Newsletter du Lundi
18/05/20

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ID19 zoome sur trois comètes mondiales : Angell, Skred et Dawex

Qui ?

Jules Trecco (en photo), CEO d'Angell.bike, Jérôme Aguesse, DG de Skred et Laurent Lafaye, co-fondateur de Dawex.

Quoi ?

La synthèse de la matinée ID 19, mêlant anciens gagnants, partenaires, et nominés du Grand Prix ID 19, à l'espace Leonard du groupe Vinci, mercredi dernier.

Comment ?

Innover dans la ville : Angell, l'iPhone du vélo 

L'espace Léonard, du groupe Vinci, accueillait mercredi dernier la matinée de l'innovation, mêlant partenaires et anciens et futurs gagnants de cette compétition organisée par PetitWeb depuis six ans (vidéo de la matinée ici). Julien Villalongue, DG de Léonard, hôte de la matinée, rappelait en introduction que l'espace accueillait aussi les 11 start-up du Catalyst, qui accélère les collaborations entre Vinci et des start-up en phase de déploiement commercial, comme Waycare, Hiboo ou Holobuilder. Il a profité de l'occasion pour faire une offre d'emploi en live. "Spécialistes de l'intelligence artificielle, chez nous, vous pourrez travailler sur des enjeux qui concernent votre vie, comme la conception des bâtiments, ou l'amélioration de la maintenance".

Innover dans la ville, c'est aussi connecter les déplacements. Et Angell, le vélo connecté, lancé par Marc Simoncini en novembre dernier, qui s'est présenté dans la catégorie Ville connectée, soutenue par Vinci, est l'un des dix projets retenus pour le Grand Prix du Public ID19 (votes encore possible ici). Sur son guidon, Angell "a rassemblé tout ce qui existait de manière séparée sur le marché (itinéraires, sécurité, antivol, santé...)" explique Jules Trecco, son DG.


Après deux ans de recherche et développement financés par Marc Simoncini (le fondateur de Meetic), Angell est née le 19 novembre dernier. Pour le lancement, Marc Simoncini a suivi la route de Steve Jobs, transformant la conférence de presse en keynote (250 000 vues à ce jour, avec 9'30 en moyenne sur YouTube et 7'30 sur Facebook). La keynote est un outil de vente : 30 000 danois l’ont vue et les ventes dans ce pays ont démarré en trombe.
Il a été porté par un alignement de planète étonnant. En effet, ce bébé de 12 kilos, designé par Ora Ito, dont le cadran d'aluminium est sans soudure "une gageure technique", est né sous les meilleures auspices. Grèves de transport, multiplication des pistes cyclables (même si celles-ci commencent à être saturées) et pluie d'aides publiques au vélo. Vendu 2 690 € (ou 74,90 € par mois), comme tous les vélos électriques, il est subventionné par les régions (400 € dans les Bouches du Rhône, 300 € à Lyon). Mieux : le jour même de la naissance d'Angell, le forfait mobilité durable était adopté. Les employeurs peuvent verser jusqu'à 400 € par an sans charges ni fiscalité aux salariés en co-voiturage ou à vélo. De son côté, l'Etat employeur s'est ainsi engagé à verser 200 € par an. Ce qui transforme le vélo des riches en vélo gratuit : "En quatre ans, vous remboursez votre vélo, et après, vous gagnez de l'argent !". Enfin, la réglementation européenne prévoit la dépollution des centres villes qui ne devront être accessibles qu'en véhicules non thermiques ou propres. "Si les villes ne s’y mettent pas d'ici décembre 2020, elles paieront une amende de 600 M€".

Résultat ? Les volumes de pré-commande ont largement dépassé les prévisions de vente annuelle (plus d'un millier de vélos pré commandés, alors que les fondateurs d'Angell imaginaient en vendre 500 la première année). Les premiers vélos sont livrés début mai 2020. Et sont aussi distribués dans le réseau Fnac. Le site est en 7 langues. Et le reste du monde devrait être adressé au premier trimestre 2021. Même si le vélo a une barre latérale, 30 % de femmes ont pré-commandé le vélo. "Mais nous allons sortir rapidement une bicyclette, pour plaire aux femmes en jupe et aux personnes de plus petite taille".

Innover dans les médias : Skred, la messagerie plus secrète que Télégram

Skred fait partie des dossiers en lice pour le prix du public (votes encore possibles ici). Cette nouvelle messagerie a été lancée fin 2017 début 2018 par l'auteur de l'ouvrage "Souveraineté Numérique" Pierre Bellanger, le Pdg de Skyrock. Et ça se ressent fortement. Jérôme Aguesse, DG de Skred explique la réflexion qui sous tend le projet : "Nous avons la volonté de nous affranchir du pillage de données des autres messageries comme Telegram, côté Russe, et WhatsApp côté US. Le public leur confie l'ensemble sa vie privée, sans contrepartie, parce que c’est gratuit et à disposition. A tort : Telegram dépense 100 M€ en hébergement. Il y a donc une économie sous-jacente sur la data personnelle. "Skred repose au contraire sur l'anonymat complet. La messagerie a été développée par Skyrock avec TwinLife. "Dès lors qu’on ne capte aucune donnée le contrat est rempli depuis le départ. Il est architecturé de telle façon qu’on n'ait pas accès aux données.  Ça ne sert à rien de stocker des données pour se poser la question de ce qu’on va en faire ensuite." Skred a de belles perspectives : "il faut encore travailler sur cette prise de conscience. Le public ne comprend pas encore que Candy Crush par exemple exploite leur donnée". Pour sortir de cette équation, les fondateurs de Skred ont voulu un système très économe en stockage. "Notre mission impossible, que nous avons acceptée : créer la messagerie sécurisée qui soit la moins vorace en data personnelle, la moins énergivore. Car les données échangées sur WhatsApp, Messenger, etc... sont dupliquées et centralisées et consomment beaucoup d'énergie. Elles fonctionnent en exploitant votre carnet d'adresse et en liant entre eux les utilisateurs".
Skred est une messagerie en peer-to-peer, qui échange les données directement d'un téléphone à l'autre, sans les stocker. Elle n'a pas de serveur central, ce qui a de nombreux avantages : "Quand il y a un serveur central, l'opérateur paye la bande passante et contrôle la qualité d'image et de son. Nous pouvons garantir cette qualité, de par notre architecture".

En deux ans, Skred a fait son chemin, sur le simple bouche à oreille, avec aujourd'hui 4,5 millions de comptes activés en Inde, au Moyen Orient, en Amérique du Sud et dans les Emirates Arabes Unis.


Le business model ? "Nous ne nous valorisons pas sur les données utilisateurs. Comme nous consommons peu, nous pouvons pour l'instant nous autofinancer avec deux ou trois contrats avec les entreprises". Ainsi le Crédit Mutuel a pris la licence de Skred pour sa messagerie interne. A noter, la banque développe également un cloud maison "Ce type d'acteur est dans une démarche d'autonomie et de souveraineté depuis le début". Autres usages professionnels étonnants : des hôpitaux se servent de Skred pour faire transiter l'imagerie médicale de leurs patients d'un point à un autre. Aujourd'hui, Skred est en train de lever 40 M€. La BPI épaule ses initiateurs pour trouver les bons actionnaires, qui laissent à l'entreprise sa souveraineté : "Nous voulons garder la majorité du capital et avoir des actionnaires qui nous garantissent d'un rachat par des acteurs américains ou chinois".

Innover dans les entreprises : Dawex inspire Amazon

Laurent Lafaye et Fabrice Tocco, co-fondateurs de Dawex, ont lancé l’entreprise sur le projet de créer une place de marché de data. "La société voit donc le jour en 2015, soutenue par des partenaires financiers comme la Caisse des Dépôts. C'est la première place de marché mondiale d'échanges sécurisés de données entre entreprises. " raconte Laurent Lafaye. "On s’est dit que les entreprises ont d’énormes gisements des données : des données logistiques, des données d’activité.  Si elles commençaient à être échangées, peut être que les entreprises pourraient créer des cercles de confiance et encourager l'innovation grâce à la data, et ce pas seulement en interne". Quatre ans plus tard, la société compte 45 personnes, voit Amadeus, Bouygues Construction, Colas et Itochu rentrer dans son capital, est présente au Canada et prévoit de se développer au Japon et au Moyen Orient.

Le premier exemple de client à développer sa propre plateforme est plutôt surprenant, puisqu'il concerne... Les agriculteurs- bien loin de la publicité Super U. "C'est un univers très numérisé, avec les données météo, de cartographie... Ils sont structurés par filières et en syndicats. Pour eux, le déclic a été quand les grands industriels des machines agricoles voulaient avoir la propriété des données des agriculteurs. Il n'était pas question pour ces professionnels de lâcher leurs données à des acteurs qui allaient ensuite contribuer à fixer le coût des récoltes". Les fédérations industrielles et les institutions de recherche se sont regroupées, ont créé une société juridique pour exploiter la donnée, et ont décidé de créer leur propre plateforme d'échange de données. "Une manière de définir le modèle économique et de maîtriser qui accède à la donnée du marché." Ces acteurs ont d’abord mené un chantier en open data, puis se sont rapprochés de Dawex pour échanger tout type de données. Ils ont établi un système de recueil de consentement et se reposent sur un cloud français.
Un autre type de clients de Dawex ? Les collectivités locales. En France, les premières villes intelligentes ont vu le jour il y a deux ans. Soumises à l’open data, elles exploitent des data de sûreté du territoire et d'infrastructure. Elles se demandent maintenant si elles ne peuvent pas devenir des tiers de confiance. Et décident d'aller sur la plateforme d’échanges de données de Dawex sur laquelle elles partagent leurs données et choisissent dans quelles conditions.

En novembre 2019, Amazon a annoncé qu'il créait sa place de marché mondiale d'échange de données (voir notre article ici). L'éléphant est entré dans le magasin de porcelaine. Une réaction ? "C’est génial, ça valide notre modèle et nous apporte des clients." Dawex vise 30 000 entreprises sur sa place de marché d'ici à trois ans. Elle sera aidée dans son développement rapide par les grands chantiers qu'elle mène avec ses actionnaires, la Caisse des Dépôts, Amadeus, dans le voyage, mais aussi Bouygues Construction et Colas (travaux publics). "Les infrastructures routières sont en pleine transformation numérique". Ou encore avec le conglomérat japonais Itoshu au Japon.

 

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