Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

Loic Le Meur : « Leade.rs est un projet plus gros que ce que je pensais »

Qui ? 
Loic le Meur, entrepreneur (B2L, LeWeb, Seesmic) et fondateur de Leade.rs.

Quoi ? 
Le point sur la place de marché des speakers du digital et sa première conférence parisienne, le 13 mai prochain, pour laquelle vous avez 50 places réservées ici, à 440€ au lieu de 540€.

Comment ? 

- Pourquoi vous remettre à l'entrepreneuriat ? 

C'est ma septième start-up. A 43 ans je ne suis pas si vieux pour m'arrêter là ! Ce n'est pas une question de travailler plus pour gagner plus, mais plutôt le plaisir de créer. Un projet, ça prend dix ans. Je n'ai plus beaucoup de décennies disponibles... J'ai mis deux ans à travailler sur Leade.rs. J'avais plein d'idées, mais j'ai mis beaucoup de temps à trouver celle-ci, qui était sous mon nez. Tous les jours, on me demande des speakers. Et tous les jours, on me demande ce que je pense d'un événement auquel j'ai été invité. Leade.rs c'est ça : une place de marché entre intervenants et conférences autour d'un logiciel. Par exemple, un organisateur pourra trouver les 20 meilleurs speakers sur les drones. Il s'agit aussi de mieux tirer profit des déplacements : quand un speaker d'Uber vient pour une conférence à Paris, notre place de marché va demander à Orange ou à BNP Paribas s'ils veulent l'entendre pour quelques dizaines de milliers d'euros. On fait pour les speakers de la tech ce que les agents font pour les artistes et la musique. Même si nous aurons une commission moindre que les 20 % de certains agents.

- Comment ça marche ? 

C'est une app avec un moteur de recherche, qui va matcher les agendas en temps réel. Les speakers devront s'habituer à partager leur Google Calendar. Les jeunes sont plus habitués à déjà le faire sur leurs mobiles. Les stars de Vine ne veulent pas parler à quelqu'un, ils veulent une app. Cela a l'air étroit, mais c'est un énorme marché. Pour ce qui me concerne, je génère 100 000 $ par an sans le chercher et sans agent. J'ai plusieurs amis qui tirent 1 million de dollars ou plus de cette activité. Beaucoup quittent leur travail pour ne plus faire que cela. La plateforme multiplie les occasions pour eux d'intervenir. Mais elle les aide aussi à avoir de l'influence, développer leur présence en ligne et mettre en relation avec un éditeur ou des co-auteurs. La place de marché est alimentée par 1 000 curateurs d'orateurs dans le monde, qui soumettent des noms qui sont soumis au vote de la communauté. Elle sera connectée à d'autres places de marché, comme celle de Business Angels. Enfin, les corporate l'utiliseront pour recruter ces leaders ou les mettre au board. Plus je creuse l'idée, plus je vois des possibilités de développement dans tous les sens. Car nous nous appuyons sur un mouvement sociologique : la marque employeur, c'est fini, c'est la marque des leaders, qu'ils soient dirigeants ou à des postes prestigieux dans l'entreprise, qui intéresse tout le monde, des organisateurs de conférence en passant par les médias, et les employeurs.

- Pourquoi organiser la conférence Leaders, ce n'est clairement pas le coeur du business ? 

Cela me manquait d'avoir une scène. Mais effectivement, les conférences, qui auront lieu sur un format de 400 places à Paris et un peu partout dans le monde - il y en aura cinq par an - sont là surtout pour enrichir notre connaissance des leaders dans les différents pays. La conférence de Paris développe un nouveau concept, que m'a soufflé Phil Libin, le fondateur d'Evernote : les speakers désignés désigneront à leur tour un autre speaker, plutôt plus jeune qu'eux et de préférence une femme, pour donner sa vision. Ce qui répond à la lassitude de voir toujours les mêmes têtes d'affiche - qui sont évidemment indispensables et à la nécessité de faire émerger les femmes sur cette scène.

- La différence avec LeWeb ?

Il y a aura beaucoup moins de sponsors, un plus petit format et des gens qui nominent d'autres personnes. L'événement sera géré par le logiciel. Je vais montrer l'app Leade.rs à Paris. Un jour, je n'aurai plus besoin d'appeler les speakers, tout sera automatisé. Autour de l'app, un réseau du curateurs aidera certains à passer le pas, à créer du contenu, à mettre de l'humour dedans. Les speakers vont avoir un profil vidéo, un minimum, quand vous investissez pour faire venir un orateur chez vous. On aura réussi si on devient une source pour TED, Forbes ou Davos.

- Votre financement ?

J'ai 30 business angels, de Red Hoffman à Phil Libin ou Joi Ito, le nouveau patron du MIT. Ou encore Eric Schmidt. Ils ont mis entre 25 000 et 200 000 dollars chacun. Je vous laisse faire le compte. C'est un projet plus gros que ce que je pensais. Parce qu'après, si ça décolle, on peut le décliner secteur par secteur avec la mode, la musique....

Vous utilisez beaucoup Facebook live, mais aussi le mail, pourquoi ? 

C'est fantastique, en racontant mon projet de start up par mail, j'ai 10 000 abonnés, qui ouvrent à 50 %. Et ça génère des effets surprenants. J'avais parlé dans un mail de ma lassitude de toutes ces choses que nous gardons chez nous. Tom McLeod, le fondateur de la start-up Omni a reçu 25 fois ma newsletter, nous nous sommes rencontrés, et j'ai pu entrer dans le capital de cette nouvelle génération de lieux de stockage... qui parle à mon événement parisien. Quant à mes rendez-vous Facebook Live, ils me permettent de tester des idées . Je n'invente rien : les pages Facebook, c'est le nouveau CV. Le Pdg de General Electric l'a parfaitement compris.

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