Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru dans la newsletter du

Nos coups de coeur des rencontres de l’UDECAM 2019

Qui ?

Raphael de Andreis qui dirige l'UDECAM, Daniel Kretinsky (Le Monde, Elle, Casino...), Pierre Louette, Dg des échos et du Parisien, Louis Dreyfus, Dg du Monde, Anna Bateson (en photo), Chief customer officer, The Guardian.

Quoi ?

Nos coups de coeur des 13° rencontres Udecam, à qui nous attribuons des pépitos pour la circonstance.

Comment ?

Le pépito des convictions : Daniel Kretinsky

Dans un Français parfait, le Tycoon tchèque Daniel Kretinsky a gagné la bataille de l'attention de cette conférence, en choisissant de raconter le "purpose" de ses investissements. Il s'agit, tout simplement, de défendre la démocratie. « Pourquoi investir dans la presse ? Parce que la presse est le pilier du journalisme responsable. Les infos doivent être indépendantes, équilibrées, transparentes sur les sources. Quel contraste avec la digitalisation et son flux sauvage d'infos de qualité inconnue ! Les journalistes ont besoin de temps. Les GAFA ont les pages gratuites UGC et donnent un petit morceau aux médias. Il faut arrêter cela. Facebook doit avoir la même responsabilité que les médias. Une partie de la société suit toujours le journalisme mais est confronté aux infox. Et surtout, les. jeunes ne suivent plus les produits journalistiques. Le journalisme traditionnel a pour rôle de former les citoyens, en leur donnant l'info et en expliquant le contexte". Il ajoute, devant une salle captée par sa sincérité : "Dans les restaus français on pouvait entendre un débat de qualité politique dans les restaus routiers. Ce n'est plus le cas. Les jeunes ne comprennent plus la politique. La vague populiste est largement la faute des citoyens qui ont cessé e suivre ce qui est pertinent et de se former à ce qui est nécessaire au droit de vote ». Une intervention pleine d'émotion. Les salariés du quotidien, qui exigent d’obtenir avant le 17 septembre un droit d’agrément en cas de changement de contrôle en faveur de Kretinsky, apprécieront. Car comme l'écrit Amaury de Rochegonde, "la démocratie ? La défense de l’Europe ? Ils voient surtout dans le magnat tchèque un industriel de l’énergie intéressé par les affaires en France. S’il a démenti vouloir entrer dans Engie, il a pris 4,7% de Casino… et Le Monde a révélé qu’il avait rencontré des hommes politiques français car il avait des vues sur EDF."
En échos à Daniel Kretinsky, Pierre Louette, le patron des Echos et du Parisien, a appelé ses confrères à ne pas être les « idiots utiles » du numérique, autrement dit, à ne pas fournir grâcieusement à Facebook les contenus qui lui permet de capter le temps de cerveau des internautes et les revenus publicitaires qui vont avec. « Les prises de conscience sont assez longues et notamment dans le digital. La presse a perdu la moitié de ses revenus publicitaires en 10 ans. Il y a des enjeux de droits de la concurrence qui se posent. Il n’y a pas de fatalité d’être les idiots utiles, les serfs numériques ramassant les glands des géants du Net, en produisant du contenu qui va être repris par les empires digitaux… Je ne crois pas à la fatalité d’un monde composé de quelques géants et de nains autour. Nous, médias de contenus, serons des acteurs des transformations qui préservent nos écosystèmes. »

Le pépito de la dissonance : Louis Dreyfus

Intervenant en clôture de la matinée, l'intervention de Daniel Kretinsky formait un contraste saisissant avec celle de Laurent Solly, Dg France de Facebook, dialoguant avec Louis Dreyfus sur leurs accords.

"Facebook est le deuxième levier de recrutement d’abonnés, après nos sources directes de recrutement qui représentent 85 % tu total sur recrutement", a expliqué le patron du Monde. Laurent Solly a expliqué son "purpose" : « Nous voulons aider les media comme Le Monde a utiliser les outils qui ont fait le succès de Facebook. »

Ainsi, Le Monde lance dimanche prochain une série de vidéos sur des sujets environnementaux dans notre quotidien sur Facebook Watch pendant 44 semaines chaque dimanche à 21h30. Idem pour BFM TV? qui lance une émission politique journalière avec Bruce Toussaint.


Le pépito de l'alignement : Anna Bateson, chief customer officer du Guardian

En 2015, le Guardian perdait beaucoup d'argent. Quatre ans plus tard, il est à l'équilibre.

« Depuis trois ans on a répondu à notre crise.  La disruption est la constante dans notre activité et on doit être habitués à cela. Il faut savoir qui on est, être fidèle à ses valeurs,  se fixer un cap et expérimenter toujours ».

La recette nous est donnée par sa chief customer officer, une fonction créée il y a deux ans : « Etre claire sur ce qui vous différencie, mettre le lecteur au coeur et ne pas oublier l'humanité de l'audience. Chez nous, mettre le lecteur au centre n'est pas un vain mot ». Mettre le lecteur au centre, c'est aussi « se centrer sur sa relation avec le titre, ce qui la rend spéciale, c'est la confiance qui nous lie. Dans un monde de fake news, nos lecteurs valorisent la confiance et le journalisme indépendant. Nous voulons mieux connaitre nos lecteurs pour mieux les servir. Les lecteurs veulent être entendus et leurs opinions sont différentes de celles des journalistes ».

Le journal a 200 ans, pas de millionnaire actionnaire, mais une fondation. En 18 ans, grâce au digital, le titre est passé de 2,5 M d'utilisateurs à 115 M, 30 % en Grande Bretagne , 30 % aux USA et 40 % dans le reste du monde. « Nous avons décidé de ne pas faire de paywall, mais de solliciter nos lecteurs sur un mode volontaire. Cela nous a valu des railleries, nous traitant de mendiants. Nous ne savions pas où ça allait nous mener. Nous avons expérimenté. Mais aujourd'hui, les revenus émanant de nos lecteurs ont dépassé nos revenus publicitaires ». Et c'est dans ce domaine que le journal a le plus d'ambition : The Guardian veut passer de 665 000 à  à 2 M de souscripteurs volontaires en 2022.


Le pépito de l'optimisme, Raphael de Andreis, Havas/Udecam

Raphael De Andreis (Havas, Udecam) a fait un honnête mea culpa : « On a trop regardé le clic, sans l’image de marque, il  n’est pas si important. Le temps de renouveler la biodiversité est venue. De nouvelles espèces de médias sont apparues, elles offrent des nouvelles opportunités de contact de manière vertigineuse ».Le patron d'Havas cite la Sainte alliance des chaines télé dans le streaming, avec le log unique, et celui de la presse et son sign in.
En sortant de l'UDECAM, on pouvait ainsi prévoir des lendemains qui chantent pour les médias, soutenus par différents projets de réglementations. Il faut dire qu'Apple, Amazon et Google étaient beaucoup plus discrets dans cette matinée que dans les plans média des agences média et des annonceurs.

Mais à considérer  les avancées des géants sur chaque innovation législative de l'Europe (voir notre papier), et les parts de marché des grandes plateformes et de Digital Ad Trust, le front uni des média, on peut légitimement se demander si la biodiversité des médias, en France ne se résumera pas bientôt à quatre belles plantes...

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