Newsletter du Lundi
15/02/21

Paru dans la newsletter du

J-B Bouzige : « Tikehau et la BPI ont compris la démarche humaine derrière notre travail data »

Qui ?
Jean-Baptiste Bouzige, co fondateur d'Ekimetrics.

Quoi ?
Une interview bilan/perspective, du pionnier et leader européen en Data Science for business (240 data scientists à Paris, Londres, New York, Hong Kong),  à l'occasion de sa levée de fonds auprès de la BPI et de Tikehau.

Comment ? 
Pourquoi avoir levé 24 M€, après 14  années d'auto-financement ?
Effectivement, nous avons toujours autofinancé notre développement, en maintenant une croissance de 30 % par an sur notre réputation et la recommandation de nos clients. Nous sommes arrivés à maturité avec nos solutions, il est maintenant temps d'accélérer fortement, en présence à l'esprit, en marketing et en vente, et à l'international, d'où cette levée.  Le marché arrive à maturité et nous souhaitons accélérer en investissant dans nos solutions technologiques pour proposer de nouvelles offres. Nous voulons accélérer notre internationalisation,   et gagner des parts de marché notamment aux Etats Unis et en Chine. Nous voulons passer de leader européen à référence mondiale. Une référence, pas forcément le leader : nous privilégions toujours la qualité à la taille.

Comment avez-vous choisi vos investisseurs ?
Nous avons commencé le process en décembre 2019. Puis il y a eu le premier confinement. Mais cela ne nous a pas freinés, il s'agit d'un moment stratégique dans notre activité. Nous avons eu pas mal de lettres d'intérêt. Ce qui nous importait ensuite, c'était la compréhension du modèle et notamment l’équilibre entre puissance de l’approche tech et la valeur ajoutée de l'humain dans notre activité. Nous avons choisi un champion français institutionnel et Tikehau, qui parlait notre langage. Parler avec leurs advisors, d'anciens patrons de PSA ou d'Air France par exemple, a beaucoup de valeur, pour définir les approches sectorielles de nos produits.   

Comment se répartissent vos activités ?
Le Mix Marketing Modeling (MMM) s’est considérablement enrichi pour devenir une solution complète de pilotage de la performance et pèse un peu moins de 50 %. Cette activité comprend notamment le pilotage à la performance, des modules de prévision de marché, d'audience planning et de gestion de portfolio à l'international. La levée nous donnera plus de moyens pour personnaliser les offres en fonction du secteur d'activité, comme nous le faisons déjà pour les secteurs auto, cosmétique ou retail. Si l'on prend l'exemple du tourisme, il y a de forts enjeux sur la promo qui sont complexes à capturer et que nous savons aujourd’hui intégrer grâce à l’hybridation MMM et Machine Learning, sur lequel nous sommes pionniers. Le MMM était déjà la méthodologie la plus robuste de mesure du ROI, l’hybrider avec du Machine learning rend possible de répondre à des questions bien plus détaillées et complexes, du ciblage publicitaire à l’impact sur la brand equity, en passant par toutes les synergies media x trade ou les mécaniques complexes prix promo.

La Customer Centricity est notre  deuxième pilier Marketing science, avec de plus en plus de solutions d’IA pour la personnalisation.  L'application L'Oréal Skin Genius, implémentée par Modiface, a un moteur de prescription de produits qui a été développé et industrialisé par nos soins. Avec la crise  actuelle, les marques parlent de plus en plus en direct avec leurs clients. La force de notre solution, c'est d'industrialiser 80 % du travail algorithmique et d’avoir une approche modulaire des derniers 20%, ce qui permet de capturer toute la finesse des routines de soin à l'international. Au-delà des segmentations et scoring possibles historiquement, l’IA permet aujourd’hui d’embarquer la « ligne éditoriale » d’une marque dans les algorithmes : on ne se contente plus des algorithmes « les personnes qui ont acheté ceci ont aussi acheté cela » mais on est capable de capturer toute l’expérience de conseil et d’accompagnement spécifique à la marque dans l'algorithme.

Enfin, depuis quatre ans, nous sommes aussi sortis du marketing, et développons des solutions d’IA pour les opérations, comme la supply chain. Il s'agit aussi de créer de nouveaux business model, de mettre la data au coeur du métier.  Nous avons travaillé dans le secteur de la finance, avec des fonds d'asset management, pour créer des fonds thématiques s'appuyant sur de l'intelligence artificielle. L'IA pré-sélectionne pour les experts métiers ces valeurs. Dans ces partenariats sur le business model, nous sommes intéressés à la création de valeur. Ici, ce qui est possible aujourd’hui est aussi lié à la maturité des entreprises qui commencent à bien comprendre comment la data peut permettre de repenser leur cœur de métier en profondeur.

 Qui sont vos concurrents ?
Nous avons deux types de concurrents. Les experts du MMM, en terme technique, la plupart du temps des sociétés américaines, qui sont spécialistes  (Nielsen, Marketshare,...). Mais nous sommes aussi sur le terrain de la personnalisation et de la transformation (avec des acteurs comme BCG, Artefact ou Quantmetry). Les concurrences ne sont pas forcément frontales : le BCG travaille avec nous, même s'ils ont BCG Gamma.

Qu'est-ce qui vous motive encore, après 14 ans?

Notre métier se renouvelle sans cesse et il est formidable d’avoir l’opportunité de bâtir une entreprise apprenante. C’est extrêmement créatif et stimulant.

Les équipes sont la deuxièmee raison : développer la future génération de décideurs, mentorer des pépites qui m’apprennent des choses tous les jours, et puis aussi et surtout une ambiance qui lie excellence et ne pas se prendre au sérieux.Nous bâtissons ainsi une future de génération de leaders qui sauront prendre ensuite le relais pour faire d’Ekimetrics un leader mondial.

Vous déménagez fin 2021 rue Lafayette. Avez vous revu vos plans de bureaux, après ces deux confinements?
Nous ne sommes pas revenus sur cette décision. Nous avions prévu une montée en puissance sur un bail long en sous louant une partie. Je pense qu'il y a une valeur à se retrouver. Nos équipes sont un peu usées de ne pas se rencontrer dans la vraie vie. Nous avions déjà prévu une logique plus fluide, de travailler par zone, avec une grande variété de configurations. Il est certain que la place du bureau aura changé mais il reste central et devient un centre de gravité, pour reprendre de l'énergie.

 

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