Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

Quand l’IoT devient source de business, en 3 exemples

Qui ?
Benito Diz, directeur chez TNP Consultants et ex-DSI de Veolia Eau France, Matthieu Faure, directeur marketing d'OfO France et Jean-Marc Léglise, responsable du département Internet et mobile du PMU.

Quoi ?
Le compte-rendu du Petit Club au Partech Shaker : "Shaker l'IoT, Comment exploiter ces nouvelles usines à données ?" du 17 janvier 2018, organisé en partenariat avec Amazon Advertising, Mondadori Publicité, Publicis ETO, Synthesio et TNP Consultants.

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Comment ?

Nous en avons tous au moins un dans la poche. Et dans le monde, on en dénombre plus d'une centaine de millions : les capteurs et autres objets connectés, qui constituent l'Internet des Objets (IoT) ont envahi notre quotidien, de façon visible (smartphones, montres connectées...) ou  moins évidente, dans les domaines du B2B. Mais comment transformer ces milliards de données collectées en nouvel or noir ? Voici 3 cas d'usage, dans les domaines des services collectifs, des transports et du divertissement.

Vers de meilleurs services collectifs grâce aux données de l'IoT

Si le compteur connecté Linky d'Enedis fait beaucoup parler de lui actuellement, la relève et la gestion de compteurs à distance par différents acteurs des services collectifs n'est pas un sujet si nouveau. "Veolia gère plus de 4,5 millions de compteurs connectés, la Saur plus de 500 000 et plusieurs millions pour Suez Eau (ex Lyonnaise des Eaux). Il s'agit finalement des objets connectés les plus courants" rappelle Benito Diz.

La relève de compteurs est souvent complexe, notamment dans les zones retirées : de nouvelles méthodes de collecte délèguent  par exemple à des acteurs de proximité, tels que les facteurs. La généralisation des compteurs connectés vient résoudre ce problème. Avec un avantage : ils collectent les données en continu. "Aujourd'hui, vous recevez une facture d'eau estimée à partir de votre consommation durant les 3 mois précédents. Une régularisation est opérée ensuite une fois par an. Avec la télé-relève, la facturation passe au réel" détaille Benito Diz.

En outre, la technologie permet aux gestionnaires d'eau d'apporter un service bien plus fiable : Les compteurs disposent de plus d'une quinzaine de capteurs différents, utilisés pour la gestion du réseau. Par exemple, ils peuvent permettre, grâce à des vannes équipées de capteurs et interconnectées, de délester un secteur identifié comme problématique.

L'IoT trouve aussi des applications dans le cadre de renouvellement par appels d’offre pour les Délégations de Service Public. En analysant les données issues de compteurs connectés, les gestionnaires d'eau ou d’énergie sont capables de réaliser le modèle de consommation des villes, qui leur permet ensuite de répondre au mieux aux besoins des collectivités. "Une autre particularité est que ces données appartiennent à la collectivité, elles sont de plus en plus proposées en open data par ces dernières" précise Benito Diz.

A l'échelle de la Smart City, l'IoT trouve aussi des applications dans le domaine de la sécurité. En cas d'incendie, par exemple, les pompiers contactent le service de contrôle de l'eau pour obtenir des informations qui vont faciliter leur intervention. Les compteurs connectés et les vannes électro-commandées facilitent la remontée des données sur les travaux en cours, les bornes incendie les plus proches et leur disponibilité. D'autres données peuvent être ajoutées dans ces outils de supervision globale, comme le trafic routier par exemple.

Chez OfO, l'IoT permet de se passer d’une infrastructure coûteuse

Dans les grandes villes, le modèle historique de la location de vélo a été révolutionné il y a quelques années par l'arrivée du vélo partagé. Depuis plusieurs mois, la nouvelle génération de ces services a fleuri dans les grandes villes de France. C’est le cas des bicyclettes jaunes de la marque chinoise Ofo, leader du "free floating" (flotte sans station), dans laquelle Alibaba a investi en 2017.

"Le vélo partagé avec station a d'abord émergé à Lyon, à Paris, puis dans bon nombre de grandes villes. Mais leur installation dans les municipalités de plus petite taille était freinée faute de moyens. La mise en place des stations est très coûteuse. Il fallait donc que les collectivités puissent en supporter le coût, ou trouver d’autres sources de financement telles que la publicité" explique Matthieu Faure, directeur marketing d'OfO France.

Pour se passer de stations, le système OfO repose sur un cadenas connecté, développé et breveté par la marque. Cette pièce unique concentre trois technologies :
1. Le réseau GSM et/ou la 3G
2. Le GPS pour la géolocalisation
3. Le Bluetooth pour faire communiquer le cadenas avec l'application mobile OfO, et ainsi permettre de débloquer le vélo avant utilisation, de le remettre à disposition après usage, ou encore de calculer le temps passé pour la facturation.

Pour être rentable, ce cadenas doit avoir une durée de vie d'au moins 2 ans, de façon autonome. OfO travaille donc déjà sur d'autres technologies moins gourmandes en énergie. C’est le cas par exemple du NFC qui permettra à l'avenir de proposer un service "sans contact" pour débloquer les vélos ou procéder au règlement.

Au PMU, l'IoT permet de lancer de nouvelles offres pour séduire les Millenials

Lancée le 28 janvier 2018 à l'occasion du Grand Prix d'Amérique, le nouveau service de tracking  de Epiqe, la nouvelle marque créée par l'institution des courses, s'appuie, lui aussi, sur l'IoT, mais cette fois-ci dans le but de séduire un public à la fois néophyte et technophile.

L'idée de "connecter" les chevaux de course a germé il y a près de 5 ans au sein de la filière hippique, mais n'a pu être développée qu'à partir de 2016, faute de technologie assez avancée. La filière hippique a ainsi créé, en partenariat avec plusieurs acteurs comme Mac-Lloyd ou Thales, un capteur GPS de 150g et de 25 cm de précision (contre 1 à 3 mètres pour les GPS d'usage plus courant) pour le placer sur la selle des chevaux de course.

Ces capteurs relaient des informations sur la course de l'animal par antenne radio, jusqu'au serveur local installé au sein de l'hippodrome. Ces données sont ensuite utilisées pour apporter un nouveau niveau de lecture (positions des chevaux représentées par infographie, etc.) aux retransmissions de courses sur Equidia, la chaîne du groupe. Un usage pédagogique déjà popularisé par d'autres disciplines sportives comme le football ou le cyclisme.

"Le premier usage de ces capteurs est éducatif. Si vous ne faites pas partie de nos 10 millions de clients, vous ne connaissez probablement pas les codes du monde hippique. Mieux visualiser la position des chevaux, leur vitesse, leur parcours ou courbes d’accélération rend la course plus compréhensible" explique Jean-Marc Léglise, responsable du département Internet et mobile du PMU.

Le spécialiste du pari hippique ne s’est pas contenté de ce premier usage pour son capteur : plus disruptif encore, la filière hippique tente de séduire la nouvelle génération en utilisant les codes du jeu vidéo.  Grâce aux données collectées par ces capteurs et à une modélisation 3D des hippodromes, le PMU est désormais capable de recréer une course et de la diffuser en réalité virtuelle. Les nouveaux joueurs vont pouvoir vivre une vraie expérience de course, avec plus d'informations à disposition, sur son mobile ou avec son casque de réalité virtuelle.

Ces dispositifs sont déjà mis en place dans l'hippodrome de Vincennes. Longchamp, Chantilly et Deauville devraient suivre rapidement, au gré du déploiement d’une logistique, encore très coûteuse, sur les hippodromes.

De nombreux services additionnels restent encore à inventer

"D'ici quelques années, tous les services collectifs seront en mesure de se connecter aux dizaines de capteurs que posséderont en moyenne chaque foyer, pour proposer des services prévisionnels. Par exemple, proposer un plombier lorsqu'une fuite d’eau est détectée. Linky est d’ailleurs conçu dans cette optique ‘Smart Home’pour consolider d’autres données d’objets connectés. C'est ainsi que les données issues d'objets connectés peuvent faire évoluer les business models" explique Benito Diz.

A l'échelle des "Smart Cities", les opérateurs qui gèrent  un réseau peuvent utiliser leur savoir-faire dans les technologies en place et les évolutions (Lora et Sigfox par exemple) pour diversifier le type de données remontées et les associer à de nouveaux métiers. Ainsi, de nouveaux partenariats naissent autour d’offre de gestion de parking ou de gestion des mauvais stationnements.

En plus de séduire un nouveau public, exploiter la donnée collectée par ses capteurs est le principal objectif poursuivi  la filière hippique. Les professionnels "institutionnels" que sont les jockeys et les entraîneurs doivent analyser un grand nombre d’informations pour préparer leurs courses efficacement. Consulter facilement les courbes d'un cheval, retracer son parcours, savoir à quel moment de la course il a porté son effort, permet de mieux comprendre les performances de l'animal. Ces données vont pouvoir également profiter aux joueurs pour mieux préparer leurs paris, ou encore aux journalistes sportifs pour travailler leurs pronostics.

De son côté, OfO se refuse à commercialiser les données collectées et se concentre sur son cœur de métier. La data est donc uniquement utilisée dans le cadre de ses opérations, pour améliorer son service. Pour faire la différence face à ses concurrents la start-up doit avoir le parc le plus actif possible. Les données sont donc traitées en temps réel, afin de faire intervenir des patrouilleurs puis des réparateurs si des problèmes sont détectés.

Cela n'empêche pas OfO de proposer ses données aux collectivités locales, gratuitement, sous quatre grandes conditions :
1. Celles-ci sont agrégées et anonymes, la start-up n’ayant pas elle-même accès aux informations personnalisées,
2. Elles doivent être utiles et utilisées par ces villes,
3. Elles doivent être protégées, ne pas être partagées,
4. Elles doivent être normées.
Elles améliorent ainsi les infrastructures routières, la signalisation, les flux de déplacements, l’intermodalité, etc.

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