Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

Netflix a tué les cartoons du dimanche matin, et ce n’est qu’un début

Qui ?
Ted Sarandos, directeur des contenus de Netflix, interrogé par Eric Scherer, directeur des nouveaux médias de FranceTélévisions.

Quoi ?
L'événement du MipCom 2014 : un aperçu de l'avenir de Netflix. Et donc des médias en général.

Comment ?

"Vous avez commencé par tuer les vidéo-clubs, puis vous avez bousculé la télévision et maintenant vous vous attaquez à l'industrie du cinéma" résume Eric Scherer pour introduire sa discussion avec Ted Sarandos. "On innove seulement en faveur des consommateurs" lui répond ce dernier. "Les gens sont des téléspectateurs à la demande, ils veulent accéder aux contenus quand ils le souhaitent." Une logique que Netflix entend bien étendre au-delà des séries, jusqu'à présent son principal fer de lance.

Sur la plateforme de SVOD, 70% des contenus consommés sont des séries, 30% des films. Après la production de séries, avec les très attendus Marco Polo (décembre 2014) et Marseille (fin 2015, début 2016), Netflix s'attaque donc naturellement à la production de films, avec l'annonce d'un accord de co-production de cinq long métrages, pour la suite de "Tigre et Dragon" et les quatre prochains films d'Adam Sandler. Ces longs métrages ne sortiront pas au cinéma, bousculant les modèles traditionnels de diffusion. "On ne veut pas tuer la chronologie des médias, on veut redonner le choix aux gens" explique candidement Ted Sarandos, avant d'ajouter un peu plus tard : "le modèle du cinéma n'a pas bougé depuis le début des années 70, alors que le monde, lui a évolué."

Un signe de cette évolution : les grands networks américains ont tous abandonné les sacro-saints dessins animés du dimanche matin, les jeunes téléspectateurs étant désormais habitués à consommer du contenu à la demande au lieu d'attendre le rendez-vous hebdomadaire. "Vous êtes devenu le premier baby-sitter de l'Amérique" constate Eric Scherer. En touchant les téléspectateurs dès le berceau, Netflix s'assure un avenir radieux... Au détour d'une phrase, Ted Sarandos annonce d'ailleurs être en discussion avec des producteurs français pour produire des séries d'animation.

L'occasion de revenir sur la "méthode Netflix" qui s'appuie sur l'analyse des données de consommation des abonnés : "nous ne nous impliquons pas du tout dans le processus créatif. [...] Il y a une incompréhension sur notre usage des analytics, selon laquelle on utiliserait nos données pour influer sur nos programmes. C'est totalement faux. En fait, nous utilisons seulement nos informations pour évaluer l'audience potentielle d'un programme et déterminer nos investissements." Surtout, l'analyse des données est utilisée pour le moteur de recommandation de contenus, l'une des fonctionnalités les plus innovantes du service.

Après les séries et les films, Netflix veut aussi s'attaquer au stand-up et aux talk shows : il vient d'annoncer la signature d'un deal avec l'humoriste Chelsea Handler, qui prépare une émission exclusive pour 2016. "La plupart des "late shows" aux Etats-Unis sont regardés en différé ou en ligne" explique Ted Sarandos. "C'est un peu comme les dessins animés du dimanche matin, les late night shows ont lieu à 21h30, parce que c'est leur horaire. Mais les gens regardent les sketchs, les blagues ou les extraits dont tout le monde parle le lendemain. On va essayer de créer une émission qui a une durée de vie plus longue qu'une heure. Probablement plus qu'une semaine, et espérons le plus qu'un mois, en faisant beaucoup de sketchs et d'interviews."

Il reste qu'en France, l'arrivée de Netflix avec un catalogue limité a déçu : le chemin est encore long avant de s'imposer comme la nouvelle télé - et ce, d'autant plus que les résultats de cette politique d'investissement coûteuse dans les contenus n'a pas encore fait ses preuves, les derniers résultats du groupe étant particulièrement décevants. Des critiques balayées d'un revers de main : "quand nous nous lançons dans un pays, le catalogue ne représente que la moitié que ce que vous aurez un an plus tard. On ajoute des contenus au quotidien ! C'est intentionnel : chaque jour, nous collectons davantage d'informations sur ce que regardent les gens, ce qui nous permet d'acheter les droits de ce qu'ils veulent regarder."

Benoit Zante

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