S. Pulman : « s’habiller comme Don Draper enrichit l’expérience »

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Qui ?
Simon Pulman, business strategist pour Starlight Runner Entertainment. Simon est un ancien juriste, chez MTV, qui a été converti au transmédia par une conférence de Jeff Gomez « power transmedia storytelling ». Jeff lui a conseillé de suivre des gens sur twitter, de se mêler à la communauté et d’écrire un blog (transmythology), ce qui lui a donné les contacts et la légitimité pour intégrer la société de jeff,  Starlight Runner entertainment.

Quoi ?
L’épisode 4 de la série « Around the transmedia world« , par Laurent Guérin.

Comment ?

Quels sont les nouveaux métiers du  transmédia, et quelle est votre  fonction ?
On peut parler d’architecte scénaristique ou de designer d’expérience, un mot qui vient des jeux de réalité virtuelle. Vous devez connaitre les caractéritiques des différentes plateformes, vous devez savoir ou vous les gens pour vous adresser à eux. Il y a aussi la notion de producteur marketing et distribution, imposé par Jon Reiss dans son livre « Think outside the box office« . Vous ne pouvez vous contenter de vendre un film aux studios. Il faut vous concentrer sur ses racines marketing, construire son audience en social média et peut être le distribuer directement sur les réseaux. Il y aussi la notion de producteur transmédia, dont nous parlons à la guilde des producteurs. Il faut traduire la pensée des vidéastes scénaristes, dessinateurs de BD….et agir comme un traducteur entre eux. Une fonction nécessaire, à l’heure où les majors sont structurées en silo.
J’ai une double casquette. J’aide les deals à se faire. De l’autre côté, j’écris les bibles des programmes, j’imagine des stratégies de contenu pour les clients et de temps à autre des scripts.

Qui sont vos clients ?
Nous avons travaillé pour Avatar, Hot Wheels, Tron et les Pirates des caraibes ou la Happiness factory de Coca Cola. Pour les productions  en cours, je suis sous NDA, ce qui est légitime, parce que nous sommes souvent à l’origine des projets. Nous avons un agent à Hollywood. Les clients viennent à Jeff directement, via ses conférences Nous avons aussi des deals de coproduction plus petits, avec des séries télé, des documentaires et des projets digital native.

Vos plus grands succès ?
Jeff Gomez entre dans la pièce et répond :
Hot Wheels n’a pas été simplement un client intelligent qui a suivi nos avis mais ils nous ont autorisé à raconter notre histoire avec leurs produits. Nous avons ainsi vu le fruit de notre imagination sur tous les écrans. C’était donc un succès majeur, même si financièrement ce n’était pas le plus performant.
Pour Avatar, c’était surtout le prestige de travailler sur un programme aussi connu, et le plaisir de collaborer avec James Cameron. D’un point de vue financier, Halo a été le plus performant. Je suis story teller, mes succès préférés sont ceux où ce sont nos histoires qui sont racontées.

Pourquoi avoir construit le logiciel Action drive ?
Action drive était un système propriétaire qui pouvait faire l’objet de licences pour permettre aux développeurs de construire leurs expériences au stade du développement et de l’exécution. Aujourd’hui, c’est devenu un process pour développer une marque, une propriété intellectuelle ou une histoire en transmédia.

Que pensez vous de la collection Mad Men de Banana Republic ?
Les stylistes ont fait un tel boulot que si vous aimez la série, les producteurs enrichissent son expérience en vous permettant de vous habiller comme Don Draper. C’est une très bonne idée. Mais les choses se passent mal quand c’est quand ces licences ne sont pas en ligne avec la qualité sous jacente de la série. Mais il faut faire attention, quand par exemple on propose du dentifrice Jack Sparrow, alors qu’il ne se brosse pas les dents si souvent.

Quelles sont les principales difficultés ?
Il faut que toute l’expérience transmédia soit envisagé à l’origine du projet et non pas une fois que la fiction est produite. Mais tout dépend de votre marché d’origine, pour ceux qui conçoivent des jeux de réalité augmentée, il faut trouver un business model. Dans les grosses production, il faut que le transmédia soit aussi fort que la production d’origine. Dans le jeu vidéo, c’est de créer un film à partir d’un jeu qui ait du sens pour le public du cinéma. Je pense que Naughty Dog va y parvenir. Le film doit nous en dire davantage sur des personnages que nous aimons déjà.

Comment mesurez-vous l’engagement du public ?
La mesure du dialogue avec lepublic est  fascinante. beaucoup de producteurs , de professionnels du contenu mais aussi de professionnels du e commerce mesurent l’activité au travers de Facebook et de Twitter.Mais plutot que la simple analyse démographique, je trouve plus intéressant de détecter les personnes qui réagissent à différentes histoires ou caractéristiques de marque. Du côté des marchands ce sera les modes de consommation. Wal Mart Labs vient d’acquérir OneRiot, spécialisé dans la publicité mobile ciblée social. C’est un événement.  Il faudrait faire la distinction entre l’interaction avec le public conduite par la data, ou par le dialogue, entre l’art et la science. L’interaction conduite par la date regarderait comment les personnes réagissent s’ils viennent dans les boutiques, à quelle heure, ce qu’ils relaient sur Twitter, beaucoup de chiffres. Alors que l’analyse du dialogue serait du côté de l’émotion, de résonnance émotionnelle de l’histoire comment la communauté s’est constituée.

L’interview intégrale en anglais est disponible ici.

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