Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

E. Scherer, FranceTélévisions : « pas question de mettre un JT sur Facebook Live, ça ne fonctionne pas ! »

Qui ?
Eric Scherer, directeur de la prospective et du Medialab de France Télévisions, et Martin Gouesse, le rédacteur en chef au Medialab de France Télévisions.

Quoi ?
Une interview sur l'impact du live sur les réseaux sociaux pour la télévision, extraite de l'ouvrage "Go Live - Periscope et Facebook live : mode d'emploi", publié aux éditions Kawa par Pierre-Philippe Cormeraie, Benoit Descary et Damien Douani.

Comment ?

- Quel est votre point de vue sur le Social Live Streaming ?

Le public n'a plus besoin de nous ! Aujourd'hui, aux États-Unis, il y a toujours une ou plusieurs personnes qui filment une scène qui peut faire événement (arrestation, manifestation, accident...). Ces témoins alertent et sont souvent à l'origine d'une info importante.

- Periscope ou Facebook Live ?

Sur Facebook on trouve de l'info, sur Twitter on vient chercher de l'info : c'est également le cas pour les lives. Le propos n'est donc pas forcément le même sur les deux réseaux. Mais faire du live sur les deux plateformes est indispensable. Pour "événementialiser" les lives sur Facebook, un soutien de l'antenne peut être important, avec des renvois sur la page où se passe le live. Sur Periscope, la place à la spontanéité est plus importante. Periscope et Twitter, sont un peu comme une grande agence de presse, l'internaute sait qu'il s'y passe toujours quelque chose, les lives ont moins besoin de "soutien extérieur" pour vivre.

- Est-ce que le "Social Live streaming" va tuer la télévision d'avant ? Et que peuvent faire les chaînes traditionnelles ?

C'est une concurrence stimulante. Les TV ont été lentes à réagir, mais utilisent désormais assez massivement ce nouvel outil. FranceTélévisions l'a fait d'abord en régions et en Outre-Mer, puis au siège et en reportage ou lors de grands évènements (JO, défilé du 14 juillet, lancement de notre chaîne info, ...). Nous avons aussi utilisé le live 360° de YouTube. Mais pas question de mettre un JT classique sur Facebook Live, ça ne fonctionne pas ! Avec Periscope ou Facebook Live, le journaliste participe et fait participer à l'événement. Interpellé, le journaliste répond aux questions et fait évoluer son "reportage" en fonction des demandes et des questions qu'il reçoit. Il prend par la main son auditoire pour lui faire vivre ce qu'il vit. Nous sommes dans le témoignage.

- Qu'est-ce que la combinaison de la vidéo live et des commentaires en temps réel ouvrent comme nouveaux territoires d'expression ?

C'est la poursuite logique de la prise de contrôle de l'audience sur les outils de production et de distribution de l'info. Il faut donc oublier les codes de la télé. En live on est au bord de l'improvisation, dans l'écoute immédiate de son public. L'objectif est d'aller chercher l'audience et se mettre à son niveau, c'est elle qui fait le live en réagissant aux images et aux commentaires. On y retrouve donc les codes d'internet : proximité, écoute de l'audience. Les lives qui fonctionnent le mieux sont ceux qui ont un côté "brut". Le temps est aussi l'ami du Live ! On y reste plus longtemps. Plus le live dure, plus vous faites participer l'audience.

Interview extraite de l'ouvrage "Go Live - Periscope et Facebook live : mode d'emploi", publié aux éditions Kawa par Pierre-Philippe Cormeraie, Benoit Descary et Damien Douani.

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