T. Berners Lee : « Nous sommes déjà dirigés par des robots »

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Qui ?
Tim Berners Lee, l'un des pères du WWWeb, qui fête cette année ses 25 ans.

Quoi ?
Un "fireside chat" avec Loic Le Meur à LeWeb14.

Comment ?

"C'est les 25 ans du web, il est important de le préserver" prévient Tim Berners Lee, l'un des créateurs du Web, avec Vinton Cerf. L'inventeur semble traversé par un réseau nerveux. A 59 ans, il parait usé par ce qu'il a créé, ce réseau qui a changé le monde, et engendré  de nombreux milliardaires, dont il ne fait pas partie-car il n'y a pas de copyright pour les inventeurs du Web. Nerveux, il agite les épaules, il a cheveu sur la langue,et la rage au coeur. La neutralité du net est en danger, et il en est le gardien. "Les opérateurs télécom aimeraient bien vous dicter les films que vous voulez voir".


Il y a vingt-cinq ans, donc, il créait ce  réseau qui allait changer le monde, sur son ordinateur HP, "pour faire parler les ordinateurs entre eux". Dès le lancement, le rythme est donné : "le nombre de hits décuplait de mois en mois, cela n'a jamais arrêté". Aujourd'hui Sir Tim fait partie du Web consortium et le MIT le paie pour continuer l'aventure. "Car nous ne sommes encore qu'une minorité à l'utiliser." Tim Berners Lee s'est servi du http et du html, "qui dérivaient de techniques qui existaient déjà. Il fallait se servir de ce que les gens utilisaient".
Si l'on ne devait retenir qu'un mot de son talk, ce serait "open". Une application mobile, pour lui, devrait être un site mobile déguisé en appli "car sinon on perd la vie, les commentaires...". En même temps, les réseaux sociaux ont creusé des silos qu'il va falloir détruire par l'encryptage. Tim Berners Lee a félicité Edward Snowden pour ses fuites, dans un pays qui n'appréciait pas cet acte de résistance.
"il faut défendre la liberté, trouver des méthodes d'encryptage qui nous protègent, car c'est aujourd'hui la santé ou nos communication les plus intimes qui passent par le réseau. Ceux qui ont décrété la fin de la vie privée n'ont rien compris à la société. La famille repose sur le partage d'informations en cercle limité." Le père d'Internet n'est pas un grand fan de l'exposition sociale : "Je préfère un monde où l'on ne regarde pas le profil Facebook d'une personne qu'on embauche". Le droit à l'oubli n'est pas une solution : "Il faudrait supprimer simplement le informations qui sont fausses, mais réguler les informations que des instances comme les banques ou les assurances peuvent utiliser".

Interrogé sur le futur, Tim Berners Lee pointe du doigt  :"les sociétés dirigées par les ordinateurs, c'est aujourd'hui, dans l'univers financier, mais aussi dans bien d'autres secteurs. Une économie parallèle se développe avec le phénomène du cloud." Brrr. Mais Tim Berners Lee reste optimiste : "Ne pensez pas uniquement à ce que vous développez, imaginez aussi aux implications sociales de ce que vous faites. Imaginez des réseaux sociaux qui vous présentent des gens qui ne pensent pas comme vous. Car si nous restons entre personnes qui pensent la même chose, il n'y aura jamais la paix sur la planète."
Bizarrement, son talk n'a pas déchaîné le public de LeWeb, qui ne s'est pas levé pour acclamer l'homme qui a changé nos vies. Sir Tim est un chercheur, un homme tourmenté, dont les pensées vont plus vite que la parole. Pas un orateur. Et ce sont les showmen qui récoltent les standing ovation.

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