Newsletter du Lundi
14/09/20

Paru le

Comment Mastercard travaille sur les moyens de paiement du futur

Qui ?
Chris Kangas, à la tête des paiements émergents chez Mastercard à Bruxelles (en photo) et Johan Lindstrom, Vice-Président du Commerce digital Europe à Londres.

Quoi ?
Alors qu'Apple Pay débarque en Europe, un aperçu de ce que concocte Mastercard en matière de paiement dans ses laboratoires européens.

Comment ?

Le constat s'impose : la carte de paiement et la monnaie disparaîtront un jour au profit d'une dématérialisation complète. Le glas n'a pas encore sonné mais la convergence a déjà commencé. Le mobile fait office de trait du d'union entre le paiement physique et le paiement digital.

Le rapprochement de ces deux mondes est la mission deux évangélistes de Mastercard, qui travaillent avec leurs équipes sur des dizaines de cas d’usages. "Nous ne savons pas à quoi ressemblera le paiement aujourd’hui, il faut explorer toutes les directions et laisser les utilisateurs décider", explique Johan Lindstrom. Et les POC (Proofs of Concept) ne suffisent pas : "les consommateurs s’attendent à ce que toutes les innovations technologiques fonctionnent ensemble sans couture."

"Si ce n'est pas intégré au reste du parcours d’achat, cela ne marche pas" ajoute Chris Kangas. Mastercard a fait de la planète un laboratoire grandeur nature. Des initiatives sont lancées à l’échelle d’une ville ou d’un pays, puis sont scrutées à la loupe. La dimension psychologique et culturelle est aussi à prendre en compte : le paiement correspond pour beaucoup de personnes à un échange tangible. "Il existe des personnes qui gèrent encore leur budget en retirant le lundi au distributeur le montant qu’elles vont se permettre de dépenser dans la semaine."

Chris Kangas travaille sur le paiement sans contact. Voilà 10 ans qu’on prédit au NFC un décollage imminent. "A tort, c’est vrai, mais l’entrée en jeu d’Apple, Google et Samsung change la donne". Et les années passées à équiper les magasins de terminaux de paiement sans contact et à lever les freins à l’adoption (la sécurité par exemple) n’auront pas été vaines. C’est le terreau parfait pour permettre aujourd'hui au "Mobile Wallet" d’exploser. Les smartphones nouvelle génération sont tous équipés, même l’iPhone et l’Apple Watch. Apple a une fois de plus opté pour un système fermé, Apple Pay, mais le signal au marché est là. Peu de gens le savent, d'ailleurs, mais Mastercard constitue la base technique de sécurisation de paiement d'Apple Pay.

A Londres, la société a travaillé avec Transports for London pour intégrer le paiement sans contact directement sur les bornes du métro : plus besoin de faire la queue pour acheter un ticket ou recharger son Oystercard, un "tap" de sa Mastercard ou de son smartphone NFC permet de passer les tourniquets. Le projet a mis 8 ans à voir le jour, en septembre 2014, mais le succès est au rendez-vous : TFL compte 1 million de "taps" sans contact par jour.

Pour résonner auprès des individus, les innovations doivent résoudre des points noirs de l'expérience d'achat. L’année dernière, Wagamama, une chaîne de fastfoot londonienne est venu voir Mastercard avec deux problématiques : comment diminuer le temps passé à encaisser les clients ? Et comment aider les employés à mieux gérer les additions partagées. Le chiffre d'affaires d'une journée se concentre sur un créneau de 3h le midi, chaque minute compte pour améliorer le rendement. Avant le produit MasterPass "Pay at a table", chaque client passait en moyenne 12 minutes à attendre sa note puis à payer. Le temps a été réduit à une minute, au grand bonheur du restaurateur comme des clients qui détestent attendre pour payer.

Le "Masterpass" est proposé sur le web et le mobile. Check-out en un clic, il remplace toutes les pages du tunnel de paiement et les formulaires de coordonnées. En France, Lastminute.com et PriceMinister l’ont déjà mis en place. Il peut se connecter à tous les wallets des partenaires de MasterCard. Seul bémol, une connexion identifiant/mot de passe est nécessaire. Certains trouveront l'innovation pratique, d'autres râleront en entamant une énième procédure de "mot de passe" oublié.

La sécurité et la crainte de ne plus avoir de batterie au moment de payer sont aussi au cœur des préoccupations. Mastercard travaille sur de nouvelles solutions de sécurisation "cloud-based" qui permettent aux banques de s'émanciper des accords bilatéraux avec les opérateurs téléphoniques ou les constructeurs de smartphones. Les nouvelles transactions sans contact devraient bientôt pouvoir être effectuées sans batterie.

Monelle Barthélemy

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