Newsletter du Lundi
25/05/20

Paru dans la newsletter du

Dawex : L’échange de données, la chloroquine de la crise ?

Qui ?

Laurent Lafaye, co-fondateur de la plateforme de data exchange Dawex.

Quoi ?

Une plateforme d'échange de données sur le Covid-19, qui pourrait aider à résoudre la crise.

Comment ?

Publié le 16 mars 2020, et signé par une centaine de  grands spécialistes data du monde entier, cet appel à l'action a été le détonateur pour la plateforme d'échange de données Dawex :

- La pandémie a montré la vulnérabilité des systèmes de santé publics, mais aussi nu autre échec : celui de la réutilisation  de  data entre secteur privé et secteur public —autrement dit  data collaboratives — pour combattre cette crise évolutive.

- Beaucoup d'organisations publiques et privées partagent leurs données pour fabriquer des insights pour prendre des décision (cf Google Doc of projects) et “flattening the curve.”

-Mais ces efforts sont isolés, peu financés, et déconnectés des personnes qui prennent les décisions. Il n'y a pas de stratégie sur comment transformer l'expertise dans des approches pilotées par la donnée pour combattre les crises climatiques et de santé.

- Le  groupe d'experts de la Commission Européenne sur le partage de données inter entreprises et gouvernements a déclaré : “La plupart de la richesse des données n'est pas exploitée (obstacles légaux, techniques et liés aux organisations). Et par manque de culture du partage de données. Le partage de données entre entreprises et gouvernements sont des collaborations isolées et de court terme". 

Pour Laurent Lafaye, ça a été un wake up call. "Nous nous sommes rendus compte qu'il y avait des appels à projet de l'OMS, de la commission européenne, des Nations Unies, sur le partage de donnée. Nous avons voulu apporter notre pierre à l'édifice."

Le 3 avril dernier, Dawex, qui rassemble 10 000 entreprises sur sa plateforme mondial d'échange de données entre entreprises, lançait Covid-19 Data Exchange.

"Nous ne pouvions pas monter seuls cette opération. Nous sommes 50, qui travaillons à plein temps même en ce moment. Notre métier n'est pas de traiter mais de favoriser l'échange de données ». Pour Mathieu Colas, Associé Monitor Deloitte, Cognitive & Analytics : "Des milliers d’acteurs sont aujourd’hui prêts à partager leurs sources de données, immédiatement, et gratuitement. Mais ils sont freinés par un manque de confiance sur la manière dont ces sources seront utilisées. Pour créer cette confiance, nous avons mis à disposition une équipe d’experts de la data et de la santé pour accompagner cet élan collectif avec le soutien de la technologie Dawex."

La Caisse des Dépôts (l'un de ses actionnaires), Deloitte, donc, puis Microsoft, pour l'infrastructure cloud. Une initiative pro Bono : "La semaine dernière nous avons mis à disposition notre technologie. Et nous avons sollicité sur les réseaux sociaux les différentes parties prenantes, collectivités locales, entreprises, start-up, organisations internationales". Une centaine d'entreprises publiques et privées et des organisations internationales ont répondu présent.

"Le sujet n'est pas d'accéder à la données de santé, qui obéissent à des réglementations locales et par pays. Mais d'avoir accès à des données agrégées et anonymisées. En bloquant la possibilité d'échanger des données de santé, qui aurait posé des tas de problème pour des cas d'usage minimes, nous avons levé les freins."

Dans les effets de cycle, il s'agit de comprendre ce qui se passe pour alimenter la communauté scientifique et ceux qui doivent organiser les territoires et l'économie. "Nous discutons avec le collectif CoData en France que nous avons rejoint et qui ontribue à l’initiative. Ils apportent leur savoir faire scientifique”.

Comment ça marche ?

Lancée depuis une semaine, la plateforme permet de croiser la demande de données avec l'offre. Des jeux en open data. Ceux qui partagent la donnée peuvent aussi limiter leur accès à un certain type d'acteurs. L'offre s'expose à la demande, dans un modèle inversé de celui de la plateforme Dawex. Offreurs et demandeurs accèdent à la plateforme en authentifiant la source de leur donnée et leur identité.

Qui participe ?

"Le sujet n'a pas de frontière. Nous accueillons des organisations internationales, des fondations américaines, des acteurs japonais et coréens. Si nous arrivons à regrouper des participants des trois continents, nous pourrons tirer de l'info de ceux qui sont en avance sur la gestion de la crise. Cela bénéficiera aux Européens et à d'autres régions du monde". Autre phénomène : "Des sociétés de conseil mettent à disposition leurs  compétences. Elles sont motivées parce qu'il s'agit d'établir de nouveaux modèles de traitement de données. Les acteurs de la santé qui  ne savent pas forcément traiter la donnée sont mis en relations avec des data scientists motivés pour le faire".
Il faut aussi changer les habitudes des acteurs de l’agroalimentaire et du transport, "qui ont beaucoup de données mais ne sont pas conscients de l'utilité de la mettre à disposition".

En février dernier, Thierry Breton (CE) estimait qu'après le marché commun du numérique, il fallait construire le marché commun de la data.

"La prise de conscience a été soudainement accélérée. Après la vogue de l'IA, retour au réel : où est la donnée et comment y accéder sont devenues des questions clés" conclut Laurent Lafaye.

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