Pheed : ce qu’il faut savoir sur le nouveau Twitter

O D Kobo Pheed

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Qui ?
O.D Kobo, fondateur de Pheed, dont l’aventure nous est racontée par Basile Michardière, analyste de Rebellion Lab et auteur sur Silicon-Valley.fr.

Quoi ?
Tout ce qu’il faut savoir sur Pheed, l’application aux 2 millions d’utilisateurs qui pourrait être le nouveau Twitter.

Comment ?

Lancée en octobre 2012, l’application de partage Pheed est devenue la dernière app fétiche des médias US qui la voient déjà rivaliser avec les réseaux sociaux établis. Portée par 2 millions d’utilisateurs, la start-up de Santa Monica est aussi un formidable miroir des tendances qui structurent le web social aujourd’hui.

Un « Tout en Un » par et pour le mobile

Pheed rassemble les éléments essentiels des réseaux sociaux existants, tout en proposant une expérience mobile unique. Application « Content-agnostic », Pheed permet aux utilisateurs de partager indifféremment messages, photos ou vidéos de manière aussi bien publique – au travers de hashtags – que privée avec différents cercles d’amis. Les ingénieurs de Google Plus apprécieront.

O.D Kobo, CEO et co-fondateur explique : « Nous avons tout regardé avec des yeux d’utilisateurs, pour trouver ce qui nous manquait et ce que nous aimerions avoir dans une application. » Cette proximité avec les besoins de l’utilisateur  a donné naissance à une fonctionnalité unique : la diffusion vidéo en streaming live. Après tout pourquoi poster 15 photos d’un concert quand on peut le diffuser en direct à ses amis ?

La fluidité du produit mobile est la clé du succès de Pheed. Une équipe technique resserrée a travaillé pendant 8 mois – alors  que ce type d’application peut être désignée en l’espace de quelques heures – sur les moindres détails de l’interface. Puis a soumis cette version à des mois d’A/B testing pour affiner la moindre nuance de gris. Bilan des courses: Pheed est un produit extrêmement léché avec une navigation intuitive et agréable.

Un public ciblé et actif : les « milennials »

Appelez les comme cela vous chante, digital natives, Génération Y ou encore Milennials : ils représentent 81% des utilisateurs de Pheed (14-24 ans). C’est en pleine connaissance de cause que les fondateurs de Pheed ont désigné le produit pour ce public. À quelques miles des collines d’Hollywood, la start-up de LA est parvenue à fédérer de nombreux people parmi ses premiers utilisateurs, de Justin Bieber à Acacia Brinley. Ces influenceurs ont relayé l’application sur leurs comptes Twitter et Instagram faisant grimper le buzz – et le nombre d’utilisateurs – dans les high schools californiennes. La viralité naturelle du produit a propulsé Pheed sur la 3ème place des applications les plus téléchargés sur l’Appstore.

À l’image de Tumblr dont la croissance est portée également par un public adolescent, la génération millenial devient une audience de choix. Ces technology-enthusiasts kids font un usage intensif des applications sociales. L’utilisateur moyen de Pheed ouvre l’application 14 fois par jour. Ces chiffres illustrent les récents travaux de l’ethnologue Danah Boyd qui font grand bruit dans la Silicon Valley et soulignent le pouvoir libératoire et addictif de la technologie auprès des plus jeunes. Justin Bieber compte plus de followers qu’Obama…

Des solutions de monétisation uniques

Côté investisseurs et observateurs cette fois, le succès de Pheed s’explique par un système de monétisation innovant, centré sur le contenu produit par l’utilisateur. Chaque Pheeder peut choisir de rendre payant l’accès à son contenu (entre $1.99 et $34.99) sur lequel Pheed prélève une commission. Ainsi, pour avoir accès à un contenu exclusif, plusieurs milliers d’utilisateurs se sont déjà abonnés au Pheed David Guetta, Rihanna et autre Lady Gaga.

Si cette solution ne semble pas en mesure de pouvoir générer des revenus suffisants sur le long-terme, il a permis à l’équipe de Pheed d’être financièrement autonome jusqu’à aujourd’hui. Les mains libres de tous VCs ou Angels, l’équipe de Santa Monica a pû consacrer près d’un an au design du produit final.

Plus largement, cette approche innovante renvoie à l’hystérie californienne pour monétiser les applications mobiles gratuites et non-marchandes comme Pheed. La Silicon-Valley est dorénavant très sceptique face aux applications qui viennent au monde sans source de revenu naturelle et l’alternative nouvelle ouverte par Pheed est à ce titre séduisante.

Centrer la création de valeur sur l’utilisateur lui-même évite toute publicité intrusive et fatale pour l’expérience utilisateur mais également l’upgrade Pro et les sections Shoppings souvent douteuses. Ce faisant, Pheed franchit une étape dans la place centrale de l’utilisateur dans le web d’aujourd’hui: l’utilisateur ne fournit plus seulement le contenu mais est également source de revenus.

Basile Michardière
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