Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

Pourquoi Serena Capital fait tout pour être plus qu’un fonds d’investissement

Qui ?
Marc Fournier, fondateur de Serena Capital, aux côtés de Philippe Hayat et Xavier Lorphelin.

Quoi ?
Un zoom sur le modèle de ce fonds "d'entrepreneurs, pour les entrepreneurs", créé en 2008, qui a investi notamment dans LaFourchette, Aramisauto, TVTY, CoorpAcademy, Textmaster, Alkemics, Dataiku, Lengow, Hopwork ou Melty.

Comment ?

"Etre plus qu'un fonds de capital risque" : c'est la promesse affichée par Serena Capital depuis sa création, en 2008. Ses fondateurs, Marc Fournier, Philippe Hayat et Xavier Lorphelin sont tous trois issus  de l'entrepreneuriat. Au début des années 2000, ils avaient ensemble créé Kangaroo Village, l'un des premiers incubateurs parisiens, revendu par la suite à la Société Générale. "C'est là que l'on a découvert le monde des investisseurs. Et on s'est dit qu'il n'y avait pas de raison de mettre en opposition entrepreneurs et investisseurs" explique Marc Fournier.

Depuis 2008, le principe du fonds "d'entrepreneurs pour les entrepreneurs" initié par Serena s'est largement développé en France. Isai (lire aussi notre article), 50 Partners Capital, ou encore le start-up studio eFounders (lire aussi notre article) on fait le même constat : les entrepreneurs ont autant besoin de lever des fonds que d'être accompagnés.

Chez Serena Capital, une équipe de sept personnes est entièrement dédiée à l'accompagnement des start-up du portefeuille, sur des sujets communs tels que les RH, la communication, la finance, le développement produit... "Notre différenciation, tient dans cette valeur ajoutée que l'on apporte aux boards et aux opérationnels des start-up que nous accompagnons. Nous sommes les seuls à avoir ce modèle."

De nouvelles fonctions transverses pourraient prochainement compléter les équipes, autour des fusions-acquisition et du business development. "Nous n'avons pas vocation à faire le travail à la place des start-up, nous venons en support, pour les aider à se structurer. Si on part du postulat que ce n'est pas le meilleur qui gagne, mais celui qui va le plus vite, la vitesse d'exécution est clef." Serena réfléchit aussi à ouvrir un hub aux Etats-Unis, pour accompagner le développement américain de ses start-up, même si celles-ci ne l'ont pas attendu : 90% sont internationales.

Au sein de Serena Capital, deux types de fonds co-existent : Growth 1 et Growth 2, d'une part, et Data Ventures, depuis janvier 2017, de l'autre. Les deux premiers, généralistes, visent des start-up plus matures que le dernier, qui se concentre sur l'amorçage dans le secteur de la donnée. "Plus on est en "seed", plus l'investissement en temps et en aide est lourd : pour faire de l'amorçage, nous avons donc fait le choix de nous concentrer sur le sujet de l'analyse de la donnée, avec trois venture partners spécialisés."

A son actif, Serena Capital affiche cinq "exits" de start-up valorisées à plus de 100 millions d'euros, dont LaFourchette, en 2014 (lire aussi notre article à ce sujet), ou SanteVet, l'assureur des chiens et chats.

Chaque année, le fonds reçoit entre 1 200 et 1 400 dossiers, pour "5 ou 6 investissements". "Nous sommes à la recherche de gens qui capables de porter des projets, en réunissant deux qualités parfois antinomiques : la passion et la capacité d'écoute." Ainsi l'équipe est le premier critère, suivi par le potentiel de rupture du projet, la capacité à devenir leader de son marché, la constitution de barrières à l'entrée et la possibilité pour le fonds de faire une sortie intéressante, à partir de 100 millions d'euros de valorisation.

Serena Capital est financé notamment par des grands groupes, qui recherchent un retour sur investissement, mais pas seulement. "Nous avons une logique industrielle, avec la capacité de leur apporter une veille de marché, d'échanger de manière concrète avec les Business Units pour faire des POC [Proof of Concept], par exemple, mais aussi de faire de l'échange culturel, en étant le trait d'union entre les start-up et les grands groupes."

La dernière success story en date, le rachat d'Aramisauto par le groupe PSA à l'automne 2016, illustre ce pont créé entre les deux univers : l'acquisition est destinée à accélérer la transformation numérique du constructeur automobile. "PSA a compris que la suite du développement d'Aramisauto nécessitait de laisser l'entreprise indépendante, et de faire le contraire d'une absorption. Des passerelles se créent entre les deux, mais uniquement des passerelles. Progressivement, Aramisauto adopte les standards de PSA, et vice-versa."

Benoit Zante

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