Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

Trois leçons que les marques peuvent apprendre du monde de l’art

Qui ?
Kenneth Schlenker, fondateur de Gertrude.co, Dominique Levy (en photo), fondatrice de DSL Collection et Abdel Bounane, fondateur de Bright.

Quoi ?
Un panel lors de Hackers on the Runway, qui illustre comment le monde de l'art se convertit au numérique. "Si ce monde là peut se transformer, alors tous les autres secteurs le peuvent !" estime Alice Zagury, co-fondatrice de The Family.

Comment ?

Alors que les marques traditionnelles et les grandes maisons ont construit leur réputation et leur image sur de longues années, de nouveaux entrants peuvent se faire une place du jour au lendemain, par la force du réseau et de la recommandation. En quelques années, un entrepreneur français installé à New York a réussi à constituer l'un des plus larges réseaux d'art dans le monde. Il s'agit de Kenneth Schlenker, un ancien googler, à l'origine de Gertrude.co, dont les événements ont réuni plus de 12 000 invités à ce jour. L'idée : "redéfinir ce qu'est le salon d'art pour le XXIe siècle, en créant des événements intimistes un peu partout dans le monde." Tête-à-tête avec des artistes, vernissages privés, rencontre avec des galeristes... les formats des événements sont variés et chaque salon mise sur l'expérience et la rencontre, avec trois règles :  "ça dure une heure, il y a quarante personnes maximum et des curateurs sont chargés  de l'organisation." Et le web dans tout ça ? "La technologie nous permet de créer des relations de confiance, en amont. C'est la logique d'Airbnb." Le lancement parisien est prévu cet été.

Miser sur la technologie et l'innovation permet de se démarquer immédiatement. Les collectionneurs Sylvain et Dominique Levy ont fait un choix radical en 2005 : miser tout sur la jeune scène artistique chinoise. Etant donnée l'avancée du pays sur le web (lire notre article sur le sujet), le couple a rapidement décidé de prendre le virage du web, avec un succès foudroyant. En moins de 10 ans, avec peu d’œuvres (300), une équipe réduite et sans lieu physique, DSL Collection est entrée dans le top 5 des collections privées les plus visibles du monde. "Aujourd'hui, on nous considère comme une institution au même titre que les autres musées. Le retour sur investissement du web a été immédiat : les médias vous repèrent très rapidement" explique Dominique Levy. La démarche du couple est à l'opposée de celles de bien des musées qui interdisent encore les photos de leurs œuvres. "Nous avons décidé de rendre notre sélection visible, mais pas dans un lieu physique. On l'a partagée au plus grand nombre, en utilisant les réseaux sociaux, des expositions virtuelles... Et quand on publie un book, on le fait en papier et en digital." DSL Collection s'est distingué par ses applications iPad, ses expérimentations 3D et même un musée virtuel sur... Second Life. "Quand on suit les nouvelles technologies, aujourd'hui, c'est déjà demain. Ce qu'on sort à un instant T est déjà obsolète. Le challenge c'est de savoir ce qui va marcher dans les deux, trois, cinq prochaines années. Pour cela, il faut se connecter à cet univers, s'intéresser à l'innovation, se renseigner..."

Rien ne sert de chercher à reproduire sur le web les business models traditionnels. Dans l'objectif de monétiser les œuvres numériques, partageables et échangeables à l'infini, Abdel Bounane et Martin Zack Mekkaoui ont ainsi passé 6 mois à travailler sur une idée "totalement pourrie" : reproduire le mode de fonctionnement d'une galerie sur le web, avec la création d'une plateforme pour les vidéos d'art, intégrant des outils de gestion de droits et des éditions limités. "On se tirait une balle dans le pied : internet, c'est la multitude, l'échange, le partage..." . Il a finalement pris le parti pris inverse, avec Bright, solution de "décoration en streaming", qui permet aux hôtels, entreprises ou lieux publics de diffuser des flux personnalisés de contenus vidéo, avec un modèle sur abonnement. Pour rassurer les artistes, les options de diffusion sont très précises : ils ont le choix d'accepter d'être exposés dans un hôtel ou une boutique de luxe, d'être diffusés au milieu d'autres artistes ou encore de refuser d'être associés à de la publicité.

Benoit Zante

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