Newsletter du Lundi
24/02/20

Paru le

Imprimantes 3D : la révolution des Fablabs, entre flower power et nouvel ordre mondial

Qui ?
Emmanuelle Roux, Co-fondatrice de SC21, du FacLab et de la Forge des Possibles.

Quoi ?
Un zoom sur la révolution des Fablabs, par une de ses précurseurs, rencontrée lors des Journées de l'Innovation de La Poste.

Comment ?

L'inventeur des Fablabs, Neil Gerschenfeld s'est demandé dès 2002 - avant l'invention des imprimantes 3D - comment fabriquer tout et n'importe quoi. Il équipe un laboratoire avec toutes les grandes machines industrielles, pour un million de dollars. Et y invite artistes, retraités, étudiants... L'idée ? Faciliter l'accès aux machines à travers un apprentissage ouvert et collaboratif. Le premier objet fabriqué par cette communauté fut une clé, "pour fabriquer la nuit les objets qu'on veut". Ce laboratoire a ensuite essaimé en Fablabs à travers le monde.

"Le Fablab, c'est la culture numérique transposée au monde physique. On vit l'ère de la micro industrialisation, de l'usine locale et partagée" explique Emmanuelle Roux qui s'est inscrit dans la mouvance en créant, en février 2012, le " Faclab"à l'Université de Cergy-Pontoise, sur 200 mètres carrés, à Gennevilliers. Un lieu privatisable en matinée, ouvert au public de 13h à 18h du mardi au vendredi.

Cette pionnière du Web s'est engouffrée avec appétit dans la nouvelle frontière des objets connectés. "On en avait assez d'être limités à 1024 pixels". Des étudiants en école d'architecture accèdent ainsi aux machines qui, dans leur propre école sont sous clé ! Les participants apportent leur matière première (PLA qui vient du maïs, ABS, nylon, chocolat, gélatine, cuir, bois, carton) et accèdent librement aux machines, pourvu qu'ils partagent et documentent ce qu'ils font, comme des joints de porte de machine à laver. L'impression 3D a ses "Marmiton.org", comme Thingiverse qui publie des recettes d'objets. Le Faclab a reçu 5 200 visites la première année et généré 220 pages de publications presse.

Il y a aujourd'hui 400 lieux de ce type dans le monde, où l'on apprend en faisant. Ainsi, une ancienne de la haute couture, a créé Comtesse Jojo et imprime aujourd'hui en 3D ses accessoires en cuir. Comme le Faclab brasse des populations très diverses, Comtesse Jojo a créé des sacoches pour objets électroniques à l'intention des ingénieurs qu'elle croisait sur place… Le mouvement génère ainsi des opportunités en termes d'emploi : un diplôme d'initiation à la fabrique numérique est ouvert à tous (même aux sans bac) car dans le mouvement des Makers, c'est la fabrication qui engendre le savoir, pas l'inverse.

Le 13 décembre 2013 , la Caisse des Dépôts et Consignations lançait un appel d'offre sur un projet Quartier numérique, intégrant un FabLab. Loin d'être un projet de hippie à l'ère numérique, ces lieux redessinent des industries entières. A l'heure où la Nasa imprime des pièces pour ses fusées, "l'aéronautique, qui vendait 30 ans de maintenance, doit réinventer son business model". Emmanuelle gère aussi La Forge des Possibles, à laquelle Leroy Merlin et Adeo se sont agrégées. L'écosystème de cette nouvelle économie, c'est le lieu, la communauté, les machines. "Certains ont les machines, mais pas le lieu ni la communauté" a-t-elle expliqué devant La Poste, qui vient d'installer des imprimantes dans deux de ses bureaux. Suivez son regard !

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