Newsletter du Lundi
16/09/19

Paru le

Mediamonks : Nous avons fait notre premier spot TV par accident »

Qui ?
Victor Knaap, co-fondateur du studio de production digitale Mediamonks.

Quoi ?
Une interview au MipTV d'un producteur de pub digitale, qui prête aussi ses talents à des shows TV comme The Voice ou Utopia, la nouvelle émission de John de Mol.

Comment ?

- Vous avez créé Mediamonks en 2001. Depuis, comment a évolué le métier de producteur digital ?

Le plus grand changement dans notre secteur, c'est le fait que le storytelling et la technologie se rejoignent. Pendant longtemps, les deux mondes ne se comprenaient pas. Aujourd'hui, le storytelling a pris le dessus, et la technologie doit oeuvrer pour la concrétiser, pour raconter des histoires avec la technologie. Et quand les storytellers et le monde de la technologie sont tous les deux sur la même longueur d'onde, vous pouvez faire des choses incroyables, jamais vues auparavant. Regardez 7 days of Rain, que nous avons fait pour Geox, avec SMFB Oslo : je ne sais pas exactement ce que c'est. Une vidéo virale ? Un documentaire ? Une expérience interactive ? C'est avant tout une histoire, rendue possible par la technologie.

- Historiquement, vous travaillez uniquement avec des agences de pub. Pourtant vous venez de signer le dispositif second écran de The Voice aux Pays-Bas. En quoi est-ce différent de travailler pour la télévision ?

L'an dernier, nous avons réalisé 30 à 40 projets liés à la télévision, ce qui est très nouveau pour nous. Beaucoup de producteurs comme Endemol ou Nickelodeon viennent nous voir et nous demandent des concepts digitaux autour de leurs formats... Nous avons ainsi travaillé sur un jeu autour des Tortues Ninja, sur de la data-visualisation en temps réel pour les 50 ans de Doctor Who en Grande-Bretagne ou encore sur le dispositif second écran de The Voice en Hollande et dans d'autres pays. Plutôt que de diffuser un message, on créée des expériences. La seule différence avec le monde de la publicité, c'est que le contenu est plus riche.

- Comment expliquez-vous cet intérêt du monde de la télévision pour votre travail ?

Les choses se sont beaucoup accélérées ces dernières années : les ambitions des producteurs et des chaînes ont changé. Quand vous lancez un concept d'émission, vous devez fournir aussi un dispositif interactif sur le second écran. L'aspect technique, même s'il est ennuyeux, est devenu très important. Pour un diffuseur ou un producteur, qu'il y ait une personne devant son poste ou un million, ça ne change rien. Sur le web, c'est une toute autre histoire. Quand tout le monde est devant The Voice au même moment et veut voter, vous devez avoir une plateforme stable et adaptée au volume de connexion. La télé a compris toute l'importance de l'interactivité et du digital. Si ça plante, tout le monde le voit et s'en plaint, et ce, d'autant plus si cette interactivité est intégrée au format lui-même. Mais par notre travail publicitaire - la campagne Heineken lancée dans 83 pays au même moment, par exemple - nous avons l'habitude de ce genre de problématique.

- Quelles innovations va-t-on voir sur le second écran dans les mois à venir ?

Cette année, notre projet le plus ambitieux est la création de la plateforme digitale globale d'Utopia, la nouvelle télé-réalité de John de Mol [la création d'une communauté idéale, dans une ferme, prévue pour durée un an]. Elle permet de regarder le live 24h/24, sur abonnement, sur tous les écrans - quelque chose d'assez nouveau. Les spectateurs peuvent interagir, voter, commenter et gagner des points qui libèrent d'autres contenus. Le concept TV a été vendu en Allemagne, aux Etats-Unis et en Turquie,  tout a été pensé pour l'international, avec l'intégration de nombreux prestataires pour le streaming et le paiement, par exemple. Là encore, la stabilité de la plateforme est primordiale, parce que les gens payent pour ça.

- Et en publicité, quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?

"Fast or Fail", avec Adidas et Messi, pour le lancement de la F50 : on nous a commandé un jeu en 3D, immersif, où le joueur se retrouve à la place de Messi. Puis il a fallu concevoir une bande-annonce pour le jeu. Celle-ci a tellement bien fonctionné sur le web que la marque veut maintenant en faire un spot TV. On se retrouve ainsi à faire notre première campagne TV par accident ! Le fil rouge entre tout ce qu'on fait, c'est le contenu.

Propos recueillis par Benoit Zante

https://www.youtube.com/watch?v=6h1uMNUeqx4

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