Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

Sowarga, le Dr Folamour des réseaux sociaux

Qui ?
Fabrice Epelboin, Olivier Cimelière, Emmanuelle Hervé, Christophe Lamandé, Vincent Pinte Deregnaucourt (spécialiste de l'intelligence artificielle) et Paul da Silva (ex lead developer de CCM Benchmark).

Quoi ?
Sowarga, comme "social war game", une startup installée en France et en Grande-Bretagne, qui aide les entreprises et les agences à simuler la guerre de l'information sur les réseaux sociaux en mode éprouvette.

Comment ?
Fabrice Epelboin enseigne depuis des années la guerre informationnelle dans les masters de Sciences Po. Il écrit aussi sur ces sujets comme journaliste et a investigué sur les technologies utilisées par certains Etats pour infiltrer et simuler la foule sur les réseaux sociaux - révélées récemment par les fuites d'Edward Snowden. Ainsi, la dernière élection en Corée a été gagnée en partie grâce à des simulateurs des foules mis en place par les services secrets Coréens et s'attaquant à la réputation du candidat de l'opposition sur les réseaux sociaux. Une technique employée semble-t-il également par Jean-François Copé à l'UMP pour fausser les résultats de sondages mis en ligne par la presse, en le faisant apparaître, petit à petit, comme le futur gagnant du match qui l'opposait à François Fillon.

En 2011, alors qu'il rencontre deux des futurs associés de Sowarga, Fabrice Epelboin s'interroge sur la possibilité d'utiliser ces technologies de simulation de foule pour simuler des crises. Il étudie par ailleurs, avec des visées plus universitaires et avec Vincent Pinte qui fait aussi partie de l'aventure Sowarga, la façon dont les foules se comportent sur Internet. "En 48h, on sait si une rumeur véhiculée par la foule est fausse ou s'il s'agit d'une information rien qu'à la façon dont l'information se propage, c'est une application très concrète de la fameuse sagesse des foules."

La technologie employée par la startup ? "Des moteurs d'intelligence artificielle, similaires à ceux de jeu de stratégie en ligne où vous affrontez une machine qui sont relativement aisés à reconvertir, des moteurs sémantiques qui automatisent la création de contenus destinés à être publiés par la foule, ainsi qu'une reconversion de technologies d'astroturfing que nous avons découvertes lors d'investigations journalistiques." Le moteur est terminé et l'interface est en cours d'intégration. Sowarga proposera ainsi dès juin 2014 aux grandes entreprises (mais aussi aux agences, en fournissant son logiciel en mode cloud) de simuler des crises sur les réseaux sociaux ou l'extension, sur les réseaux sociaux, de crises classiques, et de faire varier les paramètres dans une "boite de Petri", ainsi que de mettre les responsables social media de l'entreprise face à la foule et d'étudier la façon dont il la gèrent. La boite intègre les principaux réseaux sociaux.

"Mais la crise sur la théorie des genres nous a convaincu d'intégrer d'autres éléments comme les SMS ou des réseaux sociaux locaux, comme Orkut au Brésil." Sowarga compte multiplier les partenariats avec le monde de l'éducation, "une façon d'affiner l'approche pédagogique de l'outil en offrant à des partenaires pédagogiques l'outil en échange de feedbacks de qualité". Le marché pour ce type de nouveaux outils n'est plus à prouver : après l'opération #OpSony des Anonymous, l'action de Sony a dévissé de 3 milliards, alors qu'une gestion intelligente du conflit aura facilement pu en minimiser l'impact. Les compagnies aériennes sont aussi coutumières des crises à répétition. Sowarga compte proposer à ce marché des sessions de formation - sur le mode MOOC ou en présentiel - mais surtout un entrainement intensif de façon à ce qu'elles soient prêtes le jour où une crise survient.

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