Newsletter du Lundi
17/06/19

Paru le

La presse quotidienne se meurt du kiosque. Pourquoi boude-t-elle LeKiosk ?

Qui ?
Michael Philippe, Ari Assuied, Nathaniel Philippe et Robin Sabban, co-fondateurs de LeKiosk.

Quoi ?
Les ficelles qui ont fait le succès de cette start-up française qui a bouleversé le marché de la distribution de presse en ligne, avec son kiosque, sur PC, tablettes et mobiles. Alors qu'Apple l'a nommée application française la plus rentable sur iPad en 2012, les quotidiens continuent de la bouder... Mais elle pourrait pourtant  apporter une alternative bienvenue à ces  otages de Presstalis.

Combien ?
150 éditeurs partenaires en Europe
800 titres en Français
30 000 abonnés au forfait à 10€ par mois
700 000 téléchargements

Comment ?
LeKiosk est né en 2007, bien avant l'iPad. "Il s'agissait d'une place de marché pour les contenus papier des éditeurs" se souvient Michael Philippe, co-fondateur. La start-up parie alors sur le développement des e-readers et lève 600 000 euros en 2008. Quand l'iPad arrive, en 2010, les équipes du Kiosk ont déjà négocié les droits de diffusion de près d'une centaine d'éditeurs, constituant un premier avantage compétitif. Cette antériorité a aussi permis d'étudier les usages et les attentes des clients, en testant différents modèles économiques sur le PC : achats à l'acte, offres illimités, abonnements, crédits...

Pour passer sur l'iPad, l'entreprise lève des fonds et se focalise sur l'expérience utilisateur. L'application reproduit un kiosque virtuel, en 3D. "Nous n'avons pas voulu reproduire une expérience web sur la tablette, mais plutôt redéfinir une expérience conforme à l'iPad". Résultat : un effet curiosité qui a boosté les téléchargements et le bouche à oreille. "Les acteurs du marché pensent encore qu'il s'agit d'un métier de distribution. Alors qu'il s'agit en fait d'un métier d'innovation. 65% de nos effectifs sont consacrés à la technologie. Il ne suffit pas de mettre du contenu sur une plateforme pour qu'il se vende."

Autre nouveauté : l'offre, simplifiée au maximum : achat à l'acte ou forfait de 10 magazines pour 10€. Michael Philippe assure que les éditeurs y trouvent leur compte : "en moyenne, ils reçoivent 80% de ce qu'ils perçoivent en kiosque physique. Sans avoir à supporter les coûts d'impression et de réassort." Sur les forfaits mensuels, Apple et LeKiosk prélèvent chacun 30% de commission. Le reste est distribué au prorata de la valeur en kiosque des numéros consommés.

Parmi les développements à venir, soutenus par la levée de fonds de 5.6 millions annoncée en novembre 2012 : l'expansion internationale - LeKiosk est déjà présent en Italie et en Grande-Bretagne -, l'amélioration des applications - avec davantage d'interactivité et de personnalisation - et l'extension de l'offre - 250 bandes dessinées seront proposées en mars. "L'objectif à terme est d'avoir tous les contenus possibles..." Reste à convaincre la presse quotidienne, qui mise exclusivement sur une diffusion via son kiosque ePresse, créé par le GIE ePresse... et se prive du carrefour d'audience que représente LeKiosk, dont la diffusion est comptabilisée par l'OJD.

Benoit Zante

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