Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

Qui se cache derrière YikYak, l’application qui fait peur à Twitter ?

Qui ?
Brooks Buffington et Tyler Droll, les discrets co-fondateurs de YikYak.

Quoi ?
Une intervention à SXSW 2015 sur les success-story de YikYak, l'application phénomène qui a conquis les campus américains.

Comment ?

Yik-Yak est un OVNI dans le paysage des applications : en partant de Caroline du Sud, et non de San Francisco ou Harvard, ses deux fondateurs ont réussi à séduire plus de 2 millions d'utilisateurs et à se faire une place sur le marché ultra-encombré des applications de chat anonyme (cf. Whisper, Secret, PostSecret...). Au point de déclencher les passions : l'application est régulièrement brocardée par la presse, pour des cas de cyber-harcèlement. Ses deux fondateurs sont particulièrement discrets : ils avouent préférer parler avec la presse étudiante plutôt qu'avec la presse tech ou grand public. Sur la scène de SXSW, ils arborent de magnifiques chaussettes vertes reprenant leur mascotte. Au début, ils semblent un peu gauche et perdus - les restes de la soirée de la veille ? -, mais ils parviennent rapidement à captiver leur public avec la success story de leur start-up.

https://www.youtube.com/watch?v=O825ko-BK0k

Brooks Buffington et Tyler Droll se sont rencontrés à Furman, une petite université de Caroline du Sud, où ils étaient dans la même fraternité. En octobre 2013, ils lancent leur application sur un principe simple : interagir de façon anonyme avec les étudiants à 50 mètres alentours, à l'échelle de la bibliothèque ou du dortoir. "Nous avons passé beaucoup de temps à améliorer la précision de la géolocalisation avant de nous lancer... mais très vite, les utilisateurs nous ont fait comprendre qu'ils voulaient interagir avec tout le campus" explique Brooks Buffington. Désormais, le rayon d'action de l'application est de 10 miles (16 km).

Si l'idée de l'application n'est pas révolutionnaire, le mode de diffusion est particulièrement intéressant. Il rappelle celui de Facebook à ses débuts. En effet, les fondateurs se sont concentrés uniquement sur les campus universitaires, en commençant par celui de Georgia Tech à Atlanta, où YikYak a maintenant installé son siège. "On allait sur les sites de toutes les universités pour repérer la liste des associations étudiantes. On rentrait les adresses e-mails de tous les responsables dans un tableau Excel. Et chaque jeudi, on envoyait des milliers de mails personnalisés" se souvient Brooks Buffington. "Après notre succès à Georgia Tech, on a été voir Université de Georgie à coté, on leur a dit 'ça craint, tout le monde à Georgia Tech utilise notre appli et pas vous', et ainsi de suite."

Quelques mois après le lancement, l'application entre dans le top 10 des appstores et profite à plein de l'effet "Spring Break", qui mixe des étudiants de toute l'Amérique. Mais au retour des vacances, c'est la douche froide : l'application s'est aussi faite une place dans les lycées et collèges, et les premiers cas de "cyber-bullying" remontent. Pour enrayer le phénomène, les fondateurs prennent une décision surprenante : ils interdisent l'accès à tous les lycéens, en "géo-fençant" l'ensemble des collèges et lycées des Etats-Unis. "Les ados n'utilisent pas l'application de la façon qu'on souhaite, ils ne sont pas assez matures. Aujourd'hui encore, si vous ouvrez l'application à proximité d'un lycée, vous ne pouvez pas l'utiliser" explique Tyler Droll. "95% de nos utilisateurs sont à l'université. Mais si vous écoutez la presse, vous avez l'impression qu'il n'y a que des ados." L'anonymat de l'application n'est pas pour autant remise en cause : pour les deux fondateurs, c'est un moyen de gommer les différences de race ou de classe sociale.

YikYak se concentre toujours sur les universités, avec une nouvelle priorité : l'international, à commencer par les pays anglophones. L'application évoluera ensuite avec ses utilisateurs, "à la manière de Facebook qui a fait de nombreux changements dans son produit au fil des années". Pour cela, l'application a levé au total plus de 73 millions de dollars, à une valorisation comprise entre 300 et 400 millions de dollars. En chemin, YikYak va devoir se frotter à des acteurs comme Twitter, qui a renforcé ses fonctions de géolocalisation... Et la monétisation dans tout ça ? "Ce n'est pas encore une préoccupation, on réfléchit d'abord à l'expérience utilisateur" explique Tyler Droll, entonnant le refrain bien connu des start up US.

Benoit Zante

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