Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

La data, sous-vêtement torride de Tinder et OKCupid

Qui ?
Christian Rudder, co-fondateur du site de rencontre OKCupid, désormais propriété de Match.com, leader de la rencontre en ligne dans le monde.

Quoi ?
Un exemple concret de l'exploitation des Big Data, à partir des informations récoltées sur les sites de rencontre OKCupid et Tinder, à l'occasion d'une présentation à SXSW 2014.

Comment ?

C'est une conférence comme South By Southwest en a le secret : un sujet improbable, un entrepreneur-geek sur la scène et de nombreuses questions dans la salle - beaucoup des spectateurs étant eux aussi des spécialistes du sujet. Christian Rudder est diplomé d'Harvard. A la sortie de l'université, il crée un site, revendu rapidement à Barnes&Noble. Puis, en 2004, il est à l'origine d'OKCupid, un site de rencontre s'appuyant sur des algorithmes et de nombreuses questions crowdsourcées. Le site est vendu en 2011 au leader du secteur, Match.com, propriétaire de Meetic en Europe.

Avant ce rachat, Christian Rudder tenait aussi le blog d'OKCupid, une fascinante pluongée dans les datas du site. On y apprenait ainsi que les amateurs de bière avaient le plus tendance à coucher le premier soir ou que les photos prises avec un Panasonic avaient plus de succès que celles prises avec un Canon ou un Nikon. Trois ans plus tard, le blog devrait renaître, à l'occasion de la sortie de son livre  "Dataclysm". Un bel exemple appliqué des Big Data.

Principal enseignement du big data appliqué au dating : dans la rencontre en ligne, peu importe le profil. Tout ce qui compte, c'est la photo. Une logique poussée à son paroxysme par l'application Tinder, aussi dans la galaxie Match.com : seules apparaissent des photos et l'utilisateur a le choix entre aimer, ou pas, la personne. En cas d'appréciation mutuelle, les deux peuvent converser. Sur Tinder, la sélection est encore plus drastique que sur OkCupid : 40% des hommes génèrent 90% des votes positifs de la part des femmes, alors que de leur côté, les hommes ont tendance à "liker" beaucoup plus de profils.

 


 

Christian Rudder a aussi remarqué que si les femmes préfèrent des hommes dans leur tranche d'âge, les hommes ont tendance à privilégier les femmes dans la vingtaine... Les femmes ont aussi tendance à davantage s'autocensurer dans l'envoi de leurs messages, alors que les hommes n'hésitent pas à contacter les femmes les plus attirantes (le site a un outil qui permet de noter les profils). Ainsi, les hommes considérés comme les moins attractifs envoient 60% de leurs messages aux femmes classées parmi les plus populaires.

Si ces informations sont intéressantes pour le grand public, elle le sont encore plus pour l'entreprise qui peut ainsi optimiser ses fonctionnalités, ses algorithmes et l'expérience utilisateur. Un profil féminin classé dans les plus "attractifs" sera ainsi un peu moins mis en avant, pour ne pas saturer sa boite de message et donner leur chance à d'autres. Mais Christian Rudder reste vague sur les autres implications concrètes des informations récoltées... afin d'éviter de ne pas trop partager ses secrets de fabrication avec ses concurrents ?

"Notre idée n'est pas de les mettre en avant sur le site, ni de donner des best practices pour réussir ses rencontres. Mais de s'en servir pour améliorer notre service" explique-t-il. "Pour nous, qui vivons dans ce monde de la data, c'est fascinant. Mais pour l'utilisateur moyen, c'est plus compliqué..." La data pourrait aussi servir à lancer Dataclysm , l'auteur n'exclue pas de faire de nouvelles révélations en open source.

Benoit Zante

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