Newsletter du Lundi
10/05/21

Paru dans la newsletter du

Quand la supply chain entre dans le mix marketing

Qui ?
Frédéric Josue, ex Havas (18 Labs) et fondateur de  18M.io

Quoi ? 
Une revue de tendance en deux parties sur le E Commerce (la semaine dernière, voir ici) et la supply chain.

Comment ?
La supply chain s’est trouvée surexposée pendant la crise que nous traversons. C'est  la matrice de transformation des futurs modèles économiques. Elle doit faire corps avec la technologie (dont la data) , intégrer de nouveaux outils prévisionnels et être intégrée de façon systémique au marketing décisionnel. Outre son   rôle  dans la conception de nouveaux produits, pour que ces derniers passent sans barrière les obstacles de la livraison (voir notre article), les spécialistes de la chaine d'approvisionnement doivent faire face à une quintuple pression.

1 La pression écologique
L’Etat au travers des PGE (prêts garantis par l'Etat) force les entreprises à agir sur l’offre de biens et services. Et cela aura un impact durable sur la supply chain, c’est à dire la façon dont on produit. En effet, le plan de relance Européen de 1800 milliards est réalisé sous la forme de “social bonds”, obligations assujetties à une modification des modes de productions vers plus de durabilité, on agit sur l’offre. Au fil des ans, la supply chain est ainsi devenue le maillon faible de la production du produit... et donc de la communication. Pas de communication dans un monde de réseaux sociaux sans une supply chain en cohérence avec les valeurs de la société. Les pressions sont venues de l’écologie : sur les 1 800 milliards d’obligations européennes, 547 Milliards sont mis à disposition pour la transition énergétique (30%). Aux États-Unis, il s’agit d’un plan de 1644 milliards pour la transformation durable. En Chine, Xi-Jinping s’agace de l’inertie des entreprises et force la neutralité carbone à une échéance 2060 qui sert d’objectif pour l’ensemble du monde moderne. Au Japon, le très puissant CNPF Japonais Keiza Doyukai fait pression sur l’Etat, pour faire passer la part des renouvelables dans la production énergétique à 40% (vs 27%). Des entreprises comme Apple menacent, en effet, de délocaliser leur production si leurs fournisseurs nippons ne modifient pas leur mix énergétique. L'exigence d'une production écologique s'impose partout.

2 La pression de la simplification
La crise de la covid et l’arrêt des transports aériens a également révélé le manque de simplicité et d’agilité des chaines d'approvisionnement, forçant à reconsidérer la distance et la complexité du maillage des fournisseurs. Il y a urgence à relocaliser au travers de l’onshoring ou du nearshoring, à se diversifier et  développer des politiques de coûts agiles face à ces stratégies.

3 La pression sur les productions à caractère stratégique
La France et l’Union européenne militent activement pour une relocalisation des productions industrielles stratégiques.  80 % des ingrédients pharmaceutiques actifs, les composants essentiels du médicament, sont fabriqués hors de l’Union européenne. 80 % des circuits imprimés des composants électroniques viennent de Chine. Mais il existe deux freins à cette relocalisation : 88% des retailers (source : Alvarez & Marsal), estiment que les coûts en local sont plus élevés. Et 77 % évoquent un manque de spécialisation.

4 La pression de l’inclusion
L’inclusion devient également un enjeu non négociable en matière de Supply chain. Les femmes ne représentent ainsi que 39% de la supply chain, alors qu’elles forment plus de 50% de la main d’œuvre. 11% des postes de direction en supply chain sont assumés par des femmes (Awesome and Gartner, April 2019). En quoi est-ce un problème ? Parce que  67% des demandeurs d’emploi ont déclaré qu’une main-d’œuvre diversifiée est un facteur décisif dans l’évaluation des entreprises et des offres (Glassdoor Survey). Et que l’information est disponible : La société Coupa Suppliers  permet ainsi d’identifier des fournisseurs “inclusifs”. Comme les constructeurs automobiles comme Renault l’ont fait, simplement pour refléter leurs consommateurs, les acteurs de la supply chain doivent mener des politiques volontaristes pour attirer les femmes dans ces métiers  (camionneurs, travailleurs d’usine, ligne de production).

4 La pression technologique
Les TechCompanies, Amazon, JD.com ou encore Alibaba, ont engrangé de considérables profits en 2020 : elles étaient prêtes, technologiquement parlant sur trois sujets. Le big data (Intelligence artificielle), l’IoT (les robots) et la blockchain. En Français :  la compréhension, l’automatisation, la sécurisation. Pour ceux qui ne sont pas des géants mondiaux du E Commerce, les sujets de rattrapage technologique sont légion : Digital Twins, Real-Time Supply Chain, Advanced Analytics, Autonomous Vehicles, Warehouse Robotics, Tech sustainability.  L’Europe regarde les trains passer.

5 La pression de l'incertitude
Dernier élément de pression, l’incertitude qui s’empare du retail et de sa supply chain.  Comment expliquer la gratuité de l’immense part des études des grands cabinets ? Plus personne ne sait-ou n'ose le savoir. L’information est devenue une commodité, seule importe la capacité à traiter celle-ci avec de nouveaux outils, combinant Intelligence Artificielle et un Decision Support humain. Conflits USA Chine, USA UE, subventions, résurgence du nationalisme, évolution des politiques commerciales, régulation tout azimut,  diversification des fournisseurs… Pour aborder tous ces aléas, un seul mot prévaut, la flexibilité. Rendue possible par des sociétés proposant des outils analytiques extraordinaires, comme singuli.co
En période de cécité, les prospectivistes peuvent être tentés par davantage d’analyses et d’études. Mais c’est peut être une erreur. Peut -être faut-il, en toute humilité, reconnaitre qu’on ne comprend pas tout. Et adapter sa prise de décision en adoptant  des outils comme l’Agent Based Modelling d’une société comme icosystem.com à Boston dirigée par Dr. Eric Bonabeau.
Frédéric Josue

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