Newsletter du Lundi
30/11/20

Paru dans la newsletter du

Le France Digitale Day, en 5 questions

Qui ? 
L'équipe du Petitweb

Quoi ?
Une synthèse du France Digitale Day, soutenue notamment par Kay Borlongan, Dg de la French Tech (en photo). Un événement resserré de 1 000 personnes, IRL tout en Français. Un truc de fou.

Comment ?

Les start-up toussent-elles ?

L'après-midi était aussi l'occasion de publier le bulletin de santé des start up, avec le baromètre annuel de leur performance économique et sociale. Les start up représentent 10 % des emplois créés (3 000 dans la période Covid) , dont 95 % en CDI. Au premier semestre, 2,7 Mds € ont été levés, moins qu'en Allemagne. Sur le plan de relance, 7 milliard vont être dirigés vers le numérique.70 % des start up n’ont pas eu de problème majeur de cash. 83 % ont été éligibles au plan garanti par l’Etat. Elles ont recouru (pour 52 % d'entre elles) au chômage partiel. Sur le premier semestre, les refinancements ont bien eu lieu : -3% sur cette période, contre -9% en Grande-Bretagne et -20 % en Allemagne. En surface, pas trop de pépins. Même si , en juin dernier,  Challenges révélait le semi échec de The Family, le très médiatique incubateur aux 1 500 participations qui a abandonné ses locaux (photo ci dessous) dont il ne payait plus le loyer. L'écosystème tech soigne ses blessures en toute discrétion ! Reste l'épreuve de vérité du deuxième semestre, mais jusqu'ici, comme on dit dans La haine, tout va bien.

Le cloud : une bataille perdue d'avance ?

La soirée traditionnelle de France Digitale Day l'Elysée a été marquée par trois hauts faits : le Président n'avait pas de cravate. Il a estimé que la bataille du cloud était terminée. Et que les opposants à la 5 G étaient des Amish. C'est évidemment cette dernière phrase qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux et dans la cour ensoleillée du musée des arts forains le lendemain. Michel Paulin, qui dirige OVH, a répondu du quai d'Orsay  que la bataille du cloud n'était pas terminée. Pour Yann Lechelle, qui a quitté Snips pour ScaleWay, l'activité de cloud d'Iliad, "elle ne fait que commencer. 80 % de la consommation n'est pas encore dans le cloud". Encore faudrait-il que le gouvernement fasse confiance aux acteurs du cloud européen :  c'est à Microsoft que l'Etat a confié à Microsoft les précieuses données du Health Data Hub...Pour ce qui concerne Petitweb, on aurait préféré une petite synthèseèse des mérites de a 5 G par le Président, qu'une attaque de ses détracteurs...

Allez hop, tout le monde à la campagne ?

Deux tiers des start up  sont à Paris et un tiers en région. Mais cela pourrait changer, avec l'appel vers le vert de la période de confinement. Anne Katell , d'Arkea le rappelle :"quand 20 % des Parisiens ont quitté la capitale pour se confiner, cela illustre qu'on n'est pas forcément si bien dans la capitale".   Helene Olphe Galliard est Dg de Braincube, un  éditeur de logiciel qui connecte les usines et propose des applications expertes pour utiliser ces données. Elle  a son siège social, un château, à Issoire, en Auvergne (photo ci-dessous) et une filiale à Portland, dans le Maine, et au Brésil, à deux heures de Sao Polo : "Historiquement, Paris n'est pas un centre de production industrielle. Clermont Ferrand a de bonnes universités. Du coup, on peut recruter de bons ingénieurs sans trop de compétition. Nous avons un turnover proche de zéro." La société, autofinancée pendant dix ans, a pu choisir librement ses lieux d'implantation.


Gilles Lechanre, de Cooptalis, a une villa de 500 mètres carrés avec une piscine (chauffée avec la géothermie), un potager contributif , un espace aménagé pour les Talents  : "Nos locaux sont très importants dans la culture d'entreprise. Quand nous avons invité nos investisseurs chez nous, ils l'ont compris."
Pour Anne Katel, d'Arkea,  " C'est un combat de rester dans les territoires. Surtout dans la finance, où tout est concentré à Paris. Arkea est le seule groupe financier à avoir son siège en dehors de Paris.  Et pourtant, la crise du Covid nous montre que tout se joue en local, le développement durable, le travail, le monde de demain. Et pour une start up, ça vaut le coup de faire ce pari : les collectivités locales vous accueillent à bras ouverts".  L'animatrice des Echos souligne l'aspect actuel de ces questionnements : les articles sur les écosystèmes de Bordeaux et de Nantes ont été parmi le plus lus...

Où sont les femmes ? 

Patrick Juvet a écrit l'hymne du France digitale Day. Les femmes étaient nombreuses sur scène, mais aussi dans les sujets des conférences. Mais la diversité, c'est aussi la banlieue. Taig Khris dirige On off. Pour lui, "Il faut recruter des esprits ouverts qui viennent de milieux différents. Pour les réseaux sociaux, tout se passe en Chine et aux USA. Tik Tok est né il y a trois ans, il faut changer notre façon de faire et créer des géants qui vont gratouiller Facebook".  Dans les travées surchauffées, un chasseur de tête confie que ce genre de recrutement divers socialement passe par le remise en cause des diplômes. Et que personne n'est prêt à cela. Un discours ambitieux, contredit quelques minutes plus tard par un vieux de la vieille, que nous ne nommerons pas : "Je suis investisseur dans quelques start up et je suis frappé comme la BPI pousse à une sortie vers des fonds européens. Aujourd'hui, il n'y a pas de volonté européenne de construire cette souveraineté. Il y a juste des discours."Selon une étude réalisée par Slack, 80 % des collaborateurs veulent rester en mode hybride,  et seulement 12 % des collaborateurs veulent rester 100 % au bureau. Comment faire en sorte que cela fonctionne ? "Il faut regarder comment les outils comme Slack sont utilisés. Certains sont des champions du digital, il faut les mettre en avant pour qu'ils diffusent le mode d'emploi auprès des autres" explique Jean-Marc Gottero, le Dg de Slack France.

Un exemple d'entreprise impressionnante de résilience dans la période ? Metron,  qui aide les usines à optimiser leur consommation énergétique, lancée en 2014 et passée de 40 à 140 personnes depuis deux ans. "Avant le confinement, je faisais une filiale par semaine pour transmettre la passion, la culture. Du jour au lendemain, tout s'est arrêté." Mais Metron a ouvert ses filiales à Séoul et Tokyo pendant le confinement. "Nous avions signé un gros contrat avec NTT Docomo et il fallait ouvrir vite, c'était dans le contrat".  Pour transmettre la culture aux nouvelles recrues et aux filiales, la vidéo s'est évidemment imposée. "Notre implantation en Asie nous a permis de maintenir l'activité pendant le confinement en Europe.".

Et les femmes ? Le discours de Kat Borlongan, responsable de la French tech au gouvernement français tranche, par son franc-parler. Rappel des faits : un dirigeant de start up sur dix est une femme : "au rythme où nous allons, il faudra attendre 2090 pour atteindre la parité dans la tech". La French Tech inclue une clause dans ses contrats : pour soutenir un événement, il faut que 35 % des orateurs soient des femmes. "Arrêtons d'encourager, exigeons".  Kat se confie : "Les femmes doutent d'elles mêmes,  j'ai moi même pensé que j'avais été choisie parce que j'étais une femme issue d'une minorité". Pour Julia Bijaoui, de Sista, "les femmes doivent accepter d'être des rôle model".

C'est d'ailleurs deux femmes qui ont marqué la scène Talent de cette édition. Carole Juge-Llewellyn, qui dirige Joone (couches pour bébés) a confié avec beaucoup d'honnêteté son fiasco de l'époque, Mommyville, une communauté de parents. "Nous avons fermé au bout de deux ans, en 2016. Nous avions 5 salariés, et toujours pas de business model. Et ca m'a servi de leçon : Joone est rentable depuis sa deuxième année d'activité !" Un franc parler qui résonne avec le nouveau dogme appliqué à la Frenchtech construis ton modèle, on finance ensuite.
Rania Belkahia a connu une faillite dans les grandes largeurs, avec Afrimarket avait 250 salariés, et 5 filiales, quand son investisseur principal s'est retiré trois jours avant la date butoir. La boite avait alors 4 semaines de trésorerie. "Trois mois avant la faillite, je posais en Une de Challenges ! Il faut déposer e bilan en prenant soin des aspects juridiques, et le faire en 45 jours, car l'Etat ne prend pas en charge les salaires au delà."La bonne nouvelle, c'est qu'un échec de ce type est aujourd'hui valorisé. "On a fait quatre levées, embauché 450 personnes, réorganisé, géré les équipes en mode décentralisé. Les chasseurs de tête savent aujourd'hui reconnaitre cela." Rania travaille aujourd'hui chez Equity Venture, un fonds suédois composé 'anciens entrepreneurs.

Et le comble pour un jardinier ? 

A cette édition, il y eut des moments gênants, façon, "c'est quoi le cible pour un jardinier" ? La palme revient à celui de la healthtech. L'animatrice a demandé à Franck Le Guay, co fondateur de Lifen (échange de doc medical entre appareils dont les logiciels ne se parlent pas) et Pierre Giagy, d'Orange Business santé, ce qu'ils pensaient de l'affaire Health Data Hub / Microsoft. Réponse embarrassée et peu claire des deux acteurs, la semaine même d'un ultime recours contre cette décision du Ministère de la santé, privant l'Europe d'un grand acteurs du cloud (cf question 2). Autre moment bizarre, ce panel avec Frichtee et Deliveroo, mettant en avant la mobilisation de ces sociétés pendant le Covid. On se demande si c'est bien la même société, Frichtee, qui a été déréfrérencée par le CE de l'AFP en raison de la manière dont elle traite ses livreurs... Et enfin, celui de l'ancien patron de Qwant, Eric Leandri qui se lance dans une nouvelle aventure sur les réseaux sociaux et le respect de la vie privée...

 

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