Newsletter du Lundi
12/07/21

Paru dans la newsletter du

Vivatech, sous le signe de la Renaissance

Qui ?
Petitweb, en immersion quatre jours  dans les travées climatisées de Vivatech.

Quoi ?
Quatre jours de rencontres réelles, Porte de Versailles, dans un salon réduit à la sauce Covid, à la sauce phygitale.

Comment ?
Saluons  la performance : pour être le premier grand salon de la tech à rouvrir en mode mixte, il a fallu prendre des risques et des décisions en plein coeur du confinement, convaincre au milieu des sables mouvants. "Maurice s'est beaucoup battu pour cette cinquième édition" entend-on comme un refrain. Maurice, Levy, de Publicis, qui organise ce salon depuis cinq ans avec Les Echos,  et les équipes de Julie Ranty. Une performance qui était aussi une question de survie : de  fait, si le salon n'avait pas eu lieu cette année, il eût été très délicat de le redémarrer à froid, après trois ans d'absence... Alors que là, Vivatech peut s'enorgueillir d'être le premier à reprendre en mode physique. Résultat : un salon qui remplit les deux tiers d'un grand hall  de la Porte de Versailles à Paris (contre deux halls il y a deux ans), mais s'est allongé d'une journée. 5 000 participants par jour, dont 2 000 représentants de start up  (contre 20 000 visiteurs jour en mode normal). Des masques et des tests, et, parfois, de drôles d'expériences, comme quand vous assistez à une conférence où  seul l'animateur est présent sur scène. Le salon réjouit le journaliste,(il y en avait peu, et des piliers, comme Cedric Ingrand de LCI, Jérôme Colombain, de France Info et Didier Sens du Figaro, ont quitté l'aventure)  qui a accès facilement aux personnes qu'il souhaite rencontrer, dans un climat sans pression. Les grands exposants sont contents : "Ca remplit nos objectifs de com" explique-t-on sur le stand Microsoft. Moins les petits. "Le tarif des stands est le même qu'il y a deux ans. Et les organisateurs nous avaient assuré qu'is compenseraient l'audience réelle par 40 000 visiteurs sur le salon virtuel. On n'en a pas pas vu la queue". Trop naif ? Chez Microsoft "Ces 40 000 visites sur notre stand virtuel, on n'y a jamais cru.".

Que retenir de cette édition si particulière, dominée   par les exposants et les visiteurs français  ? Un mot, celui de la Renaissance. La renaissance après le Covid, bien sûr, et la promotion des scale up (on va traduire et anglicisme pasr escalope, pour vous donner l'envie d'avancer dans ce long papier) , grande mesure annoncée par Macron sur scène.

La renaissance des escalopes ?
En France, en 2020 , la Frenchtech a levé 5,4 Mds€, deux fois le montant levé l'année précédente. Les levées en growth ont triplé. L'objectif est maintenant de construire dix acteurs à 100 milliards d'euros en 2030. Pour évoquer ces scale up, le Président s'est entouré de quatre entreprises : le label virtuel français Believe, qui vient de s'introduire en Bourse à Paris (avec un succès relatif, on aurait plutôt suggéré Alan, pour la France), Giorgio Anania, CEO d’Aledia, Anna Maiques (en photo), de Neuro electrics, qui veut soigner les maladies mentales avec son casque à influx vers le cerveau. Elle tranche sur les discours financiers environnants en déclarant d'emblée : "Nous sommes conduits par la passion, pas par l'argent" . La vraie vedette du plateau s'appelle pourtant  Sebastian Siemiatkowski, le patron de  Klarna, plus grande Fintech européenne. Ce spécialiste du paiement en trois fois, qui s'implante en France, demande au président français pourquoi les pays européens lui sont moins accessibles que les USA, où il faut une percée spectaculaire. Macron lui répond emploi : "Réponse de Macron : "Vous détruisez des emplois dans les agences bancaires, c'est pour ça que c'est compliqué. Il faut nous prouver que vous déployez de nouveaux services qui ne rentrent pas en concurrence avec les emplois des banques. Je dois gérer beaucoup de disruptions en même temps"... Mais le jeune patron, fils d'immigré polonais fuyant le communiste, ne se laisse pas intimider : "Singapour a fait le choix de l'open banking et accueille de très nombreuses nouvelles sociétés. Plus tard, invité sur la grande scène à raconter son parcours d'entrepreneur, il fustige les banques et les politiques "Elles ont des tech des années 70 et les politiques les aident à conserver des barrières à l'entrée".  Dialogue de l'ancien et du moderne ? Lente ou rapide, la révolution des paiements est en marche. Romain Megglen, directeur de l'innovation de GIE carte bancaire explique : "Le paiement sans contact mobile est monté à 17 % d'utilisation, 68 % des personnes ont un Wallet, et sont prêts à l'utiliser en paiement mobile. Il y aura d'une à trois super app, qui respecte le RGPD . Décathlon, qui a digitalisé sa carte dans apple pay et google Wallet, plateforme de service, va-t-elle évoluer en super app ? Life est une super app qui gère aussi le cash back. Quelle sera l'européenne qui construira le Wallet européen, avec les étapes de vie qui vont avec ?"

Pour revenir au fondateur de Klarna, sa conférence où il raconte son parcours personnel a marqué cette édition. Elle devrait donner envie à tous les politiques d'accueillir à bras ouvert tous les immigrés de la planète (LVMH a d'ailleurs une start up Each One, un site qui héberge les projets d'entreprise de réfugiés hautement qualifiés au sein d'écoles française). Enfin, on apprécie l'hommage de ce patron de scale up à l'éducation et la santé gratuite de son pays, qui lui a permis d'accomplir son parcours. On savoure particulièrement  l'anecdote sur le mythique fonds Séquoia. "On m'avait dit de ne pas avoir l'air impressionné s'ils me contactaient. Du coup, je les ai rappelés trois jours plus tard. Séquoia a une approche de très long terme, en 12 ans, ils ne m'ont pas demandé d'IPO. S'ils sentent qu'on a l'ambition, ils attendent"
Toujours concernant les scale up, Le Next Unicorn Awards a été remis, en partenariat avec la banque d’affaires GP Bullhound, le European Innovation Council et avec la contribution de cinq des Fonds d’investissement internationaux les plus renommés : Accel, Balderton, Eurazeo, NorthZone et Partech, . Sur la base du ‘Top100 Future Licorns’ publiée en avril dernier ,  Sorare (catégorie Digital media) , Aiven (catégorie Entreprise SAAS), Sumup (catégorie Fintech & Insuretech), Vivino (catégorie Marketplace) et Ecovadis (coup de coeur du jury) ont été récompensés. C’est la startup Tessian (catégorie AI, Deeptech & Big Data) qui a remporté cette année le Grand Prix.

 

La renaissance au temps du Covid

Bien des conférences ont évoqué le management en temps de Covid. Nous retiendrons celle de la présidente de la RATP, Catherine Guillouard. "Douze ans de ski de compétition m'ont été très utiles  pour affronter la période Covid. Nous avons mis en place un board scientifique, pour comprendre ce qui se passait. Nous avons été l'une es premières sociétés à distribuer des masques à tout notre personnel. En trois semaines pour le Bus et en un mois et demi pour le métro un nouveau process de désinfection a été mis en place. Chaque jour, un meeting ComEx a eu lieu, et toutes les trois semaines, une Visio avec tout le monde. Les questions étaient très importantes. "Pour embarquer tout le monde il faut avoir une conversation honnête et dire qu'on ne sait pas quand c'est le cas."Le rôle du leader est avant tout d'énergiser l'équipe, de leur dire qu'on va s'en sortir. Les nouveaux projets ont tenu leur agenda : la ligne nord a ouvert. Révélée à Viva tech, la nouvelle application développée avec Mappy permet de choisir un itinéraire, de payer, de réserver un vélo et recense 1 500 points d'intérêt. Le choix du trajet vélo peut se faire au plus rapide, ou en privilégiant les voies cyclables..."Nous étions écrasés de travail, mais nous avons quand même maintenu ce développement. En quatre mois, on a révolutionné notre app"."Globalement le trafic a reculé de 5 %. Mais la nouvelle ligne 14 a fait grimper la fréquentation  de 20 %, au milieu de la crise."

De son côté Tim Cook (en vidéo)  a détaillé la mobilisation d'Apple contre la pandémie : la société a donné 30 millions masques, y compris à la France, il a travaillé avec Google pour le traçage de la maladie ("exposer notification") , offert des ventilateurs à l'Inde, des vaccins à l'Afrique. Il a plaidé pour le droit à la vie privée, un droit humain fondamental et contre l'économie de la surveillance. Interrogé par Guillaume Lacroix de Brut, en adoration, on n'a donc pas eu de détail sur ce que cachent ces valeurs en termes de business et de pratique concurrentielle...


Michael Trabbia est l'ancien patron d"Orange Belgique. Il a pris en charge l'innovation du groupe Orange en septembre, en pleine pandémie. Le stand du groupe fait la part belle à la 5G (voir ici) . Son équipe compte 8 000 personnes. Pour mesurer l'efficacité du confinement, le gouvernement français a utilisé la data anonymisée de l'opérateur, sur les voyages. L'app tous anti covid a été dirigée à la manière d'une start up "Nous avons commencé en bluetooth avec du traçage de contact low énergie. On a évolué en mode consommateur first, et embarqué les infos sur la pandémie, les attestations. la troisième phase, c'est le pass sanitaire". L'échec de l'assistant vocal Djingo ? "C'est du fail fast learn faster, nous l'avons transformé en assistant pour interface vocale. Les gens voulaient l'utiliser pour changer de chaine TV. On a appris que nous n'avions pas l'échelle pour concurrencer les grandes plateformes. Du coup, on concentre notre innovation sur là où nous pouvons nous différencier". De son côté, Franck Le Moal, DSI du groupe Vuitton , LVMH, a confié aux boutiques 400 iPhone avec la base de données produits et clients, pour maintenir le contact quand les boutiques étaient fermées.

La Renaissance : le numérique au service de l'éthique

L'heure est ainsi à la  "Renaissance" avec un grand R :  le business soutenu par des idéaux européens, codifié par le candidat Macron. "L'Europe a une combinaison unique d'éthique d'économie et de science. Les Etats-Unis ont le passage à l'échelle et l'efficacité, mais pas l'éthique et la régulation. Or il n'y a pas de business sans régulation durable. A quoi sert l'innovation, si la démocratie est en danger ? Je ne veux pas être exclu par une plateforme" Une phrase qui résonne étrangement après que le président américain a été exclu par Facebook et Twitter. La France veut être le premier pays décarboné en 2030.  Et de nombreuses start up peuvent y aider comme Carboncure, qui propose un nouveau type de ciment, plus écologique. Ou the box, la boite réutilisable présentée sur le stand La Poste par livingpackets.  Ou encore Thesmarthab, du revenant Godefroy Jordan (l'ancien dirigeant de B2L, à la préhistoire d'Internet en France) , qui pilote le chauffage des immeubles avec les objets intelligents. Les chantiers numériques publics prioritaires concernent la santé et l'éducation. Les chantiers climatiques peuvent été résolus avec des sociétés privées. "La France a un modèle centralisé de santé et c'est un avantage. La data est centralisée, et protégée par le gouvernement."
Si le président en campagne voulait une page de publicité gratuite, elle se trouvait sur le même plateau, quelques heures après.  Joe Schondorf d'Accel a confié "J'ai été voir Sarkozi et Hollande, rien n'a changé. Avec Macron, tout a changé." John Chambers, l'ancien patron de Cisco, se félicite de sa prophétie :"Il y a cinq ans, j'avais dit que la France serait un endroit formidable pour les affaires. C'est le cas aujourd'hui." La France est n°2 dans les pays le plus attirants our la tech, selon le classement EY. Et pour ceux qui douteraient encore, un dernier coup de booster de la part de Joe Schondorf : "Il y a de l’euro centricité dans l'air. Vous êtes meilleurs que vous ne le pensez et vous pouvez devenir un aimant mondial pour la tech. Vous avez l'un des meilleurs leaders du monde et vous pouvez attirer des talents. Je pense que vos rêves ne sont pas assez grands."Pour John Chambers, il est temps d'allier les efforts entre l'Europe et les Etats Unis : "si nous ne le faisons pas, c'est la Chine qui gagnera." A Vivatech, La RSE est partout, aussi bien, en termes d'écologie pour la planète que d'écologie des comportements (parité, inclusion etc). Et l'Europe veut porter ces valeurs. Le seul grand acteur à en prendre la mesure publiquement est Brad Smith le Pdg de Microsoft, seul président de GAFAM à avoir pris l'avion (c'est de nouveau possible depuis une semaine) : “Nous devons proposer aux clients européens des services d'IA et des services en nuage qui garantissent non seulement qu'ils gardent le contrôle de leurs données et que leurs données sont sécurisées, mais aussi que la valeur de leurs données serve les entreprises et les économies européennes.”

 

La Renaissance de l'IA

Pour Henry Kissinger, l'IA va devenir pour le monde l'équivalent de la renaissance. En tout cas, comme pour les nouvelles formes de travail, ses applications essaimaient sur tous les stands. Pour Jonas Prising, le CEO du groupe Manpower, la technologie va impacter toutes les professions. Avec notamment la prédictive performance data on va comprendre à l'avance si quelqu'un va réussir son job, même s'il n'a aucune idée de ses nouvelles missions. Il faut beaucoup de data pour avoir cet insight. L'AI va permettre de trouver la bonne personne pour la bonne fonction. Sans être distrait par des facteurs comme le sexe, l'âge, ou la classe sociale."Les machines sont immunisées contre  le charisme, on va pouvoir prendre des décisions sur le critère de l'expertise. Auparavant c'était un peu 'qui connaissez vous?' ca va devenir 'qui êtes vous?'". Les organisations vont donc devenir davantage centrées sur le talent. Et on pourra se débarrasser de ces hommes, insécures égotistes, en ne prenant plus en compte le critère du charisme...
L'intelligence artificielle et la data sont aussi utilisées dans le monde du sport. Ainsi, dans le rugby professionnel, on dresse des pattern sur le profil psychologique des meilleurs joueurs, en le reliant à leurs parcours de vie. "Cela nous aide à faire nos recrutement" a expliqué Julien Piscione, de la Fédération Française de Rugby, le samedi, lors de la journée grand public. L'analyse de la donnée se fait aussi sur le terrain, avec l'analyse des émotions des joueurs, décelées par leur langage corporel.L'IA facilite  la lecture des documents des entreprises  (Golem.ai ), comme le passage en  douanes, avec custombridges, une start up britannique qui aide dans le passage des douanes, pour le BTB.

 

 

La renaissance des interactions

Les contacts humains ont été beaucoup remplacés par la vidéo, avec le live streaming. Une tendance récompensée par LVMH avec son concours de start up, qui couronne Bambuser, une start up suédoise. Enrichir les interactions virtuelles  passe par le toucher : Actronika figurait sur le stand LVMH. pour l'instant,le toucher ne se transcrit pas encore sur l'écran d'ordinateur, mais ca ne saurait tarder. Hap2u pour une autre forme d'interaction dans l'automobile, était un autre exemple.  Mais aussi par l'immersif. La réalité virtuelle et la réalité augmentée sont les deux priorités de Mark Zuckerberg. Ce dernier souligne une vérité des neurosciences : vous ne vous souvenez pas de vos réunions virtuelles, car vous n'avez pas de marqueurs spatio temporel. La réalité virtuelle va donner le sens d cela présence, et améliore ces interactions." il engage également à se demander quels objets dans votre environnement ont besoin d'une présence physique. En tout cas pas votre télévision, qui pourra demain être remplacée par un hologramme...Les nouvelles interactions concernent aussi le son, avec Noveto, une startup israélienne de son tridimensionnel, qui permet d'écouter deux sources différentes de musique sans se gêner. Ou l projet européen d'interface vocale mené par Jérôme Doncieux d'ETX (voir nos indiscrets).

Pour Steve Jarrett, d'Orange, la principale disruption de l'intelligence artificielle c'est l'ultra-personnalisation. "Demain, il y aura de la traduction automatique pour toutes les grandes conférences. L'AI a beaucoup de cas d'usage dans la cyber sécurité et dans le business., avec des caméras HD qui aideront à comprendre ce qui se passe dans les usines, identifier des objets sur les rails." Après la GDPR, la prochaine grande question est l'IA éthique, Orange a construit un board éthique de 11 membres, pour travailler à enlever les biais de l'IA."

La renaissance des early stage
Bien sûr, il y avait peu de sociétés récentes sur le Salon. Car il faut non seulement que la société existe, mais qu'elle soit repérée par les corporate pour espérer figurer sur leurs stands. Or, pendant la période, les services innovation ont eu peu de rencontres en réel, et des budgets limités. Du coup, nous nous sommes concentrés pour rencontrer des early sages sur le stand du  CNRS, présent à Viva tech pour la deuxième année. Le Centre National de la Recherche Scientifique  s'est concentré sur le quantum , l'hydrogène, et la  medtech. En quantum, Prometheus, Quandela, les nanotubes carbone de  C12 Quantum Electronics, et Atlas, de Qubit Pharmaceuticals.
Les grandes sociétés ont du mal à s'intéresser au sujet : "C'est encore trop loin pour nous." explique un dirigeant sur le stand LVMH.

L'Hydrogene est représenté par  H2SYS, (générateurs électriques) , H2Pulse, qui propose un banc test pour les sociétés qui veulent se mettre à l'hydrogène.
Et pour la Medtech : Healshape  (implants mammaires 3D) Grapheal (pansement graphene)

 

 

La renaissance des souverainetés ?
Nous sommes  allés parler souveraineté sur le stand de l'hébergeur OVH. Les autorités ont promis un appel d'offres pour le Health Data Hub, toujours hébergé chez microsoft. Il tarde à venir  Et deux ans après l'annonce, l'intégration n'est pas complète "alors que l'argument, c'était l'urgence". On note également que Doctolib, qui a explosé avec les rendez vous de vaccination, n'est pas chez l'hébergeur français...Souveraineté toujours : pendant la période, le groupe LVMH a passé un partenariat avec Google.Un accord qui concerne le cloud, pour donner un nouvel élan aux datas et aux analytics et progresser dans la personnalisation et la recommandation, explique Franck Le Moal pendant la conférence de presse. Il s'agit aussi de mieux piloter l'assortiment produits en fonction de la clientèle des magasins. Franck Le Moal donne trois raisons à ce choix : le stack technique, l'intelligence artificielle et le machine Learning. Il s'agit de co-développer et de co-inviter dans le domaine des algorithmes appliqués à la distribution. Et de faire monter en compétence l'interne dans le domaine de la data (une centaine de personnes vont être formées à Station F chez Google, dans des promotions de 10à 20 personnes, dans une logique de certification).
Interrogés par le dirigeant de The Atlantic, Nicolas Thompson,  Nick Clegg, ancien vice premier britannique passé chez Facebook, a répété son mantra : "Nous préférons garder les gens vingt ans chez nous que vingt minutes de plus". Le documentaire Derrière nos écrans de fumée , grand succès de Netflix, a clairement produit son effet.

Facebook veut rendre le contenu meaningful et enjoyable.  "Mais vous avez constaté que le contenu meaningful n'était pas bon pour votre bottom line. Pour le président des affaires publiques, les discours de haine représentent 0,005 % du contenu. Actuellement, cinq projets de loi anti trust visant les big tech  passent au Congrès (voir cet article). "Il y en a deux que vous n'aimez pas, l'interdiction de nouvelles acquisitions pour les plateformes, et l'interdiction de construire des produits on top (comme un service de rencontre au dessus de Facebook, par exemple). Leurs auteurs   ne croient pas eux-mêmes que cela deviendra une loi. C'est une bonne chose que le marché soit régulé, cela faisait 25 ans que rien n'avait bougé. Nous avons besoin d'une nouvelle régulation. La tech est là pour servir la société. Mais il est surprenant que dans ces cinq lois, il n'y ait pas d eloi concernant la protection de la vie privée. Concernant l'interdiction de rachat, il faut noter que les sociétés que nous avons rachetées ont connu une très grande expansion. Il es difficile de fossiliser notre activité. Concernant la data portabilité, nous en sommes avocats depuis longtemps."
Le journaliste réplique : "Il est facile d'exporter mes photos, mais aujourd'hui, c'est impossible d'exporter tout ce que Facebook a appris sur moi". Pour Nick Clegg, exporter  le social Graph impliquerait aussi la data d'autres personnes. Plus vous bougez les datas, plus il y aux risque sur la vie privée (voir aussi votre papier sur les régulateurs du Net).

Pour Nick Clegg, dans le Digital Market Act, Thierry Breton va trop dans le design produit, et ce qui manque, c'est la data portabilité." Nicolas Thompson rappelle que la presse US a publié des preuves que le gouvernement a réquisitionné des data. Nick Clegg rappelle qu'à cause du GDPR, 85 %des clauses standard de contrat ont été transférées en dehors de l'Europe. Et en appelle à l'Union USA Europe : " l'échange de données Europe USA représente 7,3trn$ d'activité économique. L'INternet global n'existe plus. L'Europe et les USA ont intérêt à se rapprocher."

Thierry Breton est interrogé par le même journaliste. le papa du Digital Market Act sort une Wallet sécurisée, pour mettre son certificat vaccinal et ce qui importe pour vous. Mais ce ne sera pas un choix unique pour les citoyens européens. "Nous ne faisons pas cela contre quiconque, mais pour nos citoyens. L'identité n'est pas la responsabilité des sociétés privées." Jusqu'ici, la régulation s'est faite par guideline. "Mais si les plateformes continuent à enfreindre la loi, nous pourrions proposer leur démantèlement."

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