Newsletter du Lundi
17/01/22

Paru dans la newsletter du

Ad and tech forum : vers un DMExco français ?

Qui ?
Petitweb en plongée sous-marine pendant deux jours dans les profondeurs de l'ad and tech forum, l'événement organisé par l'IAB et le MMA, présidés en ce moment par Nicolas Rieul (en photo), dg Europe de l'Ouest de Criteo, et président de l'IAB et  de la MMA.

Quoi ?
Les principaux enjeux de la pub, digitale et autre, au travers d'un dialogue inédit entre la CNIL et l'Autorité de la concurrence.

Comment ? 

Entre les gouttes...
Première performance : alors que depuis le 29 novembre, désistements et annulations font rage, devançant même un quelconque appel gouvernemental, l'Ad and tech Forum s'est imposé, le 1° et le 2 décembre derniers, comme un événement avec lequel il va falloir compter. 850 personnes ont fait le déplacement à Paris 15°, pour deux jours de conférence. La Mobile Marketing Association et l'Internet Advertising Bureau ont choisi de faire événement commun avec l'Ad and tech forum, un nom choisi par Pierre- Emmanuel Cros, Dg de la MMA, disparu brusquement l'an dernier, auquel un hommage a été rendu. Et c'est la première étape d'un rapprochement entre les syndicats, qui devrait être effectif fin 2021. "Les syndicats ont les mêmes combats, et seulement 15 % de membres communs" explique Nicolas Rieul.  Troisième performance, celle de réunir dans un même affiche des plateformes comme Facebook ou Amazon, avec des acteurs de l'open web qui réclament leur place au soleil. Mykim Chikli de Weborama, Nicolas Rieul et Nicolas James du JDN ont fait un beau travail de programmation, même si, à l'arrivée, l'open web s'est fait beaucoup plus concret que les plateformes, un peu perdues dans des powerpoint sans beaucoup de fonds (pour la synthèse des différentes interventions, rendez vous la semaine prochaine).  L'événement a de fortes ambitions : "Il s'agit de fédérer le marketing digital et de créer pas à pas un nouveau DMExco dans la prochaine décennie. L'écosystème français de l'ad tech, très riche, en est capable" explique Nicolas Rieul.

L'Union des syndicats  fait la force, car il s'agit de se garder d'une réglementation qui renforcerait les plus grands acteurs et la "régulation privée" des gatekeepers. La "régulation privée" , le marché en a eu un exemple cuisant depuis le changement des règles d'iOS par Apple. En protégeant la ve privée des utilisateurs, Apple a favorisé son activité publicitaire au détriment du reste du monde : depuis, les éditeurs ont vu leurs revenus provenant de leurs applis divisés par deux. Et ce, alors qu'Apple. ne respecte pas la loi sur la protection de la vie privée. Le groupe de Cuppertino, qui ne participe qu'à ses propres événements, a été condamné en novembre 21 par l'autorité de la concurrence italienne pour utilisation abusive des données personnelles.

Apple, le nouveau grand méchant loup 
La premier journée s'est justement clos par un dialogue inédit entre Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL, et Henri Piffault, vice- président de l'Autorité de la concurrence (qui a fait une entrée très remarquée avec un pantalon et des chaussures imprégnées de boue que les cyclistes parisiens apprécieront en connaisseurs). Pour la présidente de la CNIL, la RGPD est pourtant un vecteur de concurrence, pour peu que le public utilise la portabilité des données. Nicolas Rieul a interrogé Marie-Pierre Denis sur le guichet unique. Quand une société est présente dans plusieurs pays européens, elle a pour interlocuteur la "CNIL" du pays où elle a son siège social. "Ce qui peut poser un problème de concurrence entre acteurs, car la CNIL  a la plus restrictive dans son interprétation du RGPD "explique Nicolas Rieul. Marie-Laure Denis a concédé que "beaucoup de sociétés sont en Irlande, et pas pour des raisons climatiques, mais globalement le guichet unique est une bonne chose. Cela prendra des années pour que l'Europe s'harmonise, mais on y arrivera ". Et puis, les autorité de protection des données, peuvent corriger certaines décisions irlandaises ou luxembourgeoise (siège d'Amazon) à la majorité des deux tiers.
Pour Henri Piffault, c'est aussi positif : "les droits de propriété intellectuels ne sont pas coordonnés au niveau européen, et c'est le Bazar."

Pas d'accord sur le consentement
En 2018, le gouvernement avait demandé à l'autorité de la concurrence son avis sur le recueil de consentement. A l'époque, l'Autorité avait plaidé pour un recueil site par site. La doxa a-t-elle changé depuis ? En Grande-Bretagne, ICO et CMA travaillent ensemble sur la pub en ligne (et viennent de publier ce rapport). Et en France, les deux instances collaborent-elles ? "Nous avons des formations communes. Et nous pourrions publier des alertes sur certaines décisions qui peuvent bouleverser tout un secteur en quelques mois". Mais , si les deux instances semblent assez d'accord sur bien des sujets, ce n'est pas le cas sur le recueil du consentement : la CNIL pousse pour qu'il soit récolté au niveau du navigateur et/ou de l’Operating System sur mobile (et donc des gatekeeper) au sein du projet de loi européen toujours en cours e-Privacy. De son côté,  l’Autorité de la concurrence a émis un avis négatif sur ce sujet et recommande le site a site, ce qui est aussi l’avis du gouvernement français. Reste qu'Apple n’a pas étendu la fin du débat démocratique européen pour imposer son standard…

La télé, un nouveau nain de jardin ?
Où en est l'Autorité de la concurrence sur la plainte  déposée contre Apple par le SRI, la MMA, l'IAB et l'Udecam pour "self preferencing"  "alors que les médias ont perdu la moitié de leurs revenus suite aux modification d'iOS en mai dernier" (et que le Geste vient de déposer sa propre plainte ). L'Italie vient de condamner Apple pour utilisation abusive des données personnelles. Et la France ? "C'est encore à l'instruction" à l'Autorité de la concurrence. De son côté, la CNIL espère sortir une décision au prochain semestre.
L'Autorité de la Concurrence a plusieurs autres affaires en cours, notamment  le projet de rapprochement TF1 M6. Les affaires ne sont pas exposées, mais certaines petites phrases du vice président de l'Autorité de la conférence font mouche : "Quand Facebook s'est lancé contre MySpace, il a mis en avant sa capacité à sauvegarder les données personnelles. On voit ce que ça a donné". Henri Piffault estime le CA pub d'Apple à 2 milliards, et 20 milliards dans les prochaines années. "Soit plus que la plus grosse entreprise européenne du secteur."  De là à y voir un blanc seing pour le deal TF1 M6... On laissera le lecteur interpréter cela à sa façon.

 

 

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