Newsletter du Lundi
14/10/19

Paru dans la newsletter du

Nextdoor : le retour aux sources de la communauté

Qui ?

Prakash Janakiraman, co-fondateur de Nextdoor, la communauté des voisins.

Quoi ?

Une interview de cette start-up, particulièrement mise en avant lors du dernier FDDay.

Comment ?

Aux Etats-Unis, 28 % des gens ne connaissent pas le nom de leur voisin. « Avec les réseaux sociaux, on s’éloigne des personnes qui composent notre environnement. On pense interagir sur Facebook, mais ces réseaux sociaux cultivent plutôt l’ultra-solitude. Nous voulions renforcer les liens de communauté car il est prouvé que les personnes bien insérées vivent plus longtemps, et que les communautés soudées connaissent moins de vols » explique Prakash Janakiraman, son fondateur. Pour créer une véritable communauté, Nextdoor prend le risque de faire une inscription qui prend cinq minutes-un cauchemar pour les start-up en chasse de toujours davantage de membres et qui facilitent le plus possible le "sign up". « Il fallait être serein, sur le fait que nous ne passerions pas l’échelle aussi vite que si nous avions un enregistrement sans friction. Mais c’était le cœur du projet. La confiance est la base de notre communauté. Et elle n’est possible qu’avec la véritable identité. C’est cela qui permet de confier ses enfants à une babysitter du voisinage ».

Nextdoor est née après Fanbase, un premier essai de communauté autour du sport. « Mais avec 25 millions de membres, Fanbase n’était pas assez importante ».

Nextdoor a fait sa version beta avec la communauté de… Menlo Park, au cœur de la Silicon Valley. « J’étais ami avec le président de l’association. C’est avec cette communauté que nous avons construit tous les services de Nextdoor. On a commencé avec le quartier de Lorelei puis, on s'est étendu à 176 autres communes pendant l'année. Et, nous nous sommes lancés après ce beta test en 2011. Les besoins sont les mêmes partout ! Nous avons fait le prototype à la main, il fallait comprendre la dynamique des interactions, de la croissance. C’est une démarche continue, qui mélange l’A/B test et les feedback humains. Ce beta test a duré… huit ans, avec la sortie de la version grand public. Depuis l’industrialisation, la démarche terrain est toujours aussi vivante : « Depuis deux jours que je suis à Paris, j’ai passé mon temps à rencontrer des membres de la communauté ».

99 % des gens sont gentils 

On trouve des babysitter, on s’achète des objets, on se recommande des prestataires, on se garde les animaux domestiques, on organise une soirée de 1 000 personnes (à Paris) et on se serre les coudes en cas de catastrophe. « Quand Harvey s’est abattu sur Houston, le 911 était noyé sous les appels et sonnait occupé. Du coup, les gens ont utilisé les push notifications de Nextdoor pour s’entraider. 99 % des gens sont gentils, quand on leur demande de l’aide, ils le font ». Nextdoor n’est pas la première à se lancer dans le projet de fédérer les voisins. Mais c’est la première qui a les moyens de son ambition mondiale.

Mary Mener au board

Nextdoor est financé à hauteur de 470 M$, et, encore plus chic, accueille la fameuse Mary Meeker (celle qui fait tous les ans les prévisions les plus suivies du marché)  à son board (équilibré hommes femmes). Il faut dire que le pedigree de son fondateur (Excite, Shopping. Com revendu à E Bay, Streetview de Google) pèse son pesant de cacahuètes.  « Après le social graph (Facebook), l’interest graph (Twitter) , le professional graph (Linkedin), les investisseurs étaient intéressés par un nouveau type de network, le « local graph ». Ils ont été convaincus, comme nous, que cette communauté pouvait devenir encore plus importantes que celles qui l’ont précédé, elle peut être utilisée partout dans le monde.

Comme les autres réseaux sociaux, la plateforme repose pour l’instant sur les revenus publicitaires. Les entreprises de sécurité, les banques, les cafés, les cuisinistes, bref « tous ceux qui résolvent les besoins du quotidiens » ont adopté la plateforme. La pub est commercialisée aux US depuis 3 ans, puis en Grande Bretagne et aux Pays-bas depuis cet été.

Mais la plateforme impose des guidelines à ses annonceurs et leur apprend à intégrer en douceur la communauté. « Les banques font par exemple des sessions pour leurs voisins pour les faire travailler sur leur problématique de retraite. Les annonceurs qui ont une mentalité de spammers sont éjectés ».

L’intégration de la pub est évidemment clé pour maintenir une bonne expérience sur le site. Et on imagine que Nextdoor, qui développe actuellement une offre de coupons de réduction pour commerce de proximité, trouvera rapidement d’autres sources de revenus, en passant par des communautés thématiques.

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