Philippe Charton, EDF : « la transformation, c’est avant tout une aventure humaine »

Philippe Charton

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Qui ?
Philippe Charton, Directeur projet services collaboratifs et coordinateur de l'e-transformation d'EDF.

Quoi ?
Une intervention lors des TechDays 2015, un énorme salon de trois jours organisé par Microsoft Porte Maillot.

Comment ?

"La transformation, c'est avant tout une aventure humaine" explique d'emblée Philippe Charton, qui explique : "certes, il faut la technologie, mais ce n'est pas si compliqué. En revanche, l'impact sur la culture, sur le management, sur l’organisation, est beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre" Au sein d'EDF, il est en charge de la coordination de "l'e-transformation", qui s'inscrit dans une démarche de transformation plus globale au sein du groupe, à l'image de celle entreprise par son concurrent, E.ON (lire notre article).

Avec l'internationalisation d'EDF au début des années 2000 (50% de l'activité réalisée hors de France), l'ancien service public s'est inventé une nouvelle culture d'entreprise et de nouveaux modes de collaboration, notamment grâce au digital. Mais ce n'est pas tout : le coeur même de métier de l'entreprise évolue lui-aussi à grande vitesse. Philippe Charton résume cette rupture en quelques mots : "on produit de l'énergie, on la transporte et on la commercialise, mais nous faisons aussi face à une rupture technologique avec l'apparition de la production décentralisée, qui change le modèle profondément. Nos consommateurs deviennent en partie producteurs d'énergie." Le réseau doit faire  en sorte que l'offre et la demande s'équilibrent en permanence et en temps réel.

A coté de cette évolution technologique des "smart grids", le défi est aussi humain, avec le renouvellement de quatre employés sur dix en une décennie. "Les générations qui ont commencé à arriver ne sont pas tout à fait câblées comme nous. Comment accueillir toute cette innovation, tout en passant le témoin du mieux possible pour rester performant sur nos métiers historiques ?"

Pour appréhender cette révolution, humaine, technologique et économique, le digital s'avère central. Restait à convaincre en interne. "Cette vision est apparue au milieu des années 2000. Il fallait un sponsoring de haut niveau, dans l'idéal le leader de l'entreprise. Nous l'avons un peu plus maintenant. Mais au début, nous avons commencé par convaincre des personnages clés juste en dessous : le DRH, le DSI et le Dircom, les premiers impactés par cette évolution" se souvient Philippe Charton, qui était alors rattaché à la direction de la communication. Aujourd'hui, il mène l'e-transformation pour le compte du DRH groupe, de la DSI, de la Direction de la Communication et du Directeur des Services Partagés.

Sa recette : s'assurer des "quick win", tout en déployant une stratégie à long terme. "Si on a une vision à 5 ans et qu'on attend 5 ans pour délivrer, ça ne marche pas. Il faut avoir une vision, une direction et des choses qui bougent tous les 5 à 6 mois." Première action, en 2011 : la mise en place d'un réseau social d'entreprise, "parce que c'était dans notre feuille de route le premier ingrédient facile à mettre en place, assez souple et évolutif" complété par un annuaire en ligne des salariés. Cette première étape était aussi bien une question d'outils que de changement mentalités : "dans les premiers temps, les gens attendaient des réponses à leurs questions de la part d'une entité centrale, ils étaient restés dans la logique du mail. Mais très vite, la mécanique s'est installée et ils ont commencé à se répondre entre eux."

"Deuxième étage de la fusée, rénover les services collaboratifs du groupe. Et le troisième, les systèmes d'information coeur, la dernière étape de cette transformation : c'est un chemin d'à peu près cinq ans." Et ensuite ? "On se prépare aussi à faire ce que l'on a fait en interne avec nos partenaires et fournisseurs, et très vite demain avec nos clients. Pourquoi ne pas co-créer des services avec eux?" A suivre...

Benoit Zante

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