Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

S. Rad, PDG de Tinder : « nous commençons juste à effleurer le potentiel publicitaire de l’appli »

Qui ?
Sean Rad, co-fondateur et CEO de Tinder, de retour en août 2015 après avoir été démis de ses fonctions en 2014.

Quoi ?
Un entretien sur la grande scène du Web Summit 2015 où le patron de l'application de rencontres la plus hot du moment fait miroiter les nouveaux atouts publicitaires de la plateforme.

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Comment ?

Lancé en 2012 comme une start-up au sein du groupe IAC (Match, Meetic, OKCupid...) pour réinventer la rencontre en ligne sur mobile, Tinder a rapidement déferlé sur toute la planète. Leader dans 194 pays, il a converti toute une génération au 'swipe right' et au 'swipe left' qui valident ou envoient aux oubliettes les profils d'utilisateurs, dans la quête du "match" : la validation bilatérale qui déverrouille le chat et ouvre la porte à une rencontre dans la vraie vie. "Les 1 milliard de 'swipes' enregistrés chaque jour donnent lieu à 26 millions nouveaux 'matchs' sur Tinder. Depuis sa création, la start-up a comptabilisé plus de 9 milliards de 'matchs', aboutissant à quelques 1,5 million de "first dates" dans le monde physique par semaine. Et 50% des premiers rendez-vous donnent lieu à un second."

Cette cascade de chiffres sur les usages de la plateforme n'est pas anodine. A l'ère du "moment marketing", ces données valent de l'or. Loin d'être l'apocalypse de la romance , selon ses détracteurs, Tinder serait utilisé à 80% par des célibataires cherchant une relation longue et stable, des cibles parfaites pour tout un panel d'annonceurs. Si Sean Rad a refusé de communiquer sur le nombre total d'utilisateurs, il a admis que les données collectées ne servaient plus seulement à construire de meilleures sélections de profils à swiper. Tinder commence aussi à utiliser la data pour étoffer sa connaissance d'un marché juteux : celui des célibataires.

4 November 2015; Sean Rad, Co Founder & President, Tinder, on Centre Stage during Day 2 of the 2015 Web Summit in the RDS, Dublin, Ireland. Picture credit: Stephen McCarthy / SPORTSFILE / Web Summit
Picture credit: Stephen McCarthy / SPORTSFILE / Web Summit

A l'évocation de sa mise à pied liée à un scandale sexuel, Sean Rad balaye l'épisode de la main. "Pendant cette période, je suis resté dans l'entreprise pour faire la passation avec le nouveau CEO et parce que j'étais heureux de jouer n'importe quel rôle qui me permettait de continuer de travailler sur le produit. Le CEO n'est pas resté, et le board m'a rappelé". Lutter contre les nouveaux entrants n'est pas au cœur des préoccupations du champion. "Les barrières à l'entrée restent fortes. Pour rester performant, il faut se battre contre nous-mêmes. Comme partout, l'un de nos challenges est le recrutement. Nous embauchons une dizaine de personnes par semaine, et les bons profils sont rares". D'après son CEO, l'entreprise fait des profits - et même beaucoup laisse-t-il entendre - mais doit encore muscler son modèle économique.

Le lancement du 'Super Like' en octobre a rencontré un vif succès. "C'est la première fois qu'une appli de rencontre en ligne propose un équivalent du 'Je peux vous offrir un verre ?' de la vie réelle". Les chances de 'match' seraient 3 fois plus grandes. Vendue à l'unité, l'option a aussi été intégrée à l'abonnement Tinder Plus, qui constitue la grande majorité des revenus de l'entreprise. "L'application reste gratuite pour tous, mais cela ne nous empêche pas d'aller plus loin. Tinder Plus est un super-pouvoir pour lequel une partie de la communauté est prête à payer."

Pour rester au sommet, Tinder travaille sur les fonctionnalités que réclament les utilisateurs en veillant à ne pas dénaturer l'expérience. "Nous priorisons ce qui génère l'impact le plus important sur l'audience la plus large possible", avec un seul but : ouvrir un maximum de relations possibles pour rendre l'expérience toujours plus "fun". L'augmentation des connexions et l'amélioration de leur qualité est un axe stratégique. Sean Rad a d'ailleurs annoncé une mise à jour majeure de l’algorithme de Tinder qui devrait accroître le nombre de 'matchs' de 30%. Derrière cet enjeu, celui de la publicité. "Nous n'avons fait qu'effleurer le potentiel publicitaire de la plateforme. Nos expérimentations sont concluantes. Aujourd'hui nous mettons une équipe sur pied et nous passons à la vitesse supérieure. Attendez-vous à plus de push publicitaires. Mais des push dont la valeur ravira nos utilisateurs". Le chantier est prometteur : Tinder est à la croisée de trois tendances majeures du marché, la personnalisation, le temps réel et la géolocalisation.

Monelle Barthélemy 

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