Newsletter du Lundi
10/12/18

Paru le

Pourquoi Pernod Ricard a créé un « incubateur inversé »

Qui ?
Frédéric Levaux, Digital Practice Advisor, au sein de la cellule BIG (Breakthrough Innovation Group) mise en place par Pernod Ricard.

Quoi ?
Une interview, pour comprendre comment fonctionne la "Digital Distillery" de Pernod Ricard, qui se présente comme un "incubateur inversé". A retrouver aussi dans le livre blanc "Plug2Play Innovation" publié par l'agence Tips Tank.

Comment ?

- Comment le groupe Pernod Ricard travaille-t-il avec les start-up ?

Nous pensons qu’il n’est pas utile de fournir de beaux locaux aux start-up : ce dont elles ont besoin, c’est avant tout de faire du business, en travaillant avec nous de façon simple et rapide. Nous avons donc pris le parti de créer un incubateur inversé, pour accélérer les projets digitaux. Cette "Digital Distrillery" est lancée depuis janvier 2015. Nous avons d’abord identifié les besoins business des différentes filiales du groupe à travers le monde, afin de définir un top 5 des problématiques. Grâce à notre réseau, dans les incubateurs et auprès des investisseurs, nous identifions ensuite les start-up qui ont une partie de la réponse.

- Une fois les start-up identifiées, comment les projets se mettent-ils en place ?

C’est du donnant-donnant. Nous allons voir les filiales concernées, en leur proposant de financer un pilote et de dégager des ressources, en nommant un chef de projet. BIG peut aussi co-financer le dispositif et fournir des ressources. De son coté, la start-up s’engage pendant six mois avec nous. Bien sûr, nous ne pouvons pas retenir tous les projets : nous sélectionnons les plus intéressants et pérennes, ceux qui sont porteurs de transformation pour Pernod Ricard. Nous essayons au maximum de travailler en direct avec les start-up, afin de favoriser le contact entre ceux qui font et ceux qui commanditent : c’est un moyen d’apprendre beaucoup plus, tout en transformant aussi la culture du groupe.

- Quels sont les problèmes que vous rencontrez le plus fréquemment avec les start-up ?

Il y a énormément de difficultés, c’est quelque chose que j’ai vécu auparavant, dans mon passé d’entrepreneur. Je vois trois obstacles importants : le facteur temporel, l’épuisement que le grand groupe peut générer et le fossé culturel. Pour cela, nous essayons de développer des cycles courts, sur six mois : trois pour concevoir le pilote et trois pour le tester. Chaque pilote a son chef de projet, ses objectifs et son budget : on ne prend pas des années à convaincre en interne et à décider.

- Avez-vous un exemple concret à partager ?

Nous avons trois projets en cours, dont l’un en réponse à une problématique exprimée par la société Ricard en France. Celle-ci est partie du constat que ses clients, les patrons de bars, ne savaient pas exploiter leur présence digitale. Nous avons donc identifié deux start-up : Nixdo, installée à Lyon, qui simplifie le référencement des lieux sur les différents sites locaux (Yelp, Google Maps, Facebook, Twitter…) et Spotistic, à Berlin, qui facilite le monitoring des réseaux sociaux. En combinant ces deux services, la société Ricard peut offrir un outil qui facilite la vie de ses clients, tout en leur suggérant du contenu à poster pour alimenter leur présence sur les réseaux sociaux. Nous l’avons déjà déployé dans une vingtaine de bars. En parallèle, nous avons aussi une réflexion sur les points de vente en duty free, avec des solutions de beacons et de géolocalisation in-store.

Propos recueillis par Benoit Zante

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