Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

Les trois questions posées par l’automobile connectée, en direct de SXSW

Qui ?
Heidi Browning, SVP de Pandora, Sefi Grossman, VP Technology de l'agence Team Detroit et Scott Lange, executive Creative director Technology de Team Detroit.

Quoi ?
Trois grandes questions posées par l'automobile connectée, à l'issue d'un panel à SXSW 2014, où l'intérêt résidait tout autant dans les questions du public que dans les réponses des spécialistes de l'automobile venus de Detroit.

Pourquoi ?
Après les voitures Google sans chauffeurs, les rumeurs d'intérêt d'Apple pour Tesla et le salon de Genève qui vient de s'achever avec la présentation de véhicules toujours plus connectés, les liens entre high tech et automobile n'ont jamais été aussi forts (Chevrolet est d'ailleurs "super sponsor" de SXSW). Un bouleversement qui va transformer notre rapport à la voiture et pousse les industriels à repenser leur modèle.

Comment ?

1/ À qui appartiendront les informations du véhicule ?

Les voitures sont désormais de gigantesques capteurs de données. De précieuses informations qui intéressent aussi bien les assureurs que les constructeurs automobiles, les médias ou les géants de la high tech. Le réseau de véhicules connectés fournit des données en temps réel sur la météo, la circulation ou les habitudes de déplacement, qui une fois agrégées et analysées se révèlent particulièrement utiles (et rentables). "Vous n'avez plus besoin de stations météo quand vous avez un réseau de véhicules équipés de capteurs qui vous font remonter les informations en temps réel a travers le pays" explique ainsi Scott Lange. "Est ce qu'on va me payer pour ça ?" demande un spectateur. "Avec un modèle du type 'plus je conduis, plus je m'enrichis ?" Pas de réponse dans l'immédiat, mais l'on s'achemine plutôt vers un mode de partage gratuit, où chacun profite des informations de la communauté, à l'image du GPS communautaire Waze, racheté par Google. Mais en donnant les clefs de sa voiture à Google, Apple, son assureur ou son constructeur automobile, quid de la confidentialité et de la sécurité des données ? "À nous de trouver la juste frontière entre vie privée et utilisation des data" estime Sefi Grossman. L'utilité sera la clef, à l'heure où "on cherche de plus en plus à présenter les voitures comme des outils qui font du bien."

2/ Quel sera l'impact de l'internet of cars sur les médias ?

Dans un pays où l'automobile est une institution, modifier le rapport à la voiture a des conséquences sur tous les maillons de l'ecosystème. Google s'est le premier intéressé aux voitures sans chauffeurs  parce que ce temps de conduite est autant de temps passé déconnecté... La radio devrait être le premier média impacté. Déjà, les services de radio personnalisées comme Pandora arrivent dans les véhicules. "Les utilisateurs de Pandora en voiture sont parmi nos clients les plus assidus. Nous avons beaucoup d'informations sur eux, que nous pourrions croiser avec les informations du véhicule" estime Heidi Browning. La publicité dans la voiture pourrait se faire plus interactive, avec l'amélioration des systèmes de reconnaissance vocale. "C'est la prochaine frontière" ajoute Heidi Browning, qui imagine des publicités interactives mettant en contact les conducteurs avec les annonceurs, par la voix. Si cette vision se concrétise, les marques doivent se préparer à convertiraient au service et aux conversations en one-to-one !

3/ La voiture sera-t-elle une plateforme ou un terminal de plus ?

Le contrôle de la connectivité du véhicule est l'enjeu de cette décennie, qui déterminera le futur de l'"internet of cars". En passant des deals avec Google et Apple pour embarquer Android ou iOS, les constructeurs ne se tirent-ils pas une balle dans le pied ? Certes, ils font un choix pragmatique, en choisissant des OS déjà massivement adoptés par les utilisateurs et les développeurs. Mais à plus long terme, ils risquent de faire de la voiture un terminal de plus pour Google ou Apple, alors qu'elle aurait le potentiel d'être au coeur d'une plateforme ouverte, autour de laquelle se construit toute une série de services. Mais pour cela, il faudrait que les constructeurs s'entendent sur un standard commun et réfléchissent comme des entreprises de software. Une révolution copernicienne, qui va conduire l'industrie automobile à repenser son modèle économique dans son ensemble... Et si demain, Ford, Audi, Renault ou Citroën ne vendaient plus des voitures, mais des abonnements à des services, associées à la mise à disposition d'un véhicule et à l'exploitation de ses datas ?

Benoit Zante

http://www.youtube.com/watch?v=t4_EF0sNpZc

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