Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

C. Grèzes, Linkcity : « La co-création, c’est remettre l’humain au coeur de l’innovation »

Qui ?
Christine Grèzes, Directrice Développement Immobilier au sein de Linkcity, filiale de Bouygues Construction.

Quoi ?
Un point sur les transformations à l'oeuvre dans le secteur du bâtiment et de la construction, à l'occasion de la MaddyKeynote 2018, où Christine Grèzes intervenait.

Comment ?

- Quel est l'impact du numérique sur vos métiers de la promotion et de la construction immobilière ?

Cela commence dès la phase de la conception des projets, avec la révolution qu'apporte la maquette numérique, le BIM. Dès le début, nous avons désormais une base de donnée qui centralise toutes les informations sur le projet. Ça permet aux différents acteurs du projet d'avoir une vision commune sur le bâtiment et donc de mieux anticiper les choses. Après la construction, cette outil devient le carnet de santé du bâtiment, avec toutes les données clés. Tous nos grands projets utilisent déjà le BIM, c'est quelque chose qui va devenir systématique. Le BIM est le premier grand champ de la transformation numérique dans nos métiers, mais il est clair que l'impact est notable sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'immobilier et de la construction. Le numérique permet notamment de mettre en place des bâtiments intelligents, avec l'intégration de capteurs et d'objets connectés, dans le cadre du "smart home" et du "smart office", des fonctionnalités très attendues par les utilisateurs.

- Vous utilisez justement de plus en plus les outils numériques pour vous rapprocher des utilisateurs finaux de vos bâtiments...

Le numérique est un levier de co-construction et de concertation : il nous permet d'élargir la population que nous pouvons consulter, en touchant des gens qui ne se rendent pas dans les réunions publiques. Des outils nous permettent de commencer à développer une appropriation du projet par les riverains très en amont, tout en faisant remonter leurs attentes en termes de services de proximité. Il  trouve aussi sa place dans les ateliers de co-création que nous organisons avec les habitants et les différentes parties-prenantes des programmes immobiliers :  nous utilisons de plus en plus des outils de réalité virtuelle pour mieux visualiser les projets et simuler différents choix. Notre "serious game" de design thinking, Cityplay, que nous utilisons dans ces ateliers, est en train d'être digitalisé. Par la suite, nous pouvons aussi fédérer des communautés autour de nos programmes, en nous appuyant sur les personnes qui ont participé aux ateliers. Plus on va entendre en amont les attentes et les craintes des habitants, mieux on peut construire les projets.

- C'est aussi un moyen d'éviter des recours et délais ?

Oui, on se prémunit ainsi face à un certain nombre de risques, de recours ou d'opposition aux projets. Mais surtout, avec la co-création, on met l'humain au coeur de l'innovation : faire exprimer aux gens leurs craintes et leurs envies permet de donner du sens aux projets. On peut ainsi éviter de faire de l'innovation pour de l'innovation, sans partir des attentes. Un exemple : on observe dans le domaine de l'énergie beaucoup d'innovation qui ne sont pas attendues par les utilisateurs finaux, alors que les collectivités poussent dans ce sens. A contrario, on voit remonter beaucoup de demandes pour des services collectifs, de proximité. Cette démarche de co-construction permet de prendre en compte les spécificités de chaque situation locale.

- Vous travaillez aussi sur le mode de la concertation avec d'autres acteurs industriels : comment cela se passe-t-il ?

Nous travaillons actuellement sur un "démonstrateur industriel de la ville durable", avec l'établissement public d'aménagement de Marne La Vallée. A huit acteurs aux expertises complémentaires, dont Cap Gemini, la RATP ou Enedis, nous imaginons ensemble les innovations que nous pourrons y intégrer, en travaillant les interactions entre le bâtiment, la mobilité, les données... Nous réfléchissons par exemple à comment les véhicules électriques pourraient devenir des instruments de stockage de l'énergie produite par le bâtiment. En mettant tout le monde autour de la table, on créé un écosystème d'acteurs qui cherchent des solutions nouvelles, qui ont vocation à être mises en oeuvre à partir de 2020. Avec une particularité : le lieu d'implantation n'a pas encore été défini. C'est très nouveau de travailler autant en amont sur ces sujets.

Propos recueillis par Benoit Zante

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