Newsletter du Lundi
24/06/19

Paru le

L’invasion des « Wants » ou comment sauver la mère de Bambi

Qui ?
Patrick Kervern, fondateur de Viuz.com.

Quoi ?
Une tribune sur l'invasion des "Wants", ces nouveaux mathématiciens spécialistes de la Big Data qui envahissent la Silicon Valley.

Comment ?

On connaissait les « Quants » Les petits génies des salles de marché aujourd’hui « Les Wants » envahissent désormais la Silicon Valley.
Ces nouveaux Mathématiciens, spécialistes de la « Big Data », embauchés à prix d’or chez Google, Facebook, Zynga, Amazon, Appnexus ou Bluefin Labs passent le plus clair de leur temps à décrypter des bases de données massives afin de détecter les envies, les attentes et les clics des consommateurs en ligne. Ils établissent des liens de corrélations statistiques entre les différentes données afin d’optimiser les ventes ou l’affichage et la pertinence des publicités sur les sites. Ashlee Vance, éditeur de Business Week les appelle les « Wants», Chris Anderson « Les enfants du Petabyte ».

Chez Zynga « les wants » chaperonnés par Ken Rudin, Vice President en charge des analytics se surnomment les « Data Ninjas » et analysent près de 60 Milliards de données, c’est grâce à eux que Zynga a pu constater que les joueurs achetaient 6 fois plus de poissons translucides lors du lancement de Fishville il y a plus d’un an. Le leader des jeux sociaux a alors créé toute une gamme de créatures marines translucides vendues près de 4$ dans le jeu.

"Un bon mathématicien peut écrire des algorithmes qui parsent des milliards et trilliards de données et montrer où des modèles de comportements émergent" constate DJ Patil, « Data Scientist » chez Greylock Partners.

La donnée est donc devenue la matière première de l’information digitale et les Wants, ses alchimistes.

« On peut même se demander pourquoi on avait attendu si longtemps avant de recruter ces profils étant donnée la somme de data qu’on manipule depuis des années dans le digital » explique Erwan Le Page ex-Havas et fondateur de Matiro une place de marché publicitaire qui vient juste d’embaucher un statisticien chevronné de Normal Sup pour renforcer son équipe.

Certains pourtant regrettent que ces cerveaux soient utilisés et souvent mieux payés pour décrypter des comportements publicitaires plutôt que de résoudre de grands problèmes de notre temps et accélérer le développement de nouvelles thérapies dans le traitement de cancers ou de maladies génétiques.

"Les meilleurs cerveaux de ma génération réfléchissent à la façon dont les gens cliquent sur des pubs. Ça craint” s’indigne Jeff Hammerbacher ex chercheur chez Facebook et Fondateur de Cloudera.

D’autres critiquent cette tendance à suivre et renforcer les comportements moutonniers des consommateurs, une variante appauvrie de la sagesse des foules chère à James Surowiecki dégradée en « psychologie des zombies ».

Une vision « angélique » dont s'étonne Erwan Le Page, « L’analyse des données permet au contraire de faire réaliser d’importantes économies à nos clients et de trouver des chemins inédits de rentabilité » .

Mats Carduner CEO de Fifty-Five, spécialiste du Business Marketing Analytics, qui vient également d'embaucher un profil similaire, nuance le débat : "Ce qui est très puissant dans l'analyse de données en grandes quantités, c'est qu'on utilise à la fois le cerveau gauche et le cerveau droit. L'analyse nécessite du séquentiel, du rationnel et du détail ; mais paradoxalement prendre du recul pour avoir la "big picture" requiert de l'intuition, de la créativité et une dose de parti pris. C'est en combinant les deux que l'on obtient des fulgurances qui peuvent être précieuses dans la prise de décision."

"Les Analytics auraient sauvé la mère de Bambi dans le film" a un jour commenté John Vechey, co-fondateur de l'éditeur de jeux sociaux PopCap racheté par Electronic Arts cet été.

Faut-il s’en réjouir ?

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