Newsletter du Lundi
24/02/20

Paru le

Ce que la French Tech peut apprendre de New York

Qui ?
Fabrice Grinda, serial entrepreneur installé à New York, Michael Rubenstein, President d'AppNexus, Matt Turck, Managing Director de FirstMark Capital et Frédéric Montagnon, co-fondateur d'Overblog et Ebuzzing, installé à New York depuis 2012.

Quoi ?
Les 26 et 27 juin, la French Touch Conference marquait la première offensive de la French Tech à New York (lire notre article). C'était aussi l'occasion de donner la parole aux acteurs de l'écosystème local, qui n'est peut-être pas si éloigné de la France.

Comment ?

1/ New York a su rattraper son déficit d'image pour attirer les investisseurs et les talents

"Quand je suis arrivé à New York il y a quatorze ans, ce n'était vraiment pas un lieu reconnu pour sa scène tech. Mais tout a changé très rapidement" se souvient Michael Rubenstein. Les sommes investies dans le capital risque à New York est passé de 799 millions de dollars en 2009 à 3 milliards en 2013, selon FastCompany. "Au fil du temps, New York a commencé à émerger face à la Silicon Valley et désormais, l'image de la ville a totalement changé." Une évolution confirmée par Fabrice Grinda : "c'est beaucoup moins étendu que la Silicon Valley, mais il y a de plus en plus d'argent pour les startups. C'est devenu le deuxième marché pour l'investissement en capital risque dans la tech aux Etats-Unis, devant Boston. Et celui qui croit le plus vite."

2/ Les pouvoirs publics ont été un acteur clé du développement de l'écosystème

"Le changement a été permis par la politique très active de la ville de New York pour promouvoir les entreprises du secteur, cela nous a vraiment beaucoup aidé." C'est le volontarisme de Michael Bloomberg, maire de 2002 à 2013, qui a porté le secteur avec de nombreuses initiatives, dont le financement d'incubateurs, mais surtout avec un discours pro-entrepreneuriat. "Il ne s'agit pas seulement de mettre en avant le succès des "big stars", mais aussi de célébrer l'échec, c'est comme cela que s'est créé cet environnement dynamique, avec des événements autour de la tech et de sa culture" ajoute  Michael Rubenstein. Avec la French Tech, le gouvernement français semble avoir pris la même voie.

3/ La crise a permis à entrepreneuriat de se développer à New York

"La ville a aussi été aidée par la Grande Recession" ajoute Fabrice Grinda. "Les coûts d'opportunité pour créer une startup n'ont jamais été aussi bas pour les entrepreneurs. La tech est devenue une réelle opportunité pour les gens." La crise a aussi poussé les entrepreneurs à imaginer de nouvelles façon de produire, se financer et innover. "Ce n'est pas un hasard si l'impression 3D a émergé ici, avec Makerbot." C'est aussi à New York que Kickstarter, le leader du financement participatif, s'est lancé.

4/ La ville s'est appuyée sur la finance, les médias et la pub pour émerger 

Faute d'ingénieurs et d'industrie purement "tech", New York s'est appuyé sur la digitalisation de ses secteurs traditionnels, Wall Street et Madison Avenue en tête. "La première révolution tech était autour des infrastructures et des bases de l'internet. Depuis 2001, ces infrastructures sont en place, maintenant, il s'agit de révolutionner des industries entières, comme la mode, la pub, les médias ou la finance. Et pour tout cela, c'est à New York que ça se passe" explique Fabrice Grinda. "Aujourd'hui, parler d'ad tech est stupide. Alors que le monde des médias fait sa transition digitale, toute la pub est dans le monde de la tech. D'ailleurs, en France, vous avez toujours eu des acteurs très forts dans ce secteur, avec des groupes de taille mondiale" complète Michael Rubenstein, qui vient d'ailleurs de racheter Alenty. Et de suggérer que la France mette davantage en avant ses géants de la pub sur la scène internationale...

5/ Le succès appelle le succès

Si la Silicon Valley a sa "Paypal mafia" (plus de 10 000 emplois créés par les ex-fondateurs du service, qui ont essaimé dans de nombreuses startups), New York a bénéficié de la "Doubleclick mafia". Les 3,1 milliards déboursés en 2007 par Google pour racheter la régie publicitaire ont permis de faire émerger toute une nouvelle génération de startups à New York, dont Gilt, Business Insider ou AppNexus. Idem pour la Huffington Post "mafia", dont des membres sont à l'origine des succès de BuzzFeed ou Thrillist, pour ne citer que les plus connus. Dans ce domaine, la France n'a pas de "mafia" à proprement parler. Mais elle a Xavier Niel, "qui à lui seul est l'équivalent d'une centaine de business angels américains" estime Matt Turck. Mais pour Frédéric Montagnon, les Français n'ont pas cette culture du ré-investissement : "on préfère acheter des appartements."

Benoit Zante

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