Newsletter du Lundi
08/07/19

Paru le

  1. Édito

Citizen Niel

En cette rentrée, un personnage de roman est monté sur l’estrade du syndicat des agences média, l’UDECAM. Xavier Niel est en effet le héros, seul personnage à ne pas porter son propre nom,  de "La théorie de l’information". Le voir clôturer cette journée professionnelle, quand on est en train de lire le roman, plonge dans une rêverie en forme d'ecstasy. Ce rêve de buzz (l'audace de raviver et d' exposer les plaies "roses" du patron de Free ne peut que ravir les média qui ne récoltent que de rares  miettes publicitaires de son activité), cette  monographie d'un magnat en exercice sous forme de roman, provoque  un plaisir similaire au documentaire de Benjamin Rassat, "Quand l'internet fait des bulles". Rien de plus. Rien de moins. Ce n'est pas  "Citizen Kane". Ou alors en mode congelé.
Sur l’estrade, c’est bien lui, l’homme qui dialogue par mail et fuit les réunions comme la peste. Dans le roman, son humanité est à peine esquissée, puis finit par se perdre dans le monde numérique. La seule parole vivante vient du président Sarkozy, dont le dialogue imaginaire avec le parrain du Web français est un morceau d’anthologie. Il n'est pas question du mal de dos d'un homme qui dort 2 heures par nuit. L'histoire appartient à ses machines.
Henri  Seydoux, le patron de Parrot, l'un des personnages de cette galerie des glaces du numérique, avait ouvert des boutiques avec comme slogan “technology is art”. On se dit  en refermant le livre que c'est plutôt l'inverse.“Art is technology”.

Geneviève Petit

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