Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru dans la newsletter du

Ainsi soit EEL, l’OS qui n’enrichit ni Apple, ni Google

Qui ?

Gaël Duval, Pdg d'E Corp, à ne pas confondre avec Gael Duval, Pdg de Jechange.

Quoi ?

La genèse d'un système d'exploitation de téléphone qui ne relève ni de Google, ni d'Apple,  et devrait se baptiser ces jours-ci EEL.

Comment ?

Gaël Duval est un ingénieur entrepreneur depuis vingt ans dans la tech, Mandriva Linux, Ulteo, une société qui édite des solutions libres pour le marché du bureau virtuel, rachetée par le groupe AZNetwork en 2015. Il y a un an, il pousse un cri d'alarme, l'Europe doit conquérir sa souveraineté numérique. "Il y a deux ans et demi, en regardant mon smartphone, j'ai une eu une épiphanie : cet univers s'éloignait toujours davantage du code open source, et devenait l'apanage exclusif d'Apple (20% du marché) et de Google (80%)". Sur l'iPhone, le moteur  installé par défaut envoie tous les jours 6MO de données à Google. Avec un Android, c’est deux fois plus.

L'affaire Snowden a eu beau mettre à jour l'importance de la sauvegarde des données personnelles, "je me suis demandé à ce moment-là pourquoi on s'était laissé faire en acceptant des modèles qui pompent nos données. Pourquoi accepter de ces acteurs ce que jamais on ne voudrait que La Poste fasse avec notre courrier ?". La RGPD a renforcé encore le pouvoir des Gafa, qui ont gagné le consentement de l'utilisateur par la force de leurs services au quotidien. "Il faut passer à l'étape supérieure, avec le privacy by design, où toutes les données nous appartiennent. A l'époque, Laurent Alexandre avait déjà commencé à dénoncer le problème; mais ce qui m'a poussé à agir, c'est mon énervement. On est dans un pays où on est très forts pour dénoncer les problèmes, mais pas vraiment pour proposer des solutions".

Gaël Duval recense alors toutes les briques utilisables pour un écosystème mobile respectueux des données personnelles par design". 95 % des briques étaient disponibles. Mais elles apparaissaient disparates et ne savaient pas parler ensemble". Recréer un système d'exploitation de smartphone from scratch coûterait un milliard d'euros. "En prenant la porte de l'open source, on peut créer quelque chose d'acceptable." Pour démarrer, Gaël Duval expose son projet sur Kickstarter. Il cherchait 25 000 €, pour recruter de bons designers, il en récolte 100 000. "Avec en prime, des messages du monde entier. De type 'on espérait cela depuis longtemps, on n'en peut plus d'avoir le choix entre la peste et le choléra."
Un prototype de smartphone sort en septembre 2018, fruit d'un intense travail d'intégration entre briques disparates. Il propose des services en ligne, un stockage de photos, un moteur de recherche anonyme, un calendrier. 500 beta testeurs l'utilisent au quotidien. Le système est rugueux à l'installation "on travaille à le simplifier, c'est important parce que les fabricants sont souvent liés par des deals avec Google", mais il fonctionne. La société se monte, avec une première brique sous forme d'association à but non lucratif, qui garantit l'esprit et la pérennité du projet. E Corp, la société, travaillera avec des clients en BtoB (flottes d'appareils). Le projet a une envergure mondiale :"Nous finalisons des deals en BtoB avec des pays du Golfe".

En mars, la nouvelle version proposera aussi un app store où les apps sont notées en fonction de leur niveau de privacy. En ligne de mire, 80 % du parc a 3 ou 4 ans . "On vise ces personnes, on veut leur proposer de rafraîchir leur téléphone en installant quelque chose de nouveau". Un partenariat est en cours avec un reconditioneur (30 % du parc de téléphone est le fruit du reconditionnement, la France est championne en ce domaine). "Nous souhaitons  imposer le concept de "fair phone, respectueux des données personnelles". La nouvelle version propose un magasin d'applications, en miroir de Google Play, notées sur le critère de la protection de la vie privée, avec l'outil Exodus Privacy. "Si l'application demande l'accès çà la caméra et au micro, on lui donnera 0/10.

Le projet fonctionne. Il fait très envie. Mais, paradoxe ultime, quand il s'agit de financer le passage à l'échelle (1M€),  les Américains sont plus réactifs  que les Européens...

 

 

 

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