Newsletter du Lundi
20/05/19

Paru le

Comment Keolis prépare la mobilité du futur en collaborant avec des start-up

Qui ?
Laurent Kocher ‎Directeur exécutif, marketing, innovation et services chez Keolis.

Quoi ?
Une interview, pour comprendre comment cette filiale à 70% de la SNCF collabore avec des start-up pour imaginer la mobilité de demain.

Comment ?

- Depuis l'automne, Keolis expérimente des navettes sans chauffeur à Lyon : pouvez-vous nous en dire plus ?

Il s'agit du premier service régulier réalisé par des navettes autonomes, sur un site ouvert au public et sur la voie publique, sur un tronçon d'1,3 km. Nous disposons d'une autorisation d'un an, puisque nous avons dû demander une dérogation aux ministères des transports et de l'économie pour opérer ce test. Ce n'est donc pas juste un petit test de quelques jours... L'intérêt pour nous est triple : technologique, pour étudier ces véhicules et voir comment gérer la conduite autonome ; réglementaire, sur les logiques d'assurance, de responsabilité ; et pour la perception du public, voir quelles sont les réactions.

- Quels sont vos premiers retours d'expérience ?

L'initiative a déclenché beaucoup d'intérêt de la part du public et des collectivités. D'ailleurs nous avons déjà une dizaine de projets à l'étude, en France et dans le monde, pour les dessertes du dernier kilomètre ou en site propre – campus, pôles technologiques ou hôpitaux. Chaque jour ou presque, une délégation vient à Lyon pour voir l'expérimentation. Quant aux passagers, en quelques minutes, ils oublient qu'il n'y a pas de conducteur et l'impact est très positif. Sur les deux premiers mois, nous avons transporté 5 500 passagers.

- A quelle échéance pourrons-nous voir des bus sans chauffeur, partout dans les villes ?

A écouter les annonces des constructeurs automobiles, le véhicule autonome de niveau "4" - c'est-à-dire autonome dans la plupart des circonstances – serait au plus tôt pour 2019, pour Tesla, et autour de 2021-2022, pour les constructeurs classiques. Le véhicule autonome devrait d'abord arriver par l'intermédiaire des flottes d'entreprise, pour les véhicules professionnels et les VTC, principalement dans un contexte urbain. Pour nous, c'est une rupture très forte, mais pour l'instant toutes les projections se font avec des chauffeurs. Il n'y aura pas de grand soir : la transition va se faire progressivement.

- En octobre 2016 vous avez directement investi dans l'entreprise à l'origine de vos navettes, Navya...

Cette start-up fait partie des trois constructeurs de navettes autonomes au niveau mondial. Nous avons un accord préférentiel pour promouvoir cette technologie et avons participé à la levée de fonds de l'entreprise, aux côtés de Valeo et du groupe Qatari Group8. Avec 30 millions d'euros, c'est l'une des principales levées françaises de 2016 et nous sommes très fiers d'y avoir participé.

- En juin 2016, vous avez aussi pris une participation majoritaire dans LeCab, l'un des concurrents d'Uber en France : quelles sont les synergies que vous imaginez  ?

A notre sens, c'est la meilleure offre de VTC en France, pour les particuliers mais aussi pour les entreprises. LeCab a un positionnement premium, complété récemment par une offre MiniCab, à Paris et en province. Nous testons ensemble une offre de VTC Collectif, mieux qu'Uber Pool : elle devrait être lancée au plan commercial en début d'année 2017. A chaque fois, nous sommes dans une logique où LeCab porte ses développements, en toute autonomie. Mais nous partageons la vision stratégique et nous les appuyons financièrement pour développer ces nouvelles solutions.

- Pourquoi cette volonté de se rapprocher des start-up ?

Keolis est l'un des leaders mondiaux du transport public (tramways, bus, cars… ) et nous cherchons à développer les nouvelles mobilités. Pour cela, nous devons acquérir des compétences et investir dans tous ces sujets, avec une vision stratégique : les nouvelles mobilités doivent s'articuler avec les offres existantes de transport public.

- La prise de participation est-elle votre seul mode de collaboration ?

Pour innover, nous avons trois politiques : l'investissement dans nos technologies, comme l'assistant de mobilité développé par Kisio et utilisé par 10 villes en France ; la prise de participations importantes voire majoritaires dans des entreprises qui font partie de nos nouveaux métiers, pour arrimer de nouvelles activités au groupe ; et des partenariats avec des start-up, éventuellement assortis d'une entrée au capital, sans que cela soit systématique.

- Quelles sont les autres start-up avec lesquelles vous collaborez ?

Nous avons investi dans la start-up israélienne Moovit, créée par le fondateur de Waze, qui compte plus de 50 millions d'utilisateurs, mais aussi dans Masabi, une start-up britannique, spécialiste du titre de transport sur mobile ou Forcity, à Lyon, qui conçoit des modélisations à long terme de la ville, en fonction des décisions des pouvoirs publics. Nous travaillons aussi avec OnePark, une solution de gestion des places de stationnement, dans le cadre de notre activité de parking, opérée sous la marque Effia en France.

Propos recueillis par Benoit Zante

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