Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

Pourquoi vous devriez aller (au moins) une fois dans votre vie à C2MTL

Qui ?
Jean-François Bouchard, Président de Sid Lee et commissaire de C2MTL.

Quoi ?
Trois jours dans une conférence pas comme les autres, la 4e édition de C2 à Montréal.

1/ Pour en prendre plein la vue

Oubliez les grands salons du type LeWeb, les conférences de l'EBG et même les TedX... En entrant dans le hall de C2, on se croirait davantage dans une boite de nuit que dans une rencontre professionnelle. Puis on se retrouve dans un musée d'art moderne (la destination première du lieu qui accueille l'événement, l'Arsenal), avant d'arriver... dans une fête foraine, avec sa grande roue et son chapiteau de cirque. L'événement, co-organisé par l'agence de publicité Sid Lee, le Cirque du Soleil (actionnaire de Sid Lee), Microsoft et Fast Company, dispose de grands moyens. Pas moins de 80 sponsors et partenaires divers, de Pepsico à Hydro Québec en passant par Deloitte, s'affichent autour de l'événement. Ils sont remerciés en chanson entre chaque speaker par deux humoristes.

Trois échelons gouvernementaux (l'Etat canadien, la province du Québec et la ville de Montréal) ont même mis la main à la poche à hauteur de 1,75 millions de dollars canadiens (1,30 millions d'euros), ce qui représente 20% du budget ! L'objectif : montrer que Montréal est un centre d'innovation numérique qui compte en Amérique du Nord... et générer des retombées économiques. Le maire de la ville ne s'y est pas trompé : arrivé sur scène en tweetant, il a conclu son message d'accueil d'un "et surtout, dépensez bien votre argent !"

2/ Pour faire des rencontres différemment

Le message des organisateurs de C2 est clair : il ne s'agit pas d'une conférence classique. Pas question d'être simple spectateur : il faut être acteur. Il est difficile d'établir un profil type des 4 000 participants, tant  l’éclectisme semble la règle. D'ailleurs un signe ne trompe pas : les femmes sont bien plus nombreuses qu'à une conférence "tech" classique. Un réseau social, le Hub, permet de planifier les rencontres sur place, en proposant des "offres" ou en faisant des "demandes", sans avoir négligé auparavant de préciser sa "quête" pour l'événement (en Français dans le texte, le bilinguisme étant la norme pendant les trois jours, à tel point qu'on finit par s'y perdre).

Ces sessions de networking peuvent avoir lieu au sommet de la grande roue... ou sur des vélos d'appartement. Et si jamais votre "brain date" vous fait faux bon, on vous remet un lapin en chocolat en guise de consolation. Pour les timides, un comique vient sur scène donner un cours sur la distribution de cartes de visite. L'interactivité des différents ateliers et "classes de maître" permet aussi de mixer les gens, à l'occasion d'un cours de comédie musicale, d'une expérience de réalité virtuelle, d'un brainstorming en suspension dans les airs ou d'un atelier sur le futur de l'automobile électrique. Exemple, avec ce workshop organisé par Tata Communications, réunissant autour d'une même table : une étudiante, une responsable merchandising dans la grande distribution, un entrepreneur dans le domaine de la santé connectée, une spécialiste de l'économie sociale et solidaire, une directrice marketing dans le secteur de la sécurité... et Petit Web.

3/ Pour écouter au même endroit un champion de tennis, un éleveur de criquets ou la VP marketing de Facebook

C2 a la particularité de mélanger des intervenants de tous horizons, pour peu qu'ils soient créatifs, inspirants ou juste capables d'attirer des gens avec leur nom. Cette année, André Agassi, Alec Baldwin et Chelsea Clinton donnaient un côté "people" à l'événement. Utile pour en savoir davantage sur la vie du champion de tennis et de sa femme (Steffie Graf) ou pour découvrir qu'Alec Baldwin aurait pu être joueur de trompette (et que sa femme attend un troisième enfant) - à C2 aussi, on feuillette Voici, mais en live. Parmi les coups de coeur de cette année, retenons plutôt la "game designeuse" Jane McGonigal ou David Rose et ses 'objets enchantés" (que nous avions déjà entendu à l'USI). L'alimentation et l'agriculture, des sujets inattendus, étaient particulièrement bien représentés, avec le chef-entrepreneur-investisseur-philanthrope et "frère de", Kimbal Musk, mais aussi la fascinante "food designer" néérlandaise Marije Vogelzang et le fondateur de Bitwater Farms, Sean McDonald, qui entend convertir les fermiers (et leurs poulets) aux criquets !

4/ Pour tester vos capacités de négociation auprès de votre patron

C2 voulait faire rimer "commerce" (au sens "business") et "créativité" et le pari est gagné : chaque année, l'événement est "sold out". L'an passé, les organisateurs estimaient le montant des contrats signés suite à la conférence à plus de 100 millions de dollars. De quoi justifier le prix du billet d'entrée, à 3850 dollars canadiens (environ 3000€, et à ce prix là, les repas ne sont pas inclus). Pour les Français, il faudra aussi ajouter le voyage et le logement : la participation à C2MTL n'est donc malheureusement pas à la portée de toutes les bourses... Sur les réseaux sociaux, les tweets se partagent d'ailleurs en deux camps : ceux qui sont à C2 et ceux qui critiquent l'événement pour son prix... Les plus prévoyants peuvent d'ores et déjà acheter leur billet pour l'année prochaine, au tarif early bird de 1925 dollars (1415 €). Parmi les intervenants déjà annoncés : la reine du do-it-yourself Martha Stewart et Chip Conley, le "Head of Global Hospitality" d'Airbnb. Alors, rendez-vous l'année prochaine ?

Benoit Zante

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