Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

Vers une fusion homme-machine ? Après LeWeb, DigitasLbi pose les bonnes questions

Qui ?
Christophe Guenard, Directeur associé et Vincent Druguet, Dga - Chief marketing & Innovation manager, de DigitasLBi France.

Quoi ? 
La vision de l'édition 2014 de LeWeb par DigitasLBi, qui était partenaire de Petit Web dans la couverture de cet événement.

Comment ? 

La prochaine frontière : l’humanité 2.0 ?

L’émergence d'un monde complètement transformé, décrit par Raymond Kurzweil en 2005 ("The Singularity is Near"), où l’homme et la technologie s'interpénétreront est sur le point de devenir notre réalité. La présence croissante des objets connectés (bracelet, montres…) et autres capteurs dans nos vies représente uniquement la partie émergée de cette transformation. Dans la domaine de la santé, la convergence des technologies (cloud, mobile, big datas, nano-technologies, dialogue machine to machine, machine learning…), des usages personnels ou professionnels (quantified self, crowdscience dans le domaine de la recherche…) combinée à une baisse drastique des coûts de production (séquençage ADN, stockage et traitement de grandes quantités de données…) ouvrent des horizons incroyables.

Prenons pour exemple le diagnostic médical. Pour Laurent Alexander (DNA Vision) nous allons vers une « Watsonisation [du nom de la technologie développée par IBM] de la médecine », ou les médecins vont progressivement être remplacés par des systèmes experts, capable de réaliser un diagnostic complet – croisant vos données personnelles et une quantité colossale d’informations médicales – en quelques secondes. Aujourd'hui, ces données sont éparpillées, inexploitables, et ce manque de recul nous confine dans une médecine principalement curative. Les futurs experts médicaux seront ceux qui concevront les algorithmes, nos médecins traditionnels actuels n’étant pas armés pour affronter le déluge de datas issus de cette convergence.

Les GAFA, et Google en particulier, ont bien compris que dans le domaine médical, ce sont les algorithmes qui vont capter toute la valeur économique. Tous aspirent à devenir le Uber de la santé digitale. L’ambition est bien sur de guérir plus efficacement, à moindre coût, mais aussi de développer les capacités de l’être humain. Le transhumanisme devient une réalité concrète au fur et à mesure des avancées technologiques. Des savants chinois travaillent actuellement sur le séquençage ADN dans l’optique de développer les capacités cognitives de l’homme. Le Dr Dan Chao (Halo NeuroScience) développe un stimulateur neuronal grand public, qui par une utilisation régulière de 20 minutes sur certaines zones du cerveau permettrait d’améliorer sa capacité de mémorisation de 65%. Et ce même si les données étant accessibles en permanence dans notre monde connecté, nous devons surtout apprendre à donner du sens à ces informations plutôt qu’à les retenir.

D’un point de vue des usages, il n’y aura pas non plus de retour en arrière. Nous n’acceptons déjà plus de ne pas être connecté en permanence à internet, bientôt nous n’accepterons plus de « ne pas tout savoir » sur nous. L'enjeu ? Passer d’une médecine épisodique et réactive, à un process  proactif et continu.

Quelle régulation ? Quel contrôle ?

Sur un domaine aussi sensible (notre condition humaine !), la régulation doit s’organiser rapidement. Quelles limites légales ou éthiques, nous fixerons-nous dans l’exploration de ces possibilités ? Comment faire évoluer le cadre légal autour de ces innovations ? En le confiant à des états, qui ont toujours un train de retard (cf. Hadopi), ou à un collège pseudo-indépendant d’experts, noyauté par les Lobbies d’une industrie médicale déjà très organisée ? Là aussi, se pose la question de la neutralité et de l’indépendance. Ces choix nous appartiennent. Grâce à des technologies à la portée de tous (mobile, capteurs…), nous pouvons reprendre la main sur nos données de santé et devenir « le CEO de notre santé", comme le rappelle Jeff Clavier.​

Pour le créateur de Le Web - la conférence, inviter Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web, est d'ailleurs une sorte de retour aux sources, et surtout l’occasion de prendre du recul par rapport à ce qu’est devenue cette innovation datant maintenant d’un quart de siècle. Depuis l’invention du premier langage universel de l’humanité (HTTP & HTML), Sir Tim se pose en gardien de la neutralité du web au sein du W3C. Il nous rappelle les valeurs fondatrices qui ont permis au Web de devenir incontournable dans nos vies, à savoir un réseau neutre, indépendant, gratuit et privilégiant la collaboration entre les personnes (maintenant les machines !).

Son opposition aux plateformes propriétaires - l’écosystème des apps natives notamment - est connue, et ses combats pour défendre la neutralité du web toujours nécessaires. Comme l’indique Sir Tim Berners-Lee, "défendre la neutralité du web relève d’une question de choix et de responsabilité » pour préserver ce qui est devenu une forme de « ressource universelle » pour l’humanité.

Christophe Guenard, Directeur associé et Vincent Druguet, Dga - Chief marketing & Innovation manager, de DigitasLBi France.

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