Newsletter du Lundi
26/09/21

Paru dans la newsletter du

Etude Gafanomics : le creux de la vague chinoise, avant les US ?

Qui ?
Axelle Ricour -Dumas (en photo) Partner, Directrice Design and Strategy  , Jean-Christophe Liaubet, Partner ", Pierre Gonnet - Strategist et Cyril Vart,VP executif de Fabernovel.
Quoi ?
Une synthèse de l'étude trimestrielle “GAFAnomics”,

Comment ?

Le  nouveau rapport, “GAFAnomics - Quarterly”, analyse les résultats des géants de la tech du 8 mai 2021 au 8 août 2021 rapport détaillé ici.

Grands vainqueurs du confinement, les GAFA ont profité du cœur de la crise pour engendrer des résultats records. Avec le redémarrage de l’économie, sur fond d’incertitude sanitaire et de régulation, ces géants continuent toujours de croître. Avec des valorisation qui n'ont rien à voir avec celles du CAC 40. Le CAC 40 a un multiple de valorisation de 2, et la tech a un multiple moyen de 7,5 (8 pour Facebook, 6,7 pour Alphabet, 2 pour Baidu, 16 pour AirB n B, 21 pour Zoom et 33 pour Snapchat).

“Au cours de ce deuxième trimestre 2021, les  géants américains  ont accru leur domination sur les acteurs asiatiques, pénalisés par les nouvelles régulations gouvernementales.  Ils ont continué à prouver leur capacité d'innovation, et revalorisé les prix de leurs produits et services” explique Axelle Ricour-Dumas. “Nous constatons en parallèle une tendance structurante qui s'accélère encore, l'innovation n'étant pas seulement portée par les grands acteurs technologiques, mais aussi par des groupes historiques qui ont progressivement adopté des briques stratégiques des modèles GAFA. ”.

 

 

L’indice S&P 1200 montre que la tech surclasse tous les autres secteurs avec 12% de croissance ce trimestre. Le secteur affichait déjà 25% de croissance au plein cœur de la crise covid au deuxième trimestre 2020.

Sur ce dernier trimestre, les géants confirment leurs bons résultats post covid, avec une croissance moyenne de 11% pour l’indice FN. Les géants asiatiques ont été l’exception de l’index subissant de plein fouet la vague de régulation chinoise- à l’image de Tencent qui a perdu près de 200 milliards de dollars sur ce trimestre soit une baisse de 26% de son cours de bourse.

“Airbnb a su rassurer sur son modèle, et son potentiel de développement malgré les contraintes liées au covid qui sont toujours présentes, ce qui lui a valu de voir son multiple de valorisation révisé de 15% à la hausse sur ce trimestre” analyse Jean-Christophe Liaubet, associé Fabernovel.

Top  : Apple confirme sa position dominante dans le secteur des produits électroniques

“Apple confirme sa position dominante dans le secteur des produits électroniques en concrétisant les trois meilleurs trimestres de son histoire et en dépassant les attentes des analystes. L’entreprise fait 36% de croissance de son chiffre d’affaires au second trimestre par rapport à l’année précédente. Mais l’ombre de la régulation et de la pénurie de composants électroniques plane sur le géant à la pomme” explique Pierre Gonnet, analyste Fabernovel et co-auteur de l’étude (sur ce sujet, voir aussi nos indiscrets)

L’iPhone génère près de 40 Mds$  de ventes, et enregistre une croissance de près de 50% comparé à l’année précédente. La pénurie de semi-conducteurs dans le monde est un enjeu que l’entreprise devra surveiller aux prochains trimestres.

Le géant à la pomme réussit également sur ses activités de services qui sont liées aux commissions (allant de 15 à 30%) appliquées aux revenus générés par les différentes applications présentes sur son store. Ce segment de revenus a en effet enregistré une croissance de 33% par rapport à l’année précédente,(soit 17,5 milliards de dollars). Les services représentent aujourd'hui 20 % du CA d'Apple. Apple devra relever le défi de ses méthodes jugées anticoncurrentielles de par le monde, la Corée du Sud est d’ailleurs le premier pays à demander aux plateformes d’applications d’ouvrir des alternatives à leurs offres de paiement intégrées (cf Régulation Sud-Coréenne sur le paiement des géants du numérique : vers un consensus mondial ? ”, voir aussi cet article)
Et la Firme vient d'être condamnée modérément , dans le procès que lui intente Epic (voir notre revue de web)."Vu de loin, on dirait que c’est impressionnant, mais encore assez modeste. D’ailleurs Epic fait appel d’une partie des decisions, notamment sur la modération des apps, la pub…Apple va garder le droit d’etre un « walled-garden » modéré, je pense, avec uniquement un impact commission abonnement sur les très gros services (Fortnite, Spotify, Deezer, etc… ) mais assez peu pour les petites/moyennes apps pour qui 30% reste acceptable" explique Cyril Vart.

Flop : Tencent touché mais pas coulé 

Tencent a été fortement impacté par le mouvement de la régulation chinoise. Bien que l’entreprise soit toujours en croissance avec une hausse de 24% de ses revenus, sa valeur boursière a chuté de plus de 24% ce trimestre. En effet, la Chine a décidé de sévir par des amendes records mais aussi par un renforcement de sa régulation autour de nouvelles lois notamment avec la loi de sécurité des données, applicable depuis le 1er septembre 21, et la Personal Information Protection Law (PIPL) qui entre en  vigueur  le 1er novembre. Avec un objectif : renforcer le contrôle sur les géants du numérique et en réguler leurs pratiques anticoncurrentielles. Les grandes lignes sont définies dans ces lois, les prochaines mises à jour cristallisent la crainte des investisseurs et impactant directement la valorisation de Tencent ce trimestre.
La Chine ne fait-elle que précéder les USA sur ce terrain ? "C'est possible, beaucoup de procès actuellement pourraient aboutir à une arme de démantèlement" admet Cyril Vart, vice président de Faber Novel. Mais aujourd'hui, les nombreuses condamnations en justice des GAFAM n'affectent pas leur cours de Bourse. "Cela changerait si les utilisateurs quittaient ces plateformes suite aux différents scandales".

La surprise Snapchat  

Snapchat a créé la surprise ce trimestre, avec  116% de croissance de ses revenus par rapport à l’année précédente (dépassant de 16% les attentes des analystes). Snap a fait bondir de 13 millions son nombre d'utilisateurs actifs quotidien. Son action a aussi grimpé de 43%.

Cette croissance peut s’expliquer par un rebond du marché, par un regain de confiance des investisseurs dans les business model de la publicité et par un engagement et une pénétration toujours plus forte de Snap Inc. dans son marché. Avec Tik Tok (qui n'est pas enBourse et sort du champ de l'étude) Snap représente aussi une alternative au duopole :  Facebook et Google se partagent la part du lion, représentant entre 75 et 80% du marché de la publicité en ligne. Les clients à trouver des solutions pour réduire leur dépendance à ce duopole. De plus, Snapchat a su développer son modèle, notamment en terme d'éthique digitale : elle récuse de se voir assimilée aux GAFA (NDLR).  Snap  a réussi à croître en allant chercher des parts de marché en dehors de l’Europe et l’Amérique du Nord. L’entreprise a lancé de nouveaux formats  de réalité virtuelle permettant aux marques de mieux rayonner et faire grimper, in fine, le revenu moyen par utilisateur de l’application de 22% par rapport au trimestre précédent (de 2,74 à 3,35 dollars).
La mue des grands groupes 

 Des groupes comme LVMH, Nike, Walmart ou The Walt Disney Company pivotent vers de nouveaux modèles souvent inspirés des GAFA. Les résultats nets de ces entreprises ont ainsi, d’une année à l’autre sur le premier semestre, tous fait des performances remarquables avec + 357 % de résultats opérationnel courant / 1° semestre 20 et + 44 % / 2019 pour LVMH, 96% pour Walt Disney Company, +79% pour Walmart, +12% pour Nike. LVMH a su profiter d’une reprise de certains métiers clés comme le cuir et la mode mais aussi d’une accélération des ventes directes et du déploiement de nouvelles expériences et services.  Avec le projet DARE, LVMH a initié un programme pour favoriser l’innovation interne ( 60 participants internationaux issus des 40 marques du groupe) . Dernières initiatives en date : un prototype de sac utilisant un écran numérique appelé "Canvas of the future" et une plateforme de revente en ligne des chutes de tissus et de cuir, "Nona Source". Le groupe s'est allié à  Google Cloud pour développer des modèles de prévisions des ventes, d’optimisation des stocks et des expériences personnalisées. Enfin, LVMH a lancé  le jeu “Louis The Game” qui permet à l’utilisateur de découvrir l’histoire du groupe et de collecter pendant le parcours des œuvres numériques (NFT). Ce jeu, téléchargé   500 000 fois, illustre également la capacité d’innovation du groupe en marketing digital et expérience client.

The Walt Disney Company a lancé Disney+ , en plein covid, en menant une stratégie D2C (Direct to Consumers) pour acquérir en deux ans la moitié du nombre d’abonnés Netflix.  C'est u changement majeur :le contenu de Disney a toujours été distribué par des tiers. Avec Disney+, la société propose son contenu en direct, ense positionnant comme complémentaire au leader du marché Netflix. Le succès de Disney  repose sur l'évolution et la cohérence de son bouquet global de contenus, plus sur le succès de blockbuster. "Il illustre aussi une recette très efficace : avoir des projets d'innovations prêts à déployer, et les sortir au moment opportun" explique Cyril Vart. Le digital était complémentaire. Il est devenu majoritaire.Avec Disney +, le groupe génère 16 Mds de revenus, plus que les salles et le studio (11 milliards). Pour les analystes de FaberNovel, le procès de Scarlett Johansson contre Disney + est d'une autre époque...

 

Si les grands groupes accélèrent sur leur innovation interne, les nouveaux acteurs numériques représentent aussi un vivier d’innovation pour créer de la valeur et se réinventer face aux géants du numérique.  Les levées en Europe sur les startups les plus matures ont augmenté de 466% par rapport à l’année précédente avec l’e-commerce, la fintech, e-santé et l’IA en tête. Le nombre de licornes explose aussi en Europe, qui en détient près de 20% du total, soit 52 pépites valorisées à plus d’1Md $. Les startups françaises ont levé 4,7 milliards d'euros au travers de 400 opérations, enregistrant une croissance de 74% en valeur et 24% en volume par rapport à 2020. C’est d’ailleurs la première fois dans l'histoire du marché français que plus d'1 Md €s ont été levés tous les mois du dernier trimestre : 1,4 Md€ en mai, 1,7 Md€ en juin et 1,6 Md€ en juillet.

 

 

 

 

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