Newsletter du Lundi
15/04/19

Paru dans la newsletter du

Quand une institution de 203 ans se met en mode agile…

Qui ?

Olivier Sichel, deputy Dg et Benoit Parizet, CDO du groupe Caisse des dépôts.

Quoi ?

Une interview sur la transformation numérique de cette vénérable institution de 203 ans et 5 500 collaborateurs.

Comment ?

A quoi sert la plateforme banque des territoires.fr et comment a-t-elle été construite ? 

Benoit Parizet :

Nous l'avons sortie le 22 novembre dernier. Elle est positionnée comme a plateforme de référence pour le service public local. Elle présente nos services et référence les offres aux collectivités locales et aux logements sociaux. Mais aussi ceux de nos partenaires comme l'ADEME pour les projets de rénovation. A terme, cela va devenir la marketplace de la smart City, la Caisse des Dépôts est très légitime pour cela : nous sommes un trait d'union entre secteur public et privé. Nous nous sommes inspirés d'acteurs comme Oui.Sncf qui a intégré à sa plateforme des offres de partenaires. Mais aussi la façon dont Amazon a créé des business model verticaux. Nous avons tout conçu et réalisé en interne.

Olivier Sichel : 

Depuis un an que j'ai rejoint la Caisse des Dépôts, après avoir dirigé des start-up, je me suis inspiré de Jean louis Beffa, président d'honneur de Saint-Gobain, qui a été l'un des rares à théoriser la mutation des grands groupes dans son ouvrage "la stratégie de plateforme" : les grands groupes deviennent plateforme avec une offre co-construite avec les clients. Pour m'aider, j'ai institué un Conseil digital consultatif (CDC au carré) composé des dirigeants de grands groupes comme Cécile Laget de la FDJ, et des  start-up comme Marie-Christine Levet (Educapital), Axel Dauchez (Make.org), Benjamin Magnard (PrestaShop) ou Gilles Babinet, mais aussi la jeune génération comme Kat Borlongan. Ces réunions trimestrielles nous permettent de mieux arbitrer dans certains choix. Par exemple, à la dernière, nous nous interrogions sur la nécessité de poursuivre nos investissements dans la blockchain. C'est le comité qui nous a persuadé de poursuivre... Concernant les consultations citoyennes, Axel Dauchez  nous a persuadé de ne plus faire de sondages binaires mais d'entre en conversation. Et on voit bien, dans le contexte actuel, comme cela n'a jamais été aussi nécessaire.

Vous avez passé 20 ans dans le web, avec des pratiques managériales très différentes. Comment n'avez-vous pas été "Lost in translation" en rejoignant la caisse des dépôts ?

O.S : Mon arrivée était le signe de la volonté du groupe d'adopter des pratiques managériales différentes. Venir du digital aide à adopter des stratégies opportunistes. La banque des territoires n'existait pas. Si on avait voulu la créer, ça nous aurait pris deux ans. On a créé une marque et agrégé CDC Habitat, la SCET pour l'ingénierie du territoire. La banque des territoires est une plateforme qui regroupe les finances, la marque et les RH. Depuis mon arrivée, l'Etat a lancé Coeur de villes,  pour redynamiser le centre ville des villes moyennes,  avec la banque des territoires en partenaire principal. Nous avons organisé une rencontre entre les maires et pour la première fois, le 11 décembre à Limoges, ils ont pu échanger entre eux sur ces sujets, sans avoir de grand messe politique. Les maires en avaient ras le bol du discours descendant.

Et maintenant vous vous rapprochez de la Poste, c'est le mouvement perpétuel...

O.S : C'est surtout la vision d'Eric Lombard, notre Pdg : la Poste n'avait pas son assureur, et la CNP, sa banque. Dans un monde dominé par la bancassurance, ce rapprochement était logique. La Caisse des Dépôts avait 25 % de la poste. Ce groupe a compensé la baisse du courrier par la montée de la banque et du Colis.

Il fallait donc renforcer les fonds propres. En même temps, la Poste a tout un programme sur la fracture territoriale, comme nous. Nous allons développer des maisons de service au public avec eux.

Quelle est votre politique d'investissement dans les start up ?

O.S : Si nous investissons c’est dans une démarche de Corporate Venture en lien avec notre mission de soutien au développement des territoires : immobilier, aménagement du territoire, mobilité, énergie nouvelle renouvelable, et toujours en lien avec bpifrance.

Equipement des régions, hébergement d'urgence, réactivation du commerce en centre ville... Vous êtes au cœur des préoccupations des gilets jaunes...

O.S : Oui c'est d'ailleurs l'un de nos atouts pour recruter les jeunes générations : on n'a pas beaucoup de problème à expliquer quel est le sens de nos actions... Nos grands axes sont de rendre les territoires connectés, inclusifs, durables et attractifs.

 

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