Newsletter du Lundi
18/03/19

Paru le

Pete Blackshaw, Nestlé : « chaque fois que je vais dans la Silicon Valley, je me sens menacé »

Qui ?
Pete Blackshaw, ‎Global Head of Digital & Social Media de Nestlé.

Quoi ?
Un point sur la transformation digitale de Nestlé et ses enseignements, lors du Web Summit 2016.

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Comment ?

"Le digital nous pousse à revoir beaucoup de nos croyances, notamment autour de la rapidité et de l'agilité" explique Pete Blackshaw, interrogé par Reggie Bradford, SVP d'Oracle. Il cite notamment les exemples de Nescafé et de Nespresso, des disrupteurs en leur temps : comment faire en sorte de conserver cet esprit ? "On doit être capable de se réinventer de façon très rapide". Les séjours dans la Silicon Valley sont ainsi devenus légions pour les cadres du groupe : "Chaque fois que j'y vais, je me sens menacé, ça nous remet tous en question." L'une de ses clés pour rester à la pointe sur les sujets numériques ? Sortir de sa zone de confort. "On ne regarde pas que les usual suspects... le digital permet le développement de business models étonnants" explique-t-il après avoir évoqué le rachat de Dollar Shave Club, pour un milliard de dollars, par le concurrent de Nestlé, Unilever.

L'histoire "digitale" de Nestlé est connue : après la crise "Kit-Kat/ Greenpeace" de 2010, le top management prend conscience de l'importance du numérique et entreprend un vaste programme de formation et d'acculturation digitale, avec un lab à Lausanne (le DAT), du reverse mentoring et un réseau social interne. "C'est un travail de persuasion : il faut sans cesse convaincre les sceptiques, faire bouger des budgets..." Pour cela, Pete Blackshaw s'appuie sur une organisation décentralisée : les membres du programme passés par le Lab de Lausanne essaiment ensuite dans toute l'entreprise. "Mon rôle en tant que 'digital leader' est d'être le curateur de toutes les bonnes expériences dans le monde." Ses deux mots clés sont : "Share" et "Scale".

Le groupe vient de lancer [email protected]é, une plateforme de crowdsourcing et d'open innovation nommée d'après son fondateur. "Pour réussir, nous avons besoin de votre aide, on ne peut pas tout faire en interne" explique le CMO, entonnant un refrain désormais bien connu des participants du Web Summit (voir aussi l'intervention du CEO d'Aviva et de Carlos Ghosn). Le processus est inversé : ce ne sont pas les start-up qui pitchent, mais les business units de Nestlé, qui présentent leurs problématiques.

Petit à petit, Nestlé s'ouvre donc à de nouveaux partenariats. Un changement culturel de taille : "traditionnellement, il y avait une règle : pour qu'un partenaire soit pris au sérieux, il fallait qu'il ait une certaine envergure, mais on est en train de comprendre qu'il n'y a pas de taille parfaite. On essaye donc de travailler avec les start-up le plus tôt possible... plus facile à dire qu'à faire."

Benoit Zante

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