Newsletter du Lundi
20/09/21

Paru dans la newsletter du

Nick Clegg, Facebook : « Nous ne voulons pas retenir l’utilisateur 5 mn de plus, mais le garder 20 ans… »

Qui ?
Nick Clegg, vice président des affaires publiques de Facebook (et ancien vice Premier Ministre du Royaume Uni) , en conversation avec Aurélie Jean, chercheuse en IA.

Quoi ?
"Conversation avec Facebook, tout savoir sur l'algorithme derrière le fil d'actualité", un webinar d'une heure, la semaine même où l'oversight board rendait son avis sur le bannissement du président Trump de la plateforme (voir aussi notre article sur the réal Oversight comitee).

Comment ?

La même semaine, Facebook proposait une « conversation » avec Nick Clegg et Aurélie Jean, qui faisait un peu de la figuration scientifique) sur la régulation des algorithmes. Et une treintaines d’activistes s’exprimaient devant 13 000 personnes, sur l’avis de l’versight board concernant le président Trump (voir notre article). Aurélie Jean a distingué deux familles d'altos : " les algos implicites et explicites. Dans les algorithmes explicites, les règles sont définies par les êtres humains. Les algis implicites sont entrainés par le machine learning."

Le classement des contenus sur Facebook est-il biaisé par la machine ? Qui décide du contenu que je vois ? Pour Nick Clegg « Facebook doit rassurer les utilisateurs, les machines n’ont pas pris le contrôle. La plateforme s’est engagée dans une démarche de transparence, en expliquant aux utilisateurs pourquoi ils voient telle publicité ou tel contenu recommandé. Chaque fil d’actu est unique à l’individu.   Regarder l’algo ne veut rien dire. Ce sont les interactions et l’utilisation des données qui importent. La plateforme va favoriser la transparence sur ses Lagos. " On peut savoir en cliquant, et prendre des décisions à la place de l’algorithme" explique Nick Clegg.
En 2017, il y a eu un changement majeur : Facebook pour privilégier interactions qui ont du sens avec ami et famille plutôt que des nouvelles ou du contenu sensationnel. "Cela a occasionné 50 M h de baisse de conso et à une  baisse du cours boursier. Les utilisateurs nous ont dit qu’ils ne voulaient pas de contenu politique sur Facebook. On peut choisir de voir moins de publicité politique, car dans certains pays, i y en a beaucoup. L’information représente 4 % du contenu du fil d’actualité, et on va jouer dessus"."Aujourd’hui, l’utilisateur peut garder le classement du fil d’actualité, ou l’éteindre, pour l’avoir de manière chronologique. Ce n’est plus caché. Et bientôt, il pourra composer lui-même son propre fil d’actualité, décider s’il veut avoir plus ou mois de contenus sportifs, de cuisine ou de politique." Facebook va publier plus de détails sur les signaux dont elle se sert,  pour les algorithmes (device, heure, amis, groupes…). La société se sert d’enquêtes auprès de son public, sur ce qui a du  sens pour lui, ce qu’il aime, et il transforme ces signaux. Dans les prochaines semaines, les pièges à clic et le contenu sensationnel  se retrouveront  tout en bas de la page des utilisateurs".

La plateforme se défend de tordre l'agorithmepour retenir ses utilisateurs toujours davantage. On sent que le documentaire The social dilemma, vu par 38 millions de personnes  sur Netflix, est passé par là : "Certains nous accusent de toujours oeuvrer pour que nos utilisateurs restent davantage de temps sur Facebook. Mais ce n’est pas vrai. Nous voulons vous garder 20 ans, pas 10 minutes supplémentaires !".

Pourquoi l’algo de Facebook fait il peur ?
A noter, la même semaine, la messagerie Signal  concurrente de Whatsappmenait campagne sur la façon dont le groupe Facebook cible ses utilisateurs (voir l'annonce ci dessous).  La logique ? "C'esttoujours beaucoup plus effrayant de voir en pratique la manière dont vous êtes ciblés personnellement. mais la campagne a été censurée d'Instagram (voir cet article)...

Nick Clegg ne cite pas cette campagne. Mais il évoque deux raisons qui expliquent la peur des algos : « la discrimination technologique ; quad on contstruit l’algo, il peut y avoir des biais, introsuits par le développeur, les critères et données utilisées pour l’apprentissage de l’IA. Elles peuvent aussi représenter une époque révolue. Mais pour Aurélie Jean « Les algos impactent notre vision du monde, la polarisation, la démocratie. Les cluster de Facebook, basés sur des critères de comportement, utilisés à l’extrême, peuvent créer des bulles ».

Le vice-président de Facebook ajoute , "on antropomorphise les algos. Mais ce ne sont pas des créatures qui ressentent des choses.  La Commission Européenne, dans sa premère tentative   de régulation des IA essaie d’établir une distinction entre applis IA risquées ou pas risquées. On ne doit pas traiter tous les algos de la même manière Les études académiques n’ont pas montré de preuves de l’existence de bulle de filtre et pas de cause à effet sur la polarisation. Au contraire, une étude de Stanford montre que la polarisation s’est affaiblie dans les pays ou les usages des réseaux sociaux ont progressé. Ainsi, sur la polémique concernant le vote par correspondance aux dernières élections présidentielles américaines, le facteur le plus polarisant était l’information télé. Le plus grand signal pour le newsfeed, c’est qui sont vos amis .Du coup , il y a une plus grande diversité de points de vue qu’en télé."

Aurélie Jean  met un bémol aux affirmations de Nick Clegg :  « Je comprends ce que vous dites, mais il faut prendre en compte  l’intensité et impact du phénomène. Sur Facebook,la polarisation est moins forte mais l’impact est plus fort. Les réseaux sociaux peuvent faire des choses positives pour les petites entreprises, mais il faut aussi garder la trace de ces effets sur la durée, pour enrayer les impacts négatifs ».
Aurélie Jean ajoute, en répondant à une question de Christophe Cousin, le coordinateur entre l’ARCEP et le CSA : « il  faut une collaboration entre le monde académique et les régulateurs pour bien rédiger . Dans le gouvernement Biden, il y a  beaucoup d’ingénieurs et de scientitifiques. Le RGPD est une bonne leçon, il y a beaucoup trop d’ambiguité  technique dans sa rédaction. »

Conclusion du vice président de Facebook : « Je suis inquiet du débat législatif, qui empêche ou bloque. Les technologies créent de l’autonomie, les gens peuvent partager comme jamais. Les acteurs économiques doivent agir main dans la main pour construire la légslation. »

  

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