Newsletter du Lundi
09/12/19

Paru le

Uber, ou comment réussir son lancement européen en 2 semaines

Qui ?
Romain Biard (ex-SixApart, ex-EZembassy) et Oliver Berger (ex-directeur du développement chez Marriott puis Hyatt), en charge du lancement d'Uber en Europe.

Quoi ?
Une startup qui révolutionne le transport dans les grandes villes, fondée en 2010 à San Francisco par Garrett Camp, Travis Kalanick and Oscar Salazar. Pour Techcrunch, Uber "élimine tout ce que l'on reproche à une course en taxi". "Il ne s'agit pas de taxi" complète Romain, "l'expérience est très différente. Nous n'utilisons que des voitures de standing. Les chauffeurs ne sont pas identifiables, on ne peut pas les arrêter dans la rue." Pour ne pas concurrencer le monopole des taxis, Uber remplace la main levée par un clic sur un application. La prise de contact et le paiement passent par une application mobile, qui identifie les véhicules disponibles aux alentours, grâce au GPS. L'utilisateur a enregistré à l'avance sa CB qui est automatiquement débitée à la fin de la course.

Combien ?
- 2 semaines et demi pour orchestrer le lancement à Paris, première implantation d'Uber en Europe, à l'occasion du Web11.
- 32M$ levés en décembre 2011 auprès de Menlo Ventures, Jeff Bezos (le fondateur d'Amazon) et Goldman Sachs
- 6 villes aux Etats-Unis + Paris
- Une nouvelle ville couverte toutes les deux semaines
-  même prix qu'un taxi, jusqu'à 70% plus cher (en fonction de la distance de la voiture au moment de la prise en charge). Au nouvel an,  le tarif s'est fait en fonction de l'offre et de la demande. A SF, certains ont payé jusqu'à 4 fois le prix normal. Ce qui a généré des lendemains en forme de gueule de bois (Uber a remboursé).
- 36% de croissance par mois
- 10€ offerts sur la première course pour les nouveaux inscrits lecteurs de Petit Web avec le code PETITUBER (valable pour une inscription jusqu'au lundi 16/01 à minuit)

Comment ?
Oliver a rencontré Travis Kalanick, le CEO d'Uber, par un ami commun. Après une semaine de réflexion et une "uberisation" express à SF, il est conquis par le concept : "c'était magique. J'ai pris conscience qu'utiliser Uber, ce n'est pas juste aller d'un point A à un point B, c'est acheter de la qualité de vie. Et les gens sont prêts à payer un premium pour un transport de qualité et une meilleure expérience." De son coté, Romain dîne avec Travis en novembre 2011, grâce à son associé chez EZembassy (qui gère la commercialisation de Typepas en Europe). Puis il rencontre Oliver à San Francisco. De retour à Paris, tous deux disposent de 2 semaines et demi avant le lancement. Les premières voitures sont sur les routes le 3 décembre, pour quelques jours de rodage. Le lancement officiel a lieu le 5, au Web11 : un retour aux sources puisque c'est là que Travis a eu l'idée d'Uber, en 2009, après une mauvaise expérience avec les taxis parisiens.

En quelques semaines, l'application a été traduite en Français et des dizaines de chauffeurs formés. Ceux-ci sont des artisans indépendants ou appartiennent à des sociétés de location de voitures avec chauffeurs, et activent l'application lorsqu'ils le souhaitent. Ils doivent respecter une charte de service, la même qu'aux Etats-Unis, et sont notés par leurs clients à l'issue de la course. L'application permet de simplifier la rencontre entre offre et demande en optimisant l'activité chauffeurs. Très rapidement, les données collectées permettront de prévoir les pics de trafics, en fonction des évènements et de la météo, ou d'identifier les lieux à forte demande selon les moments de la journée. Peu de changement ont été effectués par rapport au modèle américain, si ce n'est dans les détails. Exemple : plutôt que de voir le prénom du client s'afficher sur son téléphone, le chauffeur voit son nom complet. De nouvelles fonctionnalités pourraient voir le jour à Paris, tel que le choix du type de véhicule, avec pourquoi pas, l'arrivée de moto-taxis.

Le lancement au Web a servi d'accélérateur en RP. Un passage dans la newsletter My Little Paris a boosté les inscriptions et les objectifs initiaux ont été dépassés rapidement. Les chauffeurs semblent conquis par le système, à en juger par les nombreuses candidatures reçus quotidiennement. Olivier et Romain recrutent actuellement l'équipe parisienne, avant de partir à la conquête d'autres villes européennes. "Dans chaque ville, il y a 3 personnes : General Manager, Chef des opérations et Community Manager." A bon entendeur...

Précision : Pour  Paris, le CM a déjà été recruté, il s'agit de Michelle Chmielewski qui quitte Seesmic (lire nos indiscrets).

Benoit Zante

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