Newsletter du Lundi
10/02/20

Paru le

Hellohikimori, le studio qui ne voulait pas grandir

Qui ?
Nathalie Melato et David Ronhel, co-fondateurs de HelloHikimori, studio parisien de 10 personnes, spécialisé en direction artistique, digital et motion.

Quoi ?
La profession de foi d'un studio de créatifs qui refuse de croître au delà de 10 personnes, à l'origine de créations remarquées pour Givenchy, L'Oréal ou Orange.

Comment ?
Hellohikimori (HKI pour les intimes), c'est l'histoire d'un couple de créatifs, Nathalie et David, qui en avait assez de la pesanteur des agences, trop grosses, trop silotées, pas assez innovantes... En 2004, ils ouvrent leur studio, avec une envie : faire de leur passion pour la création leur métier.  Ils travaillent d'abord pour des agences, s'appuient sur leur réseau. Comble du chic, après quelques années, leurs clients commencent à les citer, y voyant un gage de qualité et une valeur ajoutée. Puis les annonceurs se mettent à frapper directement à leur porte, avec des demandes variées. "On ne veut pas rentrer dans un cadre, celui du studio ou de l'agence. On ne fait pas que du digital. Ce qui nous motive, c'est l'intérêt artistique, le caractère innovant du projet" explique David Ronhel. Aujourd'hui, HKI travaille en direct pour L'Oréal, Red Bull ou Orange Cinéma Séries, parmi beaucoup d'autres. Toujours sur des opés ponctuelles, jamais à l'année, pour ne pas tomber dans le confort des honoraires.

L'équipe s'est étoffée, jusqu'à atteindre dix personnes. Elle ne grossira plus. Des clients les ont poussé à embaucher pour pouvoir leur confier de plus gros budgets, ils ont toujours refusé. A dix, l'agence a trouvé son équilibre et David et Nathalie ont peur de perdre leur agilité et de retomber dans les travers de leurs aînées. "On peut faire de belles choses en restant petit..." Leur plus grande fierté ? Le film "Le Rouge", pour Givenchy, sur lequel la marque leur a fait totalement confiance, y compris sur la musique, pourtant intitulée "Viol".

Souvent courtisé, le couple a refusé les mallettes de billets des grands groupes. Et préféré se rapprocher de Unit9, une boite de production hybride partie de Londres pour essaimer à travers le monde : les bans ont été publiés à l'automne. Le cadre du partenariat reste encore flou, mais il n'implique pas d'échange capitalistique. Tout est né d'un coup de cœur mutuel, une envie partagée de travailler ensemble sur des projets innovants. "On ne sait même pas comment on va faire pour la facturation" avoue Nathalie. Le premier projet commun sera déterminant pour la suite. Avec Unit9, HKI va se remettre à collaborer avec des agences, "mais sur des plus gros projets que précédemment, et parce que c'est important de garder un lien avec elles. Ce sont des échanges qui nous font avancer." Dans quelques années, Nathalie et David se verraient bien répliquer le modèle aux Etats-Unis ou ailleurs et imaginent un mini-réseau de petits studios hybrides et inspirés...

Benoit Zante

Publicite

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