Newsletter du Lundi
12/11/19

Paru le

Comment la voiture autonome et connectée va transformer TOUTE notre vie

Qui ?
Brad Templeton, ancien président de l’Electronic Frontier Fondation, membre de l'Université de la singularité et ancien consultant pour le projet Google Car.

Quoi ?
Une présentation à l'USI 2016 sur le futur de l'automobile... et de notre vie quotidienne.

Comment ?

Depuis six mois, les annonces fusent, de BMW (avec son iNext prévu pour 2021) à Citroën (avec un trajet Paris-Bordeaux réalisé sans toucher le volant) en passant par Fiat-Chrysler (qui s'allie à Google), GM (qui veut tester des taxis sans chauffeur avec Lyft en 2017) ou Toyota (qui a annoncé l'ouverture d'un centre de recherche sur l'intelligence artificielle et la robotique dans le Michigan). Sans oublier les chinois, plus discrets mais non moins actifs sur le sujet. Les équipementiers, comme le Français Valeo, sont aussi en première ligne. C'est l'effet Tesla : en générant plus de 320 000 pré-commande de sa Model 3 en quelques semaines, la marque d'Elon Musk a agité le marché. En octobre 2015, déjà, par une simple mise à jour du système d'exploitation, il avait rendu la Model S presque autonome sur autoroute...

L'intérêt d'Apple, Google ou Uber pour le véhicule de demain n'est pas non plus étranger à ce mouvement. Google a une longueur d'avance, à la fois grâce aux données de Google Street View, qui a cartographié les principales agglomérations mondiales, et à sa Google Car, qui a déjà parcouru 2,6 millions de kilomètres "et ce, dans les rues de vraies villes" précise Brad Templeton. Pour répondre à Google sur le sujet de la cartographie, Audi, BMW et Daimler se sont alliés à l'automne 2015 pour acheter la division cartographie de Nokia, Here (ex Navteq) pour 2,8 milliards de dollars. Amazon et Microsoft pourraient rejoindre le consortium.

A l'avenir, Apple ou Google n'ont sûrement pas vocation à ouvrir des usines automobiles : ils sont davantage intéressés par les données et le software que le "hardware" : ils auront besoin de l'appui des constructeurs. Mais qui acceptera de devenir le Foxconn de l'Apple Car ou de la Google Car ? "Un Daimler est suffisamment fier pour refuser de fabriquer les voitures d'Apple ou de Google. Mais quid d'un constructeur chinois ? Ou même d'un Peugeot ?" Fiat-Chrysler a, lui, déjà accepté de collaborer avec Google, en fournissant des véhicules de test. "C'est un bon point de départ pour une entreprise qui donnait l'impression de ne rien faire" estime Brad Templeton.

Pour l'heure, le véhicule 100% autonome reste encore au stade de l'expérimentation, avec des tests réalisés principalement en milieu fermé ou dans des zones délimitées. A travers le monde, la législation évolue pour favoriser ces tests : "les politiques prennent conscience de l'importance stratégique du sujet : ils ne veulent pas que les expérimentations partent ailleurs." Volvo a ainsi annoncé qu'il mettra en circulation 100 véhicules autonomes à Goteborg en 2017. Le constructeur suédois a aussi annoncé des tests à Londres et en Chine. "Pour l'instant, ces véhicules fonctionnent de façon autonome dans 99% des cas, alors que c'est 99,99% qu'il faut viser. Le dernier pourcent sera bien plus difficile à atteindre."

Surprise : la France est pionnière du sujet. L'entreprise Navya, basée à Lyon et Paris et financée à l'origine par le fonds Robolution Capital (lire notre article sur le sujet) propose des bus électriques et sans chauffeurs fabriqués en série depuis octobre 2015, pour des usages en milieu fermé. Ceux-ci sont notamment utilisés sur la centrale nucléaire de Civaux.

Avec le véhicule autonome, c'est tout notre rapport à la mobilité et aux déplacements qui va se transformer. "Daimler, notamment, a montré sa volonté de faire les choses différemment : avec leur service Car2Go, ils ne raisonnent déjà plus en vente de véhicules, mais en vente de trajets." Même mouvement chez BMW : DriveNow, un service d'autopartage lancé en 2011 avec le loueur Sixt, vend des voitures "à la minute". "Uber a montré le chemin du transport du futur, une mobilité à la demande, sur des routes existantes. Aujourd'hui, on se demande encore quelle voiture acheter, en fonction de ses besoins pour les années à venir. Demain, on se demandera de quel véhicule on a besoin, à cet instant, pour un trajet en particulier. Toute l'économie de l'automobile va changer."

Et ce ne sera pas le seul changement, loin de là.

"Les voitures occupent une telle place dans nos vies et nos villes que lorsqu'elles vont se digitaliser, notre vie va changer" explique Brad Templeton. Le véhicule de demain, autonome, connecté, et - probablement - électrique sera aussi plus intelligent : l'utilisation des véhicules va pouvoir être optimisé grâce à l'intelligence artificielle, ce qui aura un impact sur les villes. "Les parkings vont se vider, mais que vont devenir ces espaces ? Et il y aura aussi plein d'autres changements dans le domaine de l'immobilier, car le rapport aux distances et aux temps de trajet va être bouleversé. La voiture autonome va avoir le même impact que lorsque le train a remplacé les voyages à cheval."

La livraison et la logistique, et donc le commerce, seront aussi parmi les premiers secteurs à être touchés, car le véhicule autonome prendra de nombreuses formes, du camion à la mini-voiture livreuse de pizza. "Il va devenir possible de déplacer des produits aussi facilement que des données." Energie, assurance, commerce, immobilier, santé, médias... les domaines impactés par la révolution de la voiture autonome et connectée semblent innombrables.

A quelle échéance ? "Une fois que les tests locaux auront fait leurs preuves et qu'ils auront prouvé un business model, ce sera la ruée vers l'or. Regardez à quelle vitesse Uber s'est étendu à travers le monde." Brad Templeton prédit cette ruée vers l'or pour le milieu des années 2020.

Benoit Zante

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