Newsletter du Lundi
09/12/19

Paru le

J’ai vendu ma start-up à un grand groupe. Et tout va bien, merci !

Qui ?
Christophe Poupinel, fondateur d'Ooreka (ex-Comprendre Choisir), partenaire de Petit Web et filiale du groupe Solocal.

Quoi ?
En 2011, Christophe Poupinel vendait sa start-up à un groupe de 5 000 salariés. 5 ans plus tard, il y est toujours. Il nous explique pourquoi.

Comment ?

Il y a 5 ans, j'ai vendu ma start-up ComprendreChoisir, une trentaine de personnes à l’époque, à Solocal Group, 5 000 salariés. J'y suis toujours et à chaque fois que je croise un copain entrepreneur ou un journaliste, il me pose les mêmes questions : pourquoi t’es encore là ? Comment tu tiens ?

Alors je vais faire comme Fred Mazzella, monsieur Blablacar à qui j’étais le 72ieme à demander "Comment tu as fait pour changer de marque ?". Il m’a instantanément envoyé un mail avec toutes les réponses pré-rédigées (Fred est-il un bot ?)... voici donc ma réponse écrite.

Pourquoi je suis encore là ?

Parce que créer sa boite, ce n’est pas seulement l'envie de prendre sa liberté, de devenir son propre boss et donc de ne plus en avoir, de créer des emplois et de choisir avec qui l’on travaille, de voir ses idées se transformer en trucs tangibles, de gagner de l’argent et d’être encore plus libre, de venir au bureau en sweat à capuche (je déteste les sweats et les capuches), de frimer dans les mariages parce que si t’es entrepreneur en France aujourd'hui, t’es une rock star, de ne pas avoir à faire de politique et de devoir ses succès et ses échecs aux vraies lois du marché et pas à son jeu de jambes ou son appartenance à tel réseau, école, loge, parti, club...

Parce que créer sa boite c’est aussi et surtout l’envie de créer un truc utile et qui reste.

Et ça, non seulement c’est super dur, mais cela peut prendre du temps. Surtout en France où l’on investit goutte après goutte : Blablacar, Deezer, Leboncoin, Mappy, DailyMotion ont été créés il y a plus de 10 ans. Partir tôt de la boite que l’on crée revient à confier son enfant à quelqu'un d’autre à l’âge où il entre dans l’adolescence. C’est possible, d’autres peuvent faire le job. Mais bon, le garder jusqu’à l’âge adulte permet de le faire grandir sans trop de changements de cap et donc sans trop de chaos. Cela permet également de le lâcher uniquement quand il est suffisamment solide pour se défendre "tout seul".

Ooreka a fait déjà un bout de chemin (on s’approche du top 50 des plus gros sites Français), mais on a encore une marche à franchir pour justement réussir notre mue et devenir un service ancré dans le quotidien des Français. Je ne suis certainement pas le seul à pouvoir faire franchir cette marche, peut-être même pas le meilleur, mais diable que j’ai envie d’en être.

Comment je tiens ?

Cette question est double : pourquoi Solocal m'a gardé, et pourquoi j’ai décidé de rester.
Solocal me garde parce que Ooreka a délivré : depuis le rachat, on a multiplié par 8 notre trafic, doublé la taille de l’équipe, quadruplé notre CA, augmenté notre rentabilité... Parce que cette acquisition faisait du sens : on fait aujourd'hui un tiers de notre CA via la force de vente Solocal. Parce qu’on a un énorme potentiel devant nous et que nous partageons avec Solocal la même vision de ce qu’il reste à faire.

Je reste parce que Solocal a su nous garder à bonne distance : suffisamment loin pour préserver notre culture et notre agilité, suffisamment prêt pour créer les ponts essentiels à la mise en place des synergies. Parce que Solocal se comporte comme un actionnaire, et pas un boss. Parce que tous les matins, je viens bosser avec la banane, heureux de retrouver une équipe que j’estime, qui a fait ce que l’on est aujourd’hui et qui a les yeux rivés sur notre objectif : entrer dans le quotidien des Français.

Christophe Poupinel

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