Newsletter du Lundi
19/04/21

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Pourquoi l’interprète de Borat est entré en guerre contre Google et Facebook

Qui ?
Sacha Baron Cohen, acteur réalisateur en colère.

Quoi ?

Une interview avec Kara Swisher du  NYT, le 25 février dernier, soit  trois jours avant de recevoir deux Golden Globes pour la suite de Borat. SBC explique son combat contre les Gafa, Google et Facebook en tête.
Comment ?
En 2019, l’acteur  a fait un keynote au sommet de la ligue contre la diffamation (voir ici). C’est là où l’interprète de Borat a commencé sa croisade personnelle contre les GAFAM : “Les 6 de la silicon, tous milliardaires, américains et plus soucieux de booster le prix de leursactions que de protéger la démocratie. C’est de l’impérialisme idéologique, six individus non élus qui imposent leur vision au reste du monde, et ne rendent aucun compte à des gouvernements, agissant comme s’ils étaient au-dessus des lois."

Mark Zuckerberg, Jack Dorsey, Susan Wojcicki , Sundar Pichai , Larry Page et Sergey Brin.  C’est mon boulot de les dénoncer. Pourquoi vous y mettre aussi ?
Sous  Trump, le racisme, l’anti-Semitisme, la misogynie que j’ai mises en scène dans Borat ont envahi l’espace public. Trump était le porte-parole, mais le véhicule était le social média, en particulier Facebook. J’ai été horrifié par le bannissement des musulmans et le rallye nationaliste de Charlottesville. Quand ADL m’a remis un prix, en 2019, je m’y suis colotiné. J’avais essayé d’inciter d’autres célébrités à parler. Mais personne n’avait l’air de s’en préoccuper.  Et quand je suis tombé sur des personnalités de la Silicon Valley  dans des soirées de Hollywood, je leur disais que ce qu’ils faisaient allait conduire à la fin de la démocratie.  Et ils s’attendaient à ce que je sois plus drôle que ça. Un jour, dans un vernissage à une galeirie, j’ai pris à partie l’un d’entre eux en leur demandant pourquoi ils autorisaient le négationnisme sur l’Holocauste. Devant sa dénégation, je lui ai montré un site négationiste. Il m’a répondu que cela montrait les deux côtés du débat. Mais quel débat ? Et là, on se rend compte que ces gens très intelligents ne devraient pas avoir le pouvoir qu’ils ont.  C’est tellement dingue que si peu de gens aient le pouvoir d’empereurs. On va regarder rétrospectivement notre époque en se demandant pourquoi on n’a rien fait pour empêcher des mensonges de se répandre, qui ont abouti à des morts en masse.

Pourquoi avoir quitté vos personnages et décidé de faire ce discours en votre nom ?
C’était un an avant les élections et Trump allait encore gagner en répandant des mensonges, des conspirations et de la haine. Car ces sujets sont les plus regardés, digérés sur les réseaux sociaux. C’est cette radicalisation des algorithmes pour vendre toujours plus de publicité qui m’a poussé à me saisir publiquement du sujet. En 2019, j’avais accompli plus que dans mes rêves les plus fous. J’ai imaginé que cette intervention pouvait interrompre ma carrère à tout jamais, les gens se demandant pourquoi je parlais d’un sujet dont je ne savais rien. Et d’ailleurs, j’ai eu beaucoup de reactions sur Twitter et Facebook me demandant de me taire et de me contenter de faire rire. Ces armées de troll sont habituées à intimider les gens sur les réseaux. Ce n’est donc pas un espace où il y a beaucoup de liberté de parole. Si vous êtes une femme, ou une minorité, ou si vous êtes de gauche, vous vous faites harceler.

J’ai apprécié la distinction que vous avez faite “Ce n’est pas pour restreindre la liberté de parole. Mais c’est de donner à tout le monde, y compris les personnes les plus répréhensibles, la plus grande plateforme pour atteindre le tiers de la planète ». J’ai passé des années à expliquer pourquoi les réseaux sociaux ne doivent pas s’abriter derrière le premier amendement. Pourquoi pensez-vous que le message est si difficile à faire passer ?

C’est difficile, parce que c’est un message martelé depuis des années. Quand Mark Zuckerberg dit qu’il défend la liberté d’expression, il ment. La constitution dit que le Congrès, pas les entreprises, ne devrait faire aucune loi qui entame la liberté d’expression. Mais ca ne s’applique pas à des sociétés comme Twitter ou Facebook.  Quand un néo-nazi vient dans un restaurant et dit qu’il veut tuer des Juifs, le propriétaire a le droit et l’obligation morale de le mettre dehors. L’idée que ces réseaux défendent la liberté d’expression est ridicule.  Ils font des choix éditoriaux en continu, en interdisant les images de seins, mais en autorisant les Nazis. Qu’en est-il d’élections libres et justes, qui sont les piliers de la démocratie ? Personne n’en parlait et le gouvernement de Trump a imaginé qu’il pouvait le remettre en cause, en promouvant le hashtag  #stopthesteal  et en promouvant l’idée que le vote par correspondance était peu fiable.

Le 6 janvier, vous avez interpellé  Mark, Jack, Susan, et Sundar, en leur disant qu’il était temps de bannir Trump de leurs plateformes. J’ai fait la même chose. Avez-vous imaginé que la situation empirerait autant ?
Oui, c’est la raison pour laquelle j’ai créé Borat. C’était une tentative pour infiltrer le cercle proche de Trump, parce que j’étais convaincu qu’il était dangereux et que les théories conspirationnistes allaient finir en violence. Dans mon show  “Who is America?, j’ai passé deux jours avec une personne qui croyait qu’il avait tué trois Antifa. Ces personnes qui ont marché sur le Capitole n’étaient pas forcément des « bad people ».  Les méchants, ce sont ceux qui répandent ces mensonges et ces conspirations. Si vous croyez que Biden est un pédophile cannibale et qu’il a volé l’élection, c’est logique de marcher sur Washington.

Vous avez beaucoup parlé de bannir Trump des plateformes…
Oui je crois qu’il faut le bannir à vie. L’étude de Zignal Labs a évalué à 73% la baisse de la désinformation sur l’élection après son bannissement. En même temps, il peut faire un discours librement quand il le veut.  Sa liberté de parole n’est pas compromise par cette interdiction.

Hitler n’a pas eu besoin de Twitter et  Mussolini d’ Instagram. Staline de  TikTok . Pensez vous que les réseaux sociaux amplifient la malveillance ?
Je ne suis pas d’accord. Le social media de Goebbels était la radio. Les autocrates et les fascistes se concentrent sur les nouveaux médias parcequ’ils ne sont pas régulés.

Dans votre intervention de  2019, vous avez suggéré que Zuckerberg ou d’autres dirigeants fassent de la prison si leurs outils servaient à influencer les élections ou alimenter la violence.
Il doit y avoir une régulation. Dans toute industrie vous pouvez être poursuivis pour les dommages que les éditeurs causent. Vous poursuivez pour diffamation.  Mais ces sociétés ne peuvent etre poursuivies à cause de la Section 230 de la  Communications Decency Act. Facebook ne peut être poursuivi pour les morts dont il est responsable. C’est dingue, non ? Les reseaux sociaux peuvent être poursuivis  pour non respect du droit d’auteur ,prostitution ou pornographie infantile. S’ils peuvent être poursuivis par ceux qui exploitent les enfants, ils devraient être poursuivis pour ceux qui les utilisent pour promouvoir l’élimination d’enfants d’une certaine race ou religion . On pourrait résoudre à la fois trois problèmes. Pendant la pandémie, Facebook et les reseaux sociaux ont fait de grands profits en répandant des conspirations à propos du vaccin . Les réseaux sociaux me disent quis sont submergés par la quantité de contenus publiés chaque jour. Lers modérateurs ne peuvent tout enlever. Des millions de personnes sont au chômage à cause de la pandémie. Embauchons les ! GM dans les années 70 employait 800 000 personnes dans le monde.  L’an dernier, Facebook a realisé un CA de 86 Mds $ avec 50 000 employés …

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