Transmedia

B. Razon : « la TV passe d’une audience de masse à une audience de communauté »


B. Razon : « la TV passe d’une audience de masse à une audience de communauté »

Qui ?
Boris Razon, directeur des Nouvelles Ecritures et du Transmedia chez France Télévisions. Après des études à  l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay Saint-Cloud, il rejoint l'équipe de  Don Quichotte, un fanzine, devenu un magazine en kiosque, et partenaire du Monde. En 2000, fin de l'aventure, il rentre au monde.fr comme chef des informations avant de rejoindre France Télévisions cette année.

Quoi ?
Le 7e épisode de la série "Around the Transmedia World", par Laurent Guérin. Interview en version longue sur son blog.

Comment ?
Nous sommes dans des univers très mouvants où à un moment donné le marché et ses acteurs s'accommodent d'un «mot valise», qui pour le documentaire était «Webdocumentaire» et pour ces architectures narratives un peu complexe s'est posé sur «transmedia». Si je devais en donner une définition je dirais que ce sont des architectures narratives multisupport ce qui veut tout dire et rien dire. On raconte quelque chose - pas nécessairement que de la fiction- en utilisant tous les supports comme les pièces d’un puzzle, ce qui demande une forme d'intimité avec différents médias.

Les enjeux pour France Télévisions ?
Il y a un enjeu qui est évidemment de refaire émerger l'innovation numérique et la création innovante numérique sur France Télévisions. Le second c'est aussi que nous sommes dans un univers de plus en plus concurrentiel et de plus en plus difficile pour la télévision, et que nous passons d'une audience de masse à une audience de communauté. Il est primordial d'explorer ce que peuvent être les communautés autour de produits audiovisuels en ligne, web ou pas.

Les projets ?
Le 13 novembre, nous sortons un objet hybride qui accompagne une série documentaire sur France 5, Manipulations, une histoire française. L'objectif de ce projet est de proposer deux expériences -une linéaire à la télévision et l’autre sur le web- mais c'est le même projet. Ce sont les mêmes images et le même contenu. Il y aura juste deux manières de regarder. Nous sommes aussi en train aussi de mettre en écriture et en développement certains projets en fiction transmedia et en websérie, et nous avons deux à trois projets de webdocumentaires qui sont quasiment engagés et on va continuer...

Des nouveaux talents ?
Je suis bien évidemment à la recherche de nouveaux projets. Je pense qu'il y a une jeune génération d'auteurs à venir -qui ne travaille pas pour la télévision aujourd'hui- qui ont des idées, et c'est aussi mon rôle de les trouver. Sur les réseaux sociaux, les plateformes de diffusion, à l’étranger... C'est un peu la même chose en termes de production avec des nouveaux producteurs qui vont arriver. Il faut que cette émergence des nouveaux médias nous permette effectivement d'identifier des nouveaux auteurs, des nouveaux producteurs, nous-mêmes d'être  des diffuseurs un peu différents, avec l'idée que cette génération dont on parle a la capacité à être très agile sur les médias et sur les technologies et c'est ça qui compte car du coup, ils seront probablement aussi capable de faire des choses très classiques.

L’état du marché
Arte a fait des choses super en France, Channel 4 a fait des choses très étonnantes en Angleterre. Mais il n'y a pas non plus un endroit où c'est beaucoup plus avancé qu'ailleurs. Les projets font jouer les mêmes ressorts. C'est le signe aussi d'une certaine manière d’un marché qui se normalise. Ça commence à exister et après on jugera du succès de tel ou tel projet, non plus sur son caractère innovant, mais sur son caractère réussi. Pour moi,  la réussite est évidemment un critère, mais aussi le point d'innovation nouveau sur chaque projet, qui nous permettra de progresser et d’être meilleurs la fois suivante.

Les webdocumentaires du Monde, retour d’expérience et rentabilité
Ils ont tous très bien marché avec des audiences de plus de 100 000 visiteurs. "La Zone", "Vies de jeunes", "Vieillir en France" ont atteint 200 000 à 300 000 visiteurs. On a développé un vrai savoir-faire. Par exemple, sur le découpage de la mise en scène. Ils n’avaient pas de rentabilité directe au sens propre. Ils ont une rentabilité d’image de marque, d’innovation, et puis, c'est toute la différence entre le schéma audiovisuel et le schéma journalistique, ils s'intègrent dans le travail d'une équipe (quand ils sont faits en interne) et ça fait partie de l'amortissement d’une rédaction et d’une masse salariale, ce qui leur confère une certaine rentabilité.







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