Armostrong a demandé à Pichai :“Avez vous d’autres facons de collecter de la data au travers de G Mail ou consumer facing platforms »

Réponse  :  « Si l’utilisateur consent à avoir de la publicité personnalisée, oui, nous avons de la data. »

Google Maps est gratuit : Garmin et Tom Tom chûtent en Bourse 

Google domine ce marché. Entre Waze et Google Maps il capture 80 % du marché des apps de navigation. Un analyste a estimé Google Maps à une capitalisation boursière de 61,5 bn$.Pour Barclays, c’est l’un des marchés principaux pour Google dans les prochaines années. Google n’a pas voulu donner au Comité des chiffres sur sa part de marché de Google Maps. Selon un analyste, il ferait  avec Waze 81 % du marché. Et 90 % du marché BtoB. 76 % des personnes qui cherchent des localisations finissent par visiter un magasin et 28 % de ces recherches aboutissent à un achat. Les cartes permettent de suivre le client jusqu'au magasin, et donc, de s'attribuer une part de l'achat.

En 2003, Google Labs a lancé le search par localisation, en fonction de l’endroit où se trouve l’utilisateur. Mais Google manquait de data de map. En 2004, quelques mois après l’IPO, Google acquit Where2technologies, une start up australienne qui créait des maps dynamics et web based. Puis Keyhole (images satellites et photos aériennes) et Zipdash (information de circulation en temps réel par GPS). En février 2015, Google lance Google Maps.

En 2006, Google lance Google Maps API, qui permet aux développeurs de construire des applications sur ses plans digitaux ; en 2008, Ground Truth, qui incluait Google street view. Google a aussi assemblé des données satellite et aériennes, et des bases de données publiques.Le but était de devenir indépendant de Tele Atlas et Navteq, deux bases de données, détenues par Tom Tom et Nokia. L’indépendance prendrait des années et le contrat avec Tele Atlas devait être renouvelé pour 5 à 7 ans.

Google Maps ne générait pas de revenus, mais Google investissait beaucoup dedans :32 M$ sur Street View et 88,7 M sur Ground Truth. En 2005, Mapquest et Yahoo étaient dominants sur ce marché. En 2008, Google était #1 dans l’usage des maps et le search local.

En 2009, Google introduit Google Maps for mobile avec des options de navigation en temps réel. Tom Tom et Garmin louaient leurs services aux utilisateurs, Google l’a proposé gratuitement. Le cours de Bourse de Garmin a chuté de 16 % et celui de Tom Tom de 28%.

2013 : le rachat de Waze élimine le concurrent principal

En 2009, Experian notait que 61 % des visites à Google Maps viennent directement de Google. Un avantage par rapport à Mapquest.En 2012, Google Maps était 1° dans la fourniture de cartes sur mobile ordinateur et api, et il suivait attentivement la croissance de Waze. A l’époque, Waze avait 30 % de croissance par jour dans les téléchargements et comptait 100 000 téléchargements jour.Waze avait une communauté engagée, ce que Google n’avait pas. Google en revanche notait mal la présence de Waze dans les petites villes et ses capacités de search local.Le rachat pour 1 Md$ se faisait pour une société qui gagnait 1 M$ en 2012.En 2013, Google rachète Waze, une start up israéelienne de crowd source mapping pour 1,3 bn$. Ce qui éliminait le principal concurrent de Google. Sur toutes les acquisitions de Google, seul Waze été soumis à une investigation antitrust par la FTC et le OFT , qui ont approuvé la transaction, avant de revenir dessus. En 2019, OFT a commandé une étude sur le sujet. Et la FTC revient aussi dessus.

En 2019, Uber a révélé qu’il repose sur Google Maps pour une fonction critique de sa plateforme. « Aucune plateforme ne peut nous offrir un service équivalent ». De janvier 16 à décembre 18, Uber a payé à Google 58 M$ pour l’utilisation de Google Maps. Le service est aussi un passage obligé pour les petits commerçants : «Les petits marchands vont utiliser Google Maps parce que Google contrôle le marché du search qui permet d’apparaitre en réponse aux requêtes des consommateurs »

 Une hausse de prix de 1 400 %

En 2018, google a fixé un prix pour ses API . les API gratuites sont alors passées de 2500 par jour à 930 . Pour les développeurs, ce changement était l’équivalent d’une hausse des prix de 1 400 %. Cette hausse des prix a été instituée une fois que google était dominant. Le cout a grimpé de 20 X et il n’y a pas d’alternative. « Nos factures sont passée de 90 $ par mois en octobre à 20 000 $ en décembre. » Google fait payer deux fois en donnant les data d’usage et en payant sur une base de volume l’utilisation des api.

Jusqu’à juin 2020, les termes de service de google maps interdisaient l’usage de maps qui ne proviennent pas de google. Interdit de mettre des street views sur des plans qui n’appartiennent pas à Google. Pas possible de placer depuis avril 2020 des éléments de Google maps à coté d’une autre carte. Des sociétés ont dû opter pour tout l’écosystème, même si elles préféraient par exemple Mapbox.

Google utilise son pouvoir pour décourager de travailler avec des concurrents de Google maps.Google répond que c’est pour éviter la confusion entre les marques

Mais les développeurs ne sont ils pas les mieux placés pour savoir si le fait de combiner des services de cartographie de plusieurs acteurs créent une meilleure expérience pour le visiteur ?Google a aussi utilisé sa dominance dans les services de cartes pour gagner des consommateurs pour son cloud .Il a demandé aux utilisateurs de son api d’avoir une clé liée à son cloud, en 2018.Les développeurs qui n‘ont pas un cloud Google ne peuvent accéder aux cartes

Les revenus du cloud de Google ont triplé depuis 2017, l’année précédent l’obligation de lier Google Maps et Google Cloud.

L’auto-préférence par des restrictions contractuelles

Les caches de cartes permettent à un serveur de stocker des copies pour pouvoir les diffuser plus rapidement Les développeurs tierces d’applis construites sur Google Maps ne peuvent plus bénéficier de caches. « à cause de cela nos applications ne peuvent fournir la direction aussi vite que Google,, ou actualiser la localisation de l’utilisateur aussi vite ».

Les cartes de Google sont truffées de fausses adresses...

Google répond que ces choix sont faits pour privilégier la qualité. Mais les cartes de Google sont bourrées de fausses adresses et de faux noms (hacking d’adresse par des concurrents).Google Maps comporte 11 millions de faux business chaque jour. La majorité des électriciens, garages etc ne sont pas situés dans les lieux donnés par Google Maps. Des utilisateurs de Google ont donc confié la réparation de leur maison à des fournisseurs frauduleux  (WSJ)Les opérateurs frauduleux font du tort aux business légaux

...La pub sur les secteurs frauduleux augmente de 50 %

Les business légitimes disent que de contacter Google pour résoudre le problème ne mène nulle part. La seule façon d’en sortir est de payer de la publicité sur Google. Le prix des catégories soumises à ces fraudes ont augmenté de 50 % depuis deux ans.Google a répondu au comité qu’il n’avait pas de preuve que les fake listing sur Google Map seraient de l’ordre de 10 M .  Google  auarait éradiqué  3 M de faux listings en juillet 2019 et a permis aux gens de flagger les faux contenus. Mais à la même époque, selon un article du  WSJ, un consultant recruté par Google les a quittés en constatant que la société n’avait pas l’intention de régler le problème.

Google Cloud progresse deux fois plus vite qu'AWS

Google cloud platform a été lancé en 2008.C’est l’activité qui progresse le plus, avec des revenus de 2,78 bn$, en progression de 52 % par rapport au Q1 2019.

Il progresse deux fois plus vite que AWS, le leader actuel. GCP passe des contrats de long terme avec Snap, Spotify ou TikTok. Snap dépense 2bn$ par an sur le cloud de Google, pour un contrat de cinq ans qui a démarré en 2017.  Et Tik Tok,   800 M sur trois ans, à partir de 2019.Google a acquis Orbitera, Cask Data, Velostrata et Elastifile. Et Looker, pour avoir un outil analytique pour les consommateurs de son cloud. Dans ces acquisitions, certaines sociétés étaient compatibles multicloud, elles sont devenues Google only. En 2018, Google a lancé un programme avec Google Play fournissant des crédits de cloud aux développeurs de jeux.L’objectif est de fournir avec Big Query les services data proc data flow comme une suite. L’objectif est d’inciter les sociétés à mettre 80 % de leur cloud en GCP.

 

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