envoyée le Lundi
09/07/18
Lara

Station F : comment Thalès a construit son programme d’accélération

Qui ?
Jean-Yves Plu, Directeur du Programme Thales à Station F et Matthias Vanoni, co-fondateur de la start-up Biowatch.

Quoi ?
Une explication de texte du programme d’accélération inauguré par Thalès à Station F, à l’occasion de la Maddykeynote, qui se tenait à Paris le 1er février.

Comment ?

Une montée en charge progressive

Depuis octobre 2017, Thales a investi les murs de Station F pour y installer un programme d’accélération de start-up. Pour sa première saison, ce dispositif de six mois accueille neuf entreprises du secteur de la cybersécurité, avec l’ambition d’augmenter progressivement le nombre d’heureux élus. « Pour la prochaine saison, dont les candidatures ouvriront début avril, nous en recruterons sûrement plus. Et certaines start-up de la première vague resteront peut-être aussi » explique Jean-Yves Plu, qui a pris la tête du programme, après avoir occupé différentes fonctions au sein du groupe depuis 1991.

Pour la poignée d’entreprises sélectionnées, l’industriel déploie le tapis rouge : coaching technologique, soutien commercial, accompagnement sur les levées de fonds, mètres carrés gratuits, mise en avant sur des salons et événements… Matthias Vanoni, co-fondateur de Biowatch, une start-up qui développe une solution biométrique basée sur la reconnaissance des veines confirme l’intérêt du dispositif : « les technologies de Thales nous permettent d’accélérer le développement de notre produit, notamment pour la partie qui repose sur des couches de sécurité dans le ‘cloud’. Un coach technique est ainsi chargé de nous trouver des experts au sein du groupe pour répondre à nos différentes questions. Nous avons aussi un coach business, qui nous met en relation avec des clients et prépare le terrain pour les aspects commerciaux. »

Des objectifs commerciaux

En plus des échanges autour des technologies, Thales entend en effet développer des ponts commerciaux entre ses propres équipes et celles des start-up accélérées. « Nous leur apportons une connexion avec nos marchés, avec un accès direct aux décideurs, ce qui représente une très forte valeur ajoutée pour les start-up qui veulent attaquer le secteur du BtoB. Arriver avec un grand groupe comme Thales facilite les choses, nous jouons un rôle de caution morale. Et le fait d’avoir été sélectionné dans le programme leur apporte une crédibilité » détaille Jean-Yves Plu.

A la fin du programme d’accompagnement, l’objectif est d’aboutir à la signature d’accords commerciaux, pour enrichir l’offre de Thales et générer du chiffre d’affaires additionnel pour les deux parties, « si les entités business de Thalès sont convaincues par la technologie et les cas d’usage. » Cette proximité avec les start-up joue aussi un rôle d’aiguillon, pour accélérer les propres cycles d’innovation du groupe Thales. « Avec les start-up, nous sommes obligés d’aller plus vite en interne. Elles nous forcent à accélérer, ce qui nous aide à nous transformer. » En prime, le groupe et les start-up accompagnées bénéficient de l’écosystème fédéré par Station F. « Le fait d’être à Station F nous permet d’avoir accès à des investisseurs et de participer à des événements. On profite de toute la dynamique du lieu » explique Matthias Vanoni.

Une logique de complémentarité, pour rassurer

Mais tout ces échanges ne se traduiront pas pour autant par une entrée de Thales au capital de ses nouveaux partenaires : « nous avons aussi un programme de ‘corporate venture’, mais l’objectif ici n’est pas d’investir. Nous voulons avant tout développer l’open innovation, en capitalisant sur l’agilité et la créativité des start-up. On ne s’interdit pas d’y investir, mais ce ne sera jamais un investissement majoritaire » tient à préciser Jean-Yves Plu.

Reste un point sensible : le risque de « prédation », souvent soulevé par les start-up. Comment leur assurer que leurs innovations ne seront pas absorbées par le grand groupe, au seul bénéfice de celui-ci ? « Les entrepreneurs peuvent avoir peur de se faire piquer leurs technologies, mais nous ne sommes pas là pour ça : nous voulons construire un programme dans la durée. Forcément, il y a des craintes, à nous de rassurer. » Pour cela, Thales a fait le choix d’accompagner uniquement des start-up qui ne sont pas présentes sur ses marchés et ses domaines d’expertise, afin de développer la complémentarité. Et pour couper court à toutes les craintes, le dépôt d’au moins un brevet est un pré-requis avant de postuler au programme.

Benoit Zante

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