Newsletter du Lundi
09/12/19

Paru dans la newsletter du

Les 4 piliers de la religion Tesla

Qui ?

Philippe Dewost, Expert de la Tech et de la transformation digitale, co-fondateur de Wanadoo.

Quoi ?

Ce qui distingue Tesla des autres constructeurs, grâce à une analyse fouillée de son "Autonomy Day".

Comment ?

Fin avril, mois épique en matière de cadences de production et de performances financières,Tesla tenait son « Autonomy Day » et levait le voile sur  le futur de la conduite autonome. De nombreuses annonces (cf cet article), qui nous ont permis de distinguer ce qui différencie Tesla des autres constructeurs.

1. Plateforme, plateforme, plateforme

Ce qui frappe c’est d’abord le niveau détaillé des performances techniques : le FSD présenté est comparable aux processeurs Core i7 d’Intel en nombre de transistors, ou aux puces graphiques dédiées de Nvidia en nombre d’opérations par seconde. Inédit aussi, le détail des composants présents sur la carte mère du FSD, et leur performance.

Tesla n'a rien fait comme les autres et écarté LIDAR (télédétection par le laser), Nissan est l'un des rares constructeurs classiques à avoir fait le même choix. La dimension plateforme digitale est très présente : la vision du véhicule autonome s'appuie sur les caméras, et la manière dont tous les conducteurs précédents ont négocié leur trajectoire.

La plateformisation guide l’entreprise en elle-même et son offre. Tesla gère une flotte de véhicules, puisque de la data circule en permanence, dans les deux sens, entre les véhicules et le constructeur. Les voitures envoient régulièrement leurs paramètres de conduite pour nourrir l’AutoPilot, et d’état, pour monitorer la batterie ou détecter les pannes. Dans le sens descendant, Tesla met à jour,  corrige les bugs et accroit la sécurité sans rappeler les véhicules au garage.

2. La flotte 

Cette approche digitale ouvre également la voie à la commercialisation d’options à distance : Tesla peut ainsi proposer de tester des options gratuitement pendant une durée limitée, ou moduler leur prix de vente, à travers l’App Tesla qui a enregistré la carte de crédit du propriétaire.

Le service de RobotTaxi s'appuie sur l'app Tesla et va se déployer en full digital. Bref, Tesla dispose d'une importante flotte de véhicules, et s'en est rendu opérateur. Un avantage décisif. Elon Musk confirme, lors de l'Autonomy Day : « Tesla’s big advantage is that it has the fleet. No one else has the fleet. »

3. Des dates de déploiement lunaires

Elon Musk s'inspire de Steve Jobs, et de sa fameuse distorsion de la  réalité, avec des dates de déploiement lunaires. Les inéluctables délais ont un coupable idéal : la régulation. Le constructeur prévoit ainsi qu’un 1 million de véhicules équipés du système FSD seront en circulation d’ici un an, échéance à laquelle les premiers robotaxis sans conducteurs auront été activés.

Mais la maîtrise de la flotte de véhicules, de sa gestion par déploiement logiciel over the air, et l’avance technologique existante pourraient y aider.. Pourvu que les cadences de production suivent et que les besoins en cash soient couverts.

4. L'intégrisme 

Tesla, comme d’autres sociétés de « Tech », a fait le choix de la verticalisation (going full stack) : maîtriser soi-même tous les éléments de la chaîne de valeur et les combiner pour renforcer son avantage concurrentiel. Tout faire soi-même veut vraiment dire « tout » : le logiciel, l’app, la plateforme et les services. Tesla confirme que la démarche full stack inclut aussi le hardware, et en l’espèce, la conception de ses propres microprocesseurs, comme désormais tous les grands acteurs américains et chinois de la tech qui se livrent une bataille titanesque dans ce domaine.

Philippe Dewost

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